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CONTRIBUTION : Sans le beau et fort leader, les Algériens célèbrent la modernité

Un seul héros le peuple : le difficile "non" à la compromission du porte-parole du combat collectif !

dimanche 17 mars 2019
par N.E. Tatem


La guerre d’Algérie n’a jamais eu son héros. Pas besoin de figure incarnant l’engagement du peuple. L’inspiration pour une stratégie est capitonnée à la synergique psychologie collective. Se brûlaient les âmes juvéniles, pour leur propre avenir. Et se sacrifiaient aux combats, de valeureux combattants nés pour une écologie convergente vers la liberté. Être l’exemple, c’est être anonyme et heureux de son empirique slogan, conviant l’allégresse à la victoire ! Et c’est le cas en 2019 !

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

Les fulminations qui pèsent sur le mouvement social qui s’est déclenché lors du printemps 2019 en Algérie, sont de triples phases. A part les intimidations, intériorisées par des opportunistes qui aspirent à chapeauter la colère populaire, il y a de plus maléfique encore. Les islamistes prétendent être même derrière la dénonciation du règne illégal de Bouteflika, mais ils sont, dans les rues et lors des marches, souvent rejetés des manifestations.

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Voici les trois sources destructrices de la mobilisation du printemps algérien en 2019 :
- Les tenants au pire modèle qu’a connu le pays depuis son indépendance,
- les sectes islamistes perverses qui ont déjà empêché l’avènement de la démocratie
- et les opportunistes bardés de masques d’opposition. Tous cherchent à tirer succès de l’énergie qui transforme la société évadée de sa torpeur ankylosante.

Alors certains animateurs du volet théorique du mouvement algérien, s’adonnent à la rhétorique doctrinaire, comme pour consigner la correspondance écrite si nécessaire à une révolution sans maître. Le rejet tacite du terme « Hirak », venu du Maroc (bouteflika Ya-l’Maroki), pour qualifier la vague contestataire. Ce qui a été, nombreuses fois, dit par des intervenants et contributeurs quêtant la sérénité de l’explosive colère.

D’autres appels à la transition, ainsi que pour la prise en charge de l’encadrement, désirent la structuration organique de la foule des insurgés. Ils semblent affectionner le style des noyaux et cellules partisans, pour coordonner des liens et décloisonner les tribus. Les Algériens affectionnent le slogan « un seul héros : le peuple », hérité de la filiation libératrice. D’où ceux qui refusent la hiérarchisation ou bien la moindre évocation des labels des associations déjà effondrées par leur faillite.

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En modernité, comme lors la libération de l’Algérie, le leadership est absent. Aucun chef n’a pu se révéler depuis même 1900, date de naissance du mouvement national. Par précepte démuni d’aristotélisme, et sauf erreur de l’ère digitale, des individus peuvent susciter la mobilisation. Mais ils ne sont que le produit d’une adhésion de communautés virtuelles. Ils sont éléments décantés des réseaux. Et ils sont produits réfractaires à l’ancien mode des congrès et du centralisme démocratique…

Un vieux slogan algérien disait : « Armée et peuple contre la réaction intérieure et extérieure » . Maintenant il réitère « Paisible : armée et peuple sont frères » (Djeich Chaâb Khawa-Khawa) . La seule interprétation possible, à ces déclamations, est un soutien aux militaires. Ceux qui, les généraux empêchent les islamistes de prendre le pouvoir. Souvent il leur arrive de réagir contre des despotes comme Bouteflika, ce fut pour l’arrivée de Mohamed Boudiaf et de Liamine Zeroual.

Non l’Algérie, grâce à son armée et à la maturité de la société, n’est pas exposée à un retour de l’islamo-terrorisme. Heureusement que les militaires sont avec la patrie et ses citoyens ! Cependant la fragilité des pays, ayant de vastes territoires et des déserts faiblement habités, est multipliée par la culture de la cruauté véhiculée par les haines latentes et les leviers de l’archaïsme confessionnel.

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Le contingent des Algériens en Afghanistan, lors de la décennie 1980-90, était le plus important. Et en 2019 la menace de l’insécurité n’a pas entièrement disparue. Elle risque d’être réactivée par l’alliance sacrée du pouvoir en place et de ses associés traditionnels de l’obscurantisme inspiré des dogmes moyen-orientaux.

La révolte printanière appelle à une rupture avec la gérontocratie de la république héritée de la couverture de la souveraineté en 1962. Mais au passage à la seconde étape dans l’histoire de la jeune nation, les forces criminelles du système qui a eu le temps de créer l’islamisme en, le 1er sur Terre, légalisant des partis strictement religieux, la résurgence de l’insécurité est plausible.

Le contexte arabe se conjugue aux reliquats d’un macabre présent non-encore outrepassé ! Aucun encadrement n’est visible pour le mouvement social qui exige la fin du règne de la médiocrité et de la corruption. C’est l’occasion pour les comploteurs de tous bords et des opportunistes, d’une opposition servile au pouvoir et à la réaction, de sauter sur le butin qu’ils croient sans gardes.

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

Nous organisons des sondages et enquêtes. Vous êtes invités à vous inscrire à nos panels. Merci si vous participez.

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