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RPK après le MAK, idée de déconcentration administrative en Algérie

Des régions autonomes dans un Etat-nation exauçant son unité !

 

mercredi 15 mars 2017, par Damien Djamel Bouch’Raf

Pousser à un découpage administratif régénérant à la fois l’unicité et la composition pluraliste de la personnalité algérienne, se construit à partir de l’harmonie entre les spécificités. Telle est la revendication des mouvements berbéristes qui se réitèrent, quand la panne du projet national est source de clivages, retarde l’émergence économique et rend impossibles les libertés démocratiques. Le souhait de rénover et de solidifier un projet de société, en clarifiant des statuts modernisés aux régions ayant des particularités, tient à une seconde république, dépassant celle où s’est acquise la souveraineté algérienne par son autonomie de la colonisation.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

En rien il y aurait un risque de dislocation, d’une nation reconnaissant ses richesses dans les ethnies ou bien les tendances politiques ou confessionnelles qui la composent. La partition redoutée ne viendrait pas d’un programme sociétal basé sur l’expression des identités, qui placeraient les caractéristiques propres de l’Algérie dans l’universalité. C’est dans cette optique que l’identité berbère, éprouvée par le péril de l’aliénation a maintenu des années de militantisme. Elle recherche à se préserver d’une arabité aux conséquences alarment sur l’absence de projets politiques, pouvant se substituer au régime "bunkerisé" contre l’ouverture et la concertation.

La dernière mouture de la constitution vient de retirer le monopole et l’unicité factice, qui promeut une dérive exaltée par l’islam et démontrant que la langue arabe, enjointe originellement à une religion unique. La 1ère loi a reconnu, enfin dit-on, « l’amzyghité ». Cette dernière aux éléments de différenciation culturelle, sont plus ancrés aux circonscriptions administratives de la Kabylie que sont les Wilayas de Bejaïa et Tizi-Ouzou. Alors que se commue ailleurs en Algérie, cette dimension identitaire avec la présence de citoyens de même appartenance. Qui, eux aussi et surtout, ont longtemps résisté à la dépersonnalisation…

Les nouvelles générations, dépassant l’unité nationale construite pour la tâche historique du regroupement des potentialités afin de mener la guerre de libération, aspirent à valoriser cette identité « berbère ». Elles la croient altérée par la domination hypnotique que la violence islamiste a exprimé en orientalisme importé par la langue… Alors renforcer les wilayas (départements), avec une déconcentration institutionnelle par des « régions » (plus autonomes) qui regrouperaient des ensembles, serait une faveur changeant la physionomie des structures étatiques. Mais seul un esprit de réforme, faisant l’émancipation des entités locales ferait émerger le progrès d’administration que sa mutilation…

La Kabylie (du centre-nord d’Algérie) partage des critères culturels, du moins linguistiques et de mœurs, avec les Chaouis, les terguis, Mozabites et autres communautés « amazyghes ». Comme, disait le poète K. Yacine à propos du combat de la libération, cloîtré dans « le cercle des représailles », la sévérité du nationalisme qui gouverne s’est démarqué des arguments d’une « berbérité » qui soit une qualité. Après le MAK (Mouvement d’Autonomie de la Kabylie) qui n’a pas suscité un dialogue, en osant la nécessité de partition, un nouveau cadre vient d’être proclamé. Est-ce une confusion de plus, ou bien la refonte du système des collectivités territoriales ?

Il s’agit du RPK (Rassemblement pour la Kabylie) qui quête aussi l’autonomie, selon un article paru sur le journal le « Soir d’Algérie », lire ICI. Dans sa première conférence improvisée au siège de la fondation Matoub, à Taourirt Moussa, il s’affiche : « … respectueux de toutes les autres communautés de l’Algérie… » Il compte sur les modernistes et les démocrates qui eux, domiciliés au sein des partis, sont déshérités de plans pour la justice sociale, voire de simples progrès en matière d’égalité entre régions, êtres, acteurs sociaux ou économiques etc…

Une dévorante obsession de se démarquer du MAK, en mettant en exergue leur différence, réfute le monopole du chantre et néanmoins charismatique Ferhat Mehenni à l’origine d’un premier canal auquel nombreux jeunes ont donné leur engagement. Désormais il a un concurrent qui homologue sa responsabilité de reproduire la même question, aussi sensible qu’inassimilée par l’ensemble des Algériens. Cette répartition de l’identité berbère au "centre d’Algérie" est surtout loin de la moindre médiation des autorités.

Le "Manifeste pour la reconnaissance constitutionnelle d’un statut politique particulier de la Kabylie", publié le 07 décembre 2014, constitue la référence de ce nouveau mouvement qui rejette l’Etat-Nation Kabyle, préconisé par son rival le MAK. Le projet d’une Kabylie autonome dans une Algérie plurielle et démocratique, devait lui-aussi se trouver adhésion d’Algériens auxquels une classe politique n’apporte que peu de rupture avec les anciennes négations dont celle de s’exprimer sans réveiller la main de fer des dirigeants et les basses haines de falsification politicienne de l’identité.

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