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L’Algérie décolonisée dans le clivage de l’élection présidentielle de France

Décryptage du discours xénophobe sur l’immigration dans la dynastie du FN

 

mercredi 3 mai 2017, par jaco

Au total quatre tentatives d’assassinats ont visé le général De Gaulle, selon les historiens, pour l’abandon de « l’Algérie française ». Le leader universel Nelson Mandela avait vécu plus d’une année parmi les guerriers du FLN, pour apprêter une guerre de libération en Afrique du Sud. Les progressistes français qui ont soutenu la tâche historique pour l’autonomie de l’Algérie, ont par la suite fait mai 1968. Ces deux modèles que le nationalisme dévoyé du Front National, ainsi que la droite traditionnelle nient, sont des démarcations réactionnaires pour nombreux jeunes Français.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie & France

La hiérarchisation des citoyens français est historiquement finie, des valeurs révolutionnaires sont venues instaurer l’égalité et la liberté. Le statut de supériorité, des français de souche, sur les citoyens musulmans et arabes qui était en vigueur par le passé, continue sa transition désormais bien abordée aujourd’hui. Elle porte dorénavant le débat sur l’immigration et le traitement égalitaire réservé aux communautés musulmanes françaises.

Même si la discussion n’est pas aussi pertinente que l’appartenance à l’Europe ou bien d’autres dimensions, la turbulence identitaire qui taraude le tissu social en France, lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, n’est plus dans l’intimité. Sur la place publique, une opposition dresse ceux qui croient que la colonisation est une mission civilisatrice contre ceux pour qui l’Histoire a démenti « l’Algérie française ». Par mauvaise intention, le nouveau langage de la colonisation brandit la peur de l’immigration, présumant que la France risquait d’être « colonisée » par les étrangers.

Ceux du progrès aux idées philosophiques de mai 68, comme Jean-Paul Sartre, ont réellement transformé leur pays et en ricochet le Monde. Ils adhérèrent au soutien de l’indépendance du pays du Maghreb dont les ressortissants qui votent, du fait de leur citoyenneté, influent de deux manières antagoniques le débat sociétal en France. En finir avec la confrontation entre la nostalgie d’une domination de peuples soumis au joug de l’occupation par la violence guerrière et la générosité de liberté, sont bien d’inflexibles interprétations du passé.

Présentement au sein de la société française, deux versions à propos de l’empire colonial se disputent. Plus d’un million de personnes ayant été contre l’indépendance algérienne ont été rapatriées. Leur pression a obligé à l’abandon, dans le système éducatif, en vertu d’une la loi abrogée en 2006 un an après sa promulgation, le déchiffrement d’un langage politique attardé. Contre exactement la perception obscurcie de la mémoire coloniale, ce sujet interpelle une clarification tangible qui reste à instituer et que Macron a relancé.

Malgré la probabilité d’être à l’avenir définitivement déterminée, l’Histoire négative est occultée en France, d’une part. De l’autre, elle est largement gonflée, et même usurpée par la caste, des « tuteurs historiques », gagnant sa légitimité pour gouverner l’Algérie qui a recouvert sa souveraineté nationale en 1962. Macron issu d’une gauche plus libérale que sociale, est au second tour du vote pour la présidence. Il a pour adversaire l’antinomique sur ce thème. Qualifié de centriste, il a planté un décor qui n’était guère évité dans les polémiques hexagonales.

Le jeune candidat qui a acté une fulgurante percée dans le paysage politique français, a fait face à un tollé de critiques en chœur, scandé par les cercles les plus réactionnaires de France. Répliquant, il demeure insistant que sa génération est ouverte à un changement de lecture de la mémoire coloniale dont le logiciel de reniement s’avère être plus hypocrite que rationnel. En effet la guerre d’Algérie divise la France entre deux visions qui se jouent aussi en politique.

Celle du bienfait d’une occupation qui prétend, selon le perdant candidat de la droite François Fillon, avoir répandu sa culture, à la stérilité. Cette dernière plus cruelle, est guerrière et a massacré des millions d’individus en 132 ans de colonialisme. La spoliation des richesses et des fertiles terres agricoles de ce qui est maintenant le plus vaste pays d’Afrique, avec 238 millions de km², tient à une raideur de l’identité qu’intensifient les soutiens à Marine Le Pen.

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