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Terrain de la grande mosquée d’Alger : le prix du faux prestige que la religion a surélevé

Ce que Bouteflika a construit pour son éternité personnelle

mardi 16 janvier 2018
par Damien Djamel Bouch’Raf


Pour nombreux urbanistes le gâchis subi par la partie de la baie d’Alger, servant à l’implantation d’un lieu voué à un dogme aussi sacré soit-il, est économiquement incongru. Au lieu de bâtir une architecture écologique, avec l’objectif de créer des emplois notamment du secteur des technologies et même du tourisme, la tentation maléfique a pris le dessus...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Le sacrifice de la baie d’Alger, pour satisfaire un misérable délire idéologique, déshérite la capitale, sa région et l’ensemble de l’Algérie de dizaines de milliers d’emplois directs. Et bien 5 à 6 fois plus, si la vocation recherchée pour ce site urbain devait être l’intérêt du peuple et non celui des usurpateurs de la mémoire pour un règne décadent.

Vue par satellite de la Baie d'Alger, NASA
Par NASA — https://zulu.ssc.nasa.gov/mrsid/, Domaine public, Lien

Malgré l’ampleur des régressions accumulées des décennies durant, le projet qui coûte à l’Algérie, sans être terminé, la bagatelle dépassant les 2 milliards de dollars, est parmi les multiples ironiques dilapidations de la rente pétrolière. Son chantier qui patauge depuis 2012 a connu divers soubresauts, tous aussi injustifiés les uns que les autres.

La Grande mosquée d’Alger ou Djamaâ el-Djazaïr ( en arabe : جامع الجزائر), souvent dite la "Mosquée de Bouteflika", devait être mise en service en 2017. Finalement on croit que cela sera possible en 2019. Mais loin s’en faut, bien après 2025, si d’ici là aucun aléa ne viendrait encore reporter l’inauguration, pour que l’usufruit de l’édifice serait effectivement possible.

Le plus terrifiant des imprévisibles cas, est celui de la sismologie dont s’est fait connaître le centre du pays. Ce qui fait largement douter de la faisabilité d’un minaret de 270 m. Au fur et à mesure qu’une structure est à la fois fine et haute, elle est moins rassurante en cas de tremblement de terre. C’est donc de vrais immeubles, avec la pointe du mode antisismique qui convient pour ce lieu...

Plusieurs autres analystes se sont penchés sur ce projet qui relève de la résolution, voire d’une schizophrène majeure et personnelle du président Bouteflika. Avec cette mosquee, le raïs semble épris de graver son nom sur un fronton, lui offrant forte visibilité, voire l’immortalité. La véritable signification de l’édifice se limite au président, alors que les croyants savent que leur culte abrite moult ennuis de société.

Une fois réalisé, l’édifice occupera, avec ses dépendances, 27 hectares. La démesure architecturale est pécuniairement ruineuse. Des immeubles à valeur économique sur cet emplacement, tel un centre d’affaires, où des entreprises importantes ainsi que des banques, seront un symbole fort pour l’économie et l’emploi. Le tourisme pouvait aussi rajouter son empreinte.


Cette photo de Alger est fournie gracieusement par TripAdvisor

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