POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Connexion Membre - ou - Inscription

Front social en Algérie, des grèves seulement faciles dans le secteur public

Le syndicat fantoche "CNAPESTE", une main islamiste qui noyaute l’école et les esprits.

 

jeudi 22 février 2018, par Damien Djamel Bouch’Raf

Le front social en ébullition en Algérie, deux secteurs publics sensibles ont été exposés à des actions d’une ampleur inégalée. La santé, avec le mouvement des médecins résidents (internes), ainsi que le système éducatif, ont marqué les première semaines de 2018. Seuls les travailleurs du secteur public (l’enseignement, l’industrie et la santé) peuvent se permettre des grèves. L’UGTA, la centrale qui fêtera son 72éme anniversaire, le 24 février, est dans l’obsolescence littérale. Elle s’est mise au service du pouvoir, dit-on pour raison sécuritaire, et à la merci du patronat de toutes tendances, pour cause de préservation de sa part de la rente pétrolière dont rengorge le pays...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Notamment pour leur impact, sur l’opinion générale qui est très à l’écoute de toute requête faite de mobilisation, l’école et la santé décrivent la panne politique. Peuvent-ils la désenclaver ? Aussi bien le mutisme du régime sclérosé par l’abattement du silence et l’inactivité de Bouteflika, que l’immobilisme de l’opposition, désarmée de projet unitaire ou d’une charpente d’idées attractives, font à ce que se développe, cahin-caha en dehors des partis, du dynamisme plus populaire que structuré...

- Malgré son ancienneté, cet article reste d’actualité et il est, concernant l’école algérienne , parmi les plus lus sur notre plate-forme. Grève des enseignants algériens, l’incurie des sous-valeurs traditionnelles
4 mars 2015

Menée par le syndicat islamiste CNAPESTE, une grève débutée le 30 janvier, a été frappée d’illégalité, selon une prononciation de justice. Par contre une autre protestation sociale, de même ordre déclenchée le 20 février, revenant à une alliance de 5 organisations syndicale autonomes de l’enseignement, en respectant les réglementations et en présentant des revendications, bien ficelées et on ne peut plus claires, a été suivie à plus de 70%.

Quant au combat des médecins, il est l’expression du malaise généralisé. Les nantis, comme les riches et les privilégiés des nationalistes et bureaucrates qui gouvernent, se soignent en Europe, alors que les structures publics où exercent les jeunes diplômés et accueillent le commun des Algériens sont dans l’indigence totale. Pas d’équipements, ni de cadre de travail pouvant leur permettre d’améliorer leur formation à travers le contesté "service civil", à cause duquel une grève tient depuis décembre. Le médiocre management de responsables locaux incompétents et sans scrupules, ceux avantagés dans les actes médicaux et prédateurs corrompus dans leur gestion, est omniprésent dans les hôpitaux du profond pays.

La riposte des Algériens, envers le premier arrêt de travail au sein du système scolaire, n’a pas été de main morte. Outre le désaveu judiciaire, la dénonciation sur les réseaux sociaux du Web, le rejet du ministère et même un suivi de moins de 10% des effectifs par les travailleurs, ont mis en indexe la CNAPESTE. Et sa caractéristique islamiste qui réveille des souvenirs de malheur, n’a pas été négligée...

L’empreinte réactionnaire et conservatrice de ce syndicat a bien fait le rappel de l’enjeu du système éducatif, aux 2 tendances politiques et idéologies qui s’affrontent réellement en Algérie. Les reliquats néo-fascistes de l’islamisme et de leurs alliés, au cynisme revanchard destructeur de la société, ont été bloqués. Le pays demeure livré à un déchirement épique et interminable, où la modernité porteuse des libertés se trouve face à l’archaïsme conjugué avec la fibre sensible de la religion.

Si la grève du CNAPESTE était trop controversée, voire dangereuse pour la cohésion du travail syndical. Celui de l’intersyndicale (de 5 organisations) de l’éducation a été suivi à « plus de 70% », selon diverses sources. Aucune entrave n’a été remarquée par les représentations des salariés. Les claires revendications sont : la finalisation du statut des fonctionnaires de l’éducation, l’augmentation des prix des heures supplémentaires et l’actualisation des primes du Sud.

Après la décision de justice déclarant sa grève illimitée illégale, 581 enseignants ont été déjà radiés à Blida. Dans d’autres wilayas (départements) la reprise de travail des éléments CNAPESTE est en nette évolution. Ce qui démontre que ce groupuscule d’éducateurs liés à l’islamisme est isolé.

Le syndicat prédominant, l’UGTA quasiment inactif et adhérent au partage de la rente érigée par le clientélisme du régime en place, a perdu toute crédibilité parmi les enseignants et les autres catégories ayant une certaine formation. L’opportunisme dont il fait montre en évitant de se mêler aux luttes sociales significatives, ne le prive de demander aux travailleurs soit l’obéissance aux voyous de l’économie privée ainsi qu’aux corrompus qui dirigent...

D’anciens animateurs du mouvement syndical algériens que nous avons questionné pensent que le CNAPESTE compte réveiller un remuement islamiste d’ampleur en préparation de l’élection de présidentielle de 2019. L’heure de vérité est arrivée pour l’Algérie, après 4 mandats de Bouteflika qui laissera le pays dans les pires désespoir et dépouillement. Le chaos que les islamistes veulent est leur seul projet. Abderrazak Makri, revenu d’une rencontre des obscurantistes en Turquie a eu sa feuille de route...

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

Nous organisons des sondages et enquêtes. Vous êtes invité à vous inscrire à nos panels. Merci si vous participez.

Répondre à cet article

UNE SERIE D'ARTICLES SUR LE MONDE DU TRAVAIL.

De notre rédacteur : T O U R E T.

Forum de discussion : Stress - Discrimination - Harcèlement et Suicide à cause du BOULOT