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Noirs et berbères, 50 000 habitants de Tawargha en Libye, privés depuis 2011 du retour...

L’exaspération généralisée des sévices que les milices infligent aux Libyens

lundi 20 août 2018
par Gros Emile


Des témoignages récents ont rapporté que le retour des habitants de la ville de "Tawargha" à leurs domiciles n’est toujours pas possible. Au nombre avoisinant les 40 000 âmes (ou plus), cette population, exclusivement noire, a fui ses maisons pendant la guerre civile libyenne. Une expulsion collective due au soutien et à l’enrôlement dans les forces pro-Kadhafi, lors de la bataille de Misrata dont la population a suivi les rebelles. Tawargha est située à quelques kilomètres de la 3ème ville du pays, de la région de Syrte, d’où est originaire le despote destitué et lynché.

Voir en ligne : Notre dossier Libye

Un génocide contre quiconque a la peau noire et ne parle pas l’arabe est à redouter en Libye. L’ONU et des experts, auxquels nous, Populi-Scoop, associons notre voix, ont lancé une alerte qui mérite non seulement d’être non seulement considérée mais aussi relayée. Le 10 août 2018, sous la pression d’une horde d’hommes armés communément appelée milice, 370 familles de Tawerghan résidant au camp de Triq Al Matar à Tripoli ont été déplacées…

Cette expulsion forcée, du camp déjà précaire pour des déplacés, s’est effectuée par les hommes une milice locale dont l’affiliation n’a pas été révélée. Ce qui montre à quel point est dégradée la situation dans ce pays du nord-est africain. L’organisation des Nations Unies s’est aussi positionner vis-à-vis des milices et a demandé aux autorités de sévir, de les démanteler, de les désarmer et de juger leurs membres et responsables.

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Dimanche 19 août 2018, au soir, l’UNSMIL (Mission d’appui des Nations Unies en Libye) a exprimé, en direction du gouvernement qui l’appui international en demandant d’engager des poursuites judiciaires. Ainsi que sa « ferme condamnation de la violence, de l’intimidation et de l’obstruction aux activités que commettent les milices… ». Notons que les ingérences étrangères font pression sur le représentant de l’ONU, Mr Salamé, pour ce qui est un dialogue inclusif…

Les familles de Tawargha agressées par la milice, sont justement une communauté de couleur, c’est-à-dire ayant plus le teint plus africain qu’arabe. Ils sont aussi descendants des ethnies berbères. Actuellement elles sont la proie des milices revanchardes qui les transfèrent de force d’un lieu à l’autre, sans que le gouvernement ne réagisse, ce qui démontre l’incapacité ainsi l’incompétence de ce dernier.

DTM Libye a procédé à une évaluation rapide le 16 août et a publié son rapport, que vous pouvez consulter ICI. DTM est la matrice qui suit les personnes en déplacement dans le Monde. Des entretiens ont été réalisés avec 38 ménages sélectionnés au hasard, du camp de Trig Al-Matar et d’autres zones urbaines d’Al Hadba, Janzour, Aïn Zara, Ghasr Ben Gasheer et Hai Al Andalus. Des informations recueillies auprès d’informateurs ainsi que des constatations ont été vérifiées au moyen d’observations par les enquêteurs du DTM.

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Voilà comment se présente cette discrimination dans un pays embourbé dans la déstabilisation. Les milices souvent aidées par les autorités civiles de Misrata empêchent ces 40 000 déplacés [ Noirs et Berbères libyens] de la ville de Tawergha de rentrer chez eux. Ils leurs bloquent les routes avec des pneus et d’autres amas de ferrailles, souvent en feu. Ils tirent des coups de feu en l’air, et même en leur direction, pour forcer les familles à rester dans de sordide camp de fortune installé au bord des chemins qui mènent jusqu’à les banlieues de Tripoli.

Ce blocus dure depuis 2011. Début février dernier, un accord durement négocié par le gouvernement d’union nationale libyen (soutenu par les Nations unies), indiquait que ces habitants devaient pouvoir réintégrer leur domicile en toute sécurité dès la signature du protocole. L’acte (accord) de réconciliation a été signé en août 2016 et des pourparlers sur les conditions de retour ont eu lieu en juin 2017. Ce dernier épisode d’une histoire de haine intense entre des personnes qui ont choisi deux camps opposés en 2011.

Stratégiquement située sur la route en provenance de Syrte et à environ 260 kilomètres à l’est de Tripoli, Tawergha servait de base aux attaques lancées par les forces de l’ancien dirigeant libyen contre la ville assiégée de Misrata. Les habitants de cette ville, 3ème du pays, a majoritairement adhéré à la révolte, d’où qu’elle a été l’une des premières cibles de feu Kadhafi Mouammar.

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