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Murs longs et hauts, ainsi que fossés plus profonds, entre Algérie & Maroc

Quand l’UMA (Union du Maghreb Arabe) se miroite C.C.G. (Conseil de coopération du Golfe)

 

samedi 29 juillet 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

Nombreux citoyens d’Algérie et du Maroc considèrent la fermeture de la frontière est nuisible aux deux peuples. Cela n’empêche guère que continue tant le rallongement du mur et l’approfondissement, ainsi que l’élargissement, du fossé creusé entre les deux pays. Les chantiers sont à l’œuvre. Car les menaces disséminées dans les discours mielleux, d’une même langue et même religieux, ne tiennent qu’au vice populiste.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie & Maroc

Si les experts et les opinions, de leurs côtés, pensent que l’élévation des clôtures avec de solides barbelés ou l’excavation des tranchées, appauvrissent les populations, qu’ils remballent leurs blablas et provocations. L’heure est aux vérités et vigilances. La construction des murs, comme entre le Mexique et les USA ou ailleurs en Europe contre les réfugiés, est à son apogée...

Les données économiques, de toute la région d’Afrique du nord, montrent que les zones les déshéritées sont les frontalières. C’est le cas de tous les pays, qui en 1989 ont lancé l’éphémère "Maghreb des Peuples" auxquels outre, l’Algérie et le Maroc, se sont joints la Tunisie, la Libye et la Mauritanie.

Et ce n’est pas uniquement le conflit entre les Sahraouis et la monarchie marocaine qui en est la cause de la séparation entre l’Algérie et le Maroc. Réellement, les relations sont rompues par un héritage historique profondément différent, des orientations idéologiques totalement antagoniques et des réalités économiques qui se parasitent les unes et les autres.

A propos de ces dernières, les trafics sont plus florissants que les rapports fondés sur l’éthique. L’Algérie est confrontée à une contrebande qui ne peut être tolérée. Les camions et les ânes transfèrent les produits de base subventionnés comme le carburant, la farine et le sucre au Maroc. Et au retour le haschich du Rif montagneux marocain sert de monnaie d’échange.

Pour ne pas sombrer dans l’oubli aussi, un fait est venu, lors de la "décennie noire" du déchaînement de la cruauté islamo-terroriste en Algérie, remettre en cause le semblant d’entente et d’apaisement qui a été faite en 1989. Les deux pays ont retiré les contrôles aux douanes et même les visas dans le cadre de nouvelle "UMA" (Union Arabe du Maghreb). Le commerce a bougé dans une dynamique attractive pour tous, créant une cohésion, cachant l’inéquitable qui ne pouvait aller loin.

Les Algériens se dirigeaient vers l’ouest lors de leurs vacances. Les deux pays ont réparé leur querelle sur le Sahara occidental, d’une manière à la rendre secondaire aux priorités de l’UMA. Mais en 1994, une bombe a éclaté à Marrakech, alors qu’à l’Est l’horreur islamiste battait son plein. Le roi Hassan-2, énervé que le fléau créé par la 1ère légalisation des islamistes, accusa l’Algérie d’être impliquée. Puis il a poursuivi des ressortissants du pays voisin, expulsant quelques uns...

En fait le clivage couvait, semblable à celui qui se déroule actuellement avec les pays du Moyen-Orient, notamment les monarchies du Golfe Arabique. Les Algériens ont répondu en fermant leurs frontières, adoptant l’isolement pénible que leur livraient déjà nombreux pays de Monde qui accusaient les militaires, sous le vocable des généraux, de junte. Une version de l’islamisme est maintenant aux affaires au Maroc, mais n’a pas la virulence nationaliste et identitaire. Ce qui est aussi une autre différence majeure, à interpréter, entre les deux pays...

Comme pour le Conseil de coopération du Golfe, l’autre bloc commercial et politique qui n’a pas réussi à s’ériger et à devenir opérationnel à l’autre bout du monde arabe, il est aussi habité de l’absence de pratiques équitables et de complémentarité effective. Quoi que penseront les idées "panarabes", les fiascos et les crises dans les relations interarabes ne correspondent aux idéaux fraternels, que des discours rabâchent et d’autres actes rechignent à galvaniser.

A moins que les hypocrisies politiciennes continuent encore de galvauder les solidarités, les expérimentations se relatent dans les quotidiennetés et sont plus traumatisantes que vraiment efficaces. C’est peut-être mieux, pour l’instant, en gardant des limites, entre de vertueuses communautés, d’une part. Et, d’autre, consolider des rapports qui génèrent la paix, en gardant des rapprochements modestes. Que de s’ouvrir aux phénomènes, comme la radicalisation et la délinquance transfrontalière qui échappent à la maîtrise.

De la situation présente, il faut se réjouir, même si les populations tendent plus souvent à se distinguer par les déclarations de bonne foi. Certes, les perspectives devraient être plus brillantes, avec une intensification des échanges entre ces deux pays qui ont réussi d’éviter les bouleversements, enclenchés dès 2011, du printemps arabe. De ce point de vue, après l’échec du Daesh en Syrie et en Irak, la surveillance des frontières est une nécessité de conjoncture...

Les deux peuples ont presque les mêmes comportements sunnites sur le plan religieux. Ce qui est, sans nul doute assez reconnu, le rite traversé de divisions sectaires imprévisibles. Voire incontrôlable avec la politisation de l’islam qui prend des apparences dangereusement tendancieuses. Les divisions ethniques montrent l’exigence d’amadouer l’arrogance abusive de la dimension "arabe". Elle n’a plus lieu d’être, avec le recul de l’UMA. De même le contexte géographique, proie à la déstabilisation, a l’enchevêtrement nationalisme et théocratie comme destinée.

Ces deux pays d’Afrique du nord ont l’avantage d’une main-d’œuvre bon marché. Ce qui devait offrir aux investisseurs locaux l’atout non-négligeable d’être concurrentiels notamment par rapport à l’Europe. Mais ce sont les opérateurs locaux qui devront plus en bénéficier, que ceux venant d’autres horizons, pourvu que des perspectives de performance leur soient accordées. A deux, le Maroc et l’Algérie constituent un pont vers l’Afrique, pour les étrangers.

L’Algérie produit à profusion du pétrole et du gaz. Le programme d’industrialisation qu’elle développe reste sans une réforme agraire, principale source et plaque-tournante de matières premières. La tentative sous Boumediene s’est avérée plus jalouse de l’indépendance alimentaire, que de placer ce secteur dans le marché mondial. Le travail de la terre s’est délecté de vouloir des objectifs démagogiques, parlant des besoins nationaux, que de produire selon les visées de la consommation transactionnelle qui échange les richesses.

Au Maroc, dès le début, le roi Hassan II, décédé en 1999, a opté pour conserver l’ancien royaume, au parcours déjà étroit et habité d’ambitions expansionnistes, comme un musée. Les Algériens gagnent presque deux fois plus, de leurs exportations énergétiques. Mais sont complètement en retard dans ce qui est le relationnel humain, dont la convivialité, la tolérance et la culture de territorialité qui intègre l’organisation d’un tourisme.

A l’image de la loi des investissements, la fameuse règle 49/51%, l’Algérie dissuade sa propre attractivité. Pour preuve, les hommes d’affaires algériens se plaignent de la bureaucratie qui n’est pas la lourdeur des procédures, mais une laideur appelée la corruption. Le népotisme descendant depuis la présidence de l’Etat, jusqu’au dernier recoin des localités, favorise les entrepreneurs soumis au clientélisme. Et les cadres les plus compétents et honnêtes sont écartés, avec des retraites anticipées et des isolements, comme les blocages de carrières...

Le Maroc s’est rattrapé très rapidement, ces dernières années, grâce à sa plus grande ouverture économique sous le jeune monarque Muhammad VI. Ce dernier a placé son royaume au 68e rang sur la mesure de la Banque mondiale pour la facilitation les affaires. L’Algérie est en 88è position, malgré des exportations, avec l’énergie, qui font six fois plus de recettes financières que le Maroc. Mais elle importe ce qui lui coûte près quatre fois plus que son voisin.

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