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Levée du blocus et droit au retour mobilisent à Gaza, mais peu dans le Monde

La spoliation d’un peuple de sa terre, ou le regroupement des juifs parmi des voisins hostiles

mercredi 25 avril 2018
par Azouz Benhocine


Critiquer la politique d’Israël, voire de la droite qui la dirige, est de l’antisémitisme, d’après de malheureux intellectuels, passés maîtres dans le cercle de l’amalgame béat. Pour faire de la diplomatie et des relations internationales des tas de mensonges et de manipulations, les médias, confisqués par la droite qui règne sur le Monde et préside, depuis des années l’Etat hébreu, s’adonnent aussi à la déformation des réalités. La Nakba est devenue l’anniversaire de la nation du sionisme qui n’a rien à vouloir, dans ses pratiques, à l’apartheid...

Ce n’est pas tellement répété, alors démaquillons en retirant la couche visible, pour voir le dessous. Tsahal, l’armée sioniste dont on vante à la fois le savoir-faire en matière de sécurité et même l’humanisme, est composé, à plus de 70% de ses effectifs, de binationaux. Ses valeureux soldats, comme tous mercenaires, sont essentiellement originaires d’Europe, des États-Unis et d’Australie. Il est vrai aussi que les défaitistes arabes qui l’a combattent, sont à la fois l’incompétence et la dictature incarnées...

Enfin de parcours, les habitants de Gaza désobéissent au Hamas quand, en ce printemps 2018, ils protestent d’une manière paisible, depuis le 30 mars. Alors que la lutte armée est l’engagement du groupuscule islamiste palestinien, un leitmotiv aussi catastrophique que les positions des pays arabes. Les « gazaouis » commémorent les 7 décennies de la Nakba, mais la propagande des médias traditionnels et corporatistes préfèrent appeler cette échéance par les 70 de l’Etat hébreu.

Parmi justement des manipulations médiatiques, le doute que c’est le le Fatah d’Abou Mazen (Mahmoud Abbès), c’est de mettre le doute sur les organisateurs de ce qui, désormais, est "la grande du retour". La mobilisation qui étonne nombreux observateurs par l’ensemble des médias lourds et internationaux. Le nombre de décès du seul côté palestinien, comme d’habitude, ne soulève pas sur la scène internationale la mobilisation escomptée contre le massacre où le chiffre symbolique de 2000 blessés a été dépassé...

Depuis le début de cette protestation paisible, tenue à la frontière de l’enclave qui n’est ni plus ou moins qu’un bagne pour quelques 2 millions d’âmes, 40 Palestiniens ont été abattus. Selon plusieurs décomptes de journalistes et de l’AFP, diverses méthodes, dont des frappes de l’artillerie ou de l’aviation, ont été utilisées, contre des manifestants désarmés. Cependant, la majorité des victimes a été tuée par des tirs de snipers, postés derrière la barrière assurant plus la séquestration d’une population chassée de sa terre que la sécurité de l’occupant.

La disproportion de la violence de Tsahal était attendue. La connivence des médias a fait qu’une semaine après que l’armée israélienne a abattu 18 personnes, d’un seul coup et en une seule journée, ainsi que pas moins de 200 blessés, ce bilan n’a jamais été dressé. Les nombreuses organisations des droits humains sont mobilisées, mais en vain leurs représentants ne peuvent même entrer en Israël ou visiter les territoires occupés.

Dans son communiqué Amnesty International a notamment décrit la situation ainsi : « Quand certains manifestants palestiniens jettent des pierres et d’autres objets vers la barrière, il est difficile de croire qu’il s’agit d’une menace imminente pour la vie de soldats bien équipés, protégés par des tireurs d’élite, des chars d’assaut et des drones... » Mais même ainsi, il n’est pas précisé que les Palestiniens ne peuvent atteindre les bourreaux de Tsahal.

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