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Exercice de démocratie au Venezuela, leçon d’un désordre voilé

La pénurie, la délinquance et la politique associés dans un coup d’état

 

mercredi 10 mai 2017, par Hugo Mastréo

Vandalisme pour déloger pour président élu, mais sans sa majorité au parlement, telle est la révolte fomentée par l’opposition qui laisse croire à la population que sa dernière majorité parlementaire peut destituer Nicolás Maduro. Une situation de pénurie rendue plus grave, puisque la rareté des produits est augmentée par le mouvement de protestation, auquel ne croient que les partis "anti-chavistes" qui impriment le désordre. Plus de 30 victimes dans des troubles insensés.

Voir en ligne : Notre dossier : VENEZUELA

Ce n’est pas parce que les dernières élections sont un probant marqueur de la progression d’un parti politique sur un autre, qu’il faut destituer, sur le champ et tout de suite, le premier de toutes les positions et instances qu’il a gagnées auparavant. Le fonctionnement démocratique n’est pas la rupture brutale, à moins que ça soit un coup d’état, avec les acquis des uns et des autres, des idéologies et des familles politiques, qui disputent des votes.

Ce qui se passe au Venezuela est une leçon de démocratie tant aux gouvernants, qu’à l’opposition. Mais aussi à la population que cette éprouvante expérience d’une violence inouïe, constitue un cas d’école où l’on apprend collectivement que l’amovibilité est à l’origine de l’alternance politique légale. Elle fait œuvre de changement de pouvoir d’une manière à la fois apaisée et civilisée, quand elle est juste.

En Amérique Latine, l’étape historique actuelle peut être qualifiée de « l’ère inclusive citoyenne », faute d’une terminologie appropriée. Les populations adhèrent massivement aux actions qui ont trait à l’avenir de leur pays et surtout au choix de leurs gouvernants, après des décennies de coups d’état et de dictature.

Cette inclusion, des administrés aux actions publiques, se manifeste par une surveillance étroite et participative des élections. Ce qui assure un contrôle des votes transparents pour la désignation des responsables qui prennent en main la gestion des différentes hiérarchies institutionnelles. Mais en l’absence d’une harmonie, voire l’inexpérience pour la pratique démocratique, on ne songe pas à ce qui est la « cohabitation » entre les groupes partisans en compétition. Comme se fait entre gauche et droite en France et ailleurs.

Une révolte politique dans un pays de grande délinquance.

La situation au Venezuela où deux majorités, la présidentielle antérieure à celle parlementaire récente, se disputent le pouvoir, sans pouvoir coexister dans l’harmonie stabilisante. Dès lors, que la seconde majorité a été obtenue au niveau de l’assemblée législative, cette dernière tente non seulement de bloquer celle qui s’est déjà installée au sommet de l’Etat représentée actuellement par Nicolas Màduro.

Ce n’est pas parce que le contexte est défavorable, de l’effondrement du prix de pétrole qui est la principale ressource du pays, qu’on impute cette ruine économique à ceux qui y sont exposés aux aléas des conjonctures internationales. Il est cependant nécessaire de rechercher certaines causes, aux dirigeants qui ont longtemps duré à la tête de l’Etat vénézuélien, de ne pas avoir anticiper cette ruine, en lançant des secteurs d’activités générateurs d’autres richesses que la rente.

Plongeant dans l’austérité et la pénurie, le Venezuela n’a que la fermeture, ou un degré moindre la réduction, de la distribution des revenus nationaux, décrus par la défaveur du prix du pétrole. Le chaos est perçu en passage nécessaire par des politiciens véreux qui n’ont pas compris que la démocratie ne conduit pas, à chaque changement de majorité, de mettre fin à ceux légitimement élus et dont les mandats ne sont pas terminés !

L’organisation basée à Washington, connue l’OEA (l’Organisation des États américains) «  regrette  » la décision « sans précédent » adoptée du Venezuela qui quitte ce rassemblement. Et elle a averti qu’il est «  d’évaluer les implications juridiques  ». Contrairement à ce qui est dit dans les médias, si des officiels déplorent les troubles de ce pays, nombreux intellectuels et organisations soutiennent le maintien du président, Nicolás Maduro, élu démocratiquement.

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De notre rédacteur : T O U R E T.

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