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Panorama de la finance inclusive du public et acteurs de l’économie au Madagascar

Des services larges permettant aux pauvres de bénéficier de la croissance amorcée

vendredi 17 août 2018
par Azouz Benhocine


Le nombre de fois qu’on entend des propos encourageants sur l’Afrique amorce, pour son avenir d’émergence économique, est d’une fréquence débordante. Mais plus souvent démenti par les jeunes du continent qui meurent en mer pour rejoindre l’Europe, afin d’échapper à la misère. Les efforts de la jeunesse et des catégories dynamiques dans l’entreprenariat et la création de richesses garde vivaces les espoirs.

Voir en ligne : Notre dossier Afrique

Base des nerfs de premier ordre dans la croissance, l’accès aux services financiers est en Afrique. Un enjeu à la fois réducteur, quand il est inactif, et fondamental pour l’essor quand il est à disposition de la dynamique. Parce que dans le continent noir, il y a très peu de transmission familiale de richesses, la pauvreté est quotidiennement combattue par les générations qui se suivent.

La Banque mondiale suit comment l’ouverture des prestations bancaires au Madagascar a augmenté ces dernières années. Et elle souligne les bienfaits d’une tendance de croissance économique positive bien, visible au cours des cinq dernières années, de 2012 à 2017. Démarrée à plus 2.5% au début, elle est à 4.1% lors de la dernière période de la plage quinquennale, ce qui est encourageant par sa courbe ascendante.

Comme le diront tous économistes intransigeants, c’est encore faible quand on prend pour référence des croissances à 2 chiffres, comme vécue actuellement en Inde ou bien lors des 4 dernières décennies en Chine. Au Madagascar, les dix dernières années et jusqu’à 2016, incluant la période de crise politique 2009 à 2013, le PIB réel a augmenté de 2,7% en moyenne. Il est attendu à 5% en 2018. Et ce en dépit de perturbants aléas climatiques.

L’institution financière internationale indique que de 2014 à 2017, le pourcentage d’adultes disposant d’un compte financier ou de services d’argent mobile utilisés a doublé, passant de 9% à 18%. Ce qui vaut d’avoir doubler les bénéficiaires de prestations bancaires en 3 ans. Si un tel élan se poursuivra en 2018, l’année en cours ainsi les exercices suivants, les perspectives peuvent rapidement s’améliorer.

Par contre et comparativement, la couverture est bien meilleure en Afrique subsaharienne où l’on a atteint le taux de 43% en 2017, pour les personnes et les activités disposant d’un accès financier. La nouvelle édition de Madagascar Economic Update de la Banque mondiale ¤Consulter ICI¤ souligne comment l’accès financier a augmenté ces dernières années. Le document fournit des recommandations pour l’élargir davantage.

Environ 80% de la population est engagée dans des activités agricoles. Entre 2014 et 2017, le secteur agricole a financièrement contracté à uniquement 0,8% de ses opérateurs. Ce qui explique que les avantages de la croissance économique récente ne sont pas ressentis par la population rurale. Ce qui n’améliorent pas sensiblement leurs conditions de vie, alors que ces malgaches subissent la pauvreté plus que d’autres.

Le plus souvent les familles vivant du travail en lien avec la terre ont peu d’activités génératrices de revenus. Le secteur agricole est limité par la faible productivité due à l’utilisation minimale des techniques agricoles modernes, au manque de connectivité aux marchés pour faciliter le transport des marchandises et à la grande vulnérabilité aux fluctuations climatiques.

Madagascar est vulnérable aux risques naturels et est le plus exposé aux cyclones en Afrique. Entre 1982 et 2015, plus de 2 200 catastrophes ont été enregistrées dans l’ensemble du pays, dont des cyclones, inondations et sécheresses. Or l’impact des chocs climatiques qui en rapport avec le monde rural affaiblit les ressources, y compris des matières premières produites de l’agriculture locale.

Projeté à 5,4% en 2019, la croissance reste à la hausse à moyen terme. Toute l’économie devrait continuer à se développer à cette échéance finissant 2025. Se concentrer sur la croissance inclusive réduirait la pauvreté. La proportion des Malgaches vivant sous le seuil de pauvreté devrait diminuer. Avec la base de 1,90 dollar par jour, devrait passer de 75% en 2018 à 73% en 2020. Ces prévisions sont encore faibles, mais peuvent être accélérés avec l’ouverture de l’accès à la finance génératrice d’emplois et de biens...

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