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Erdogan désormais Ayotollah après retour raté de la laïcité



Recul ou avancée du fascisme vert, plus d’incertitude pour la stabilité de la Turquie ?


dimanche 17 juillet 2016
par Azouz Benhocine


Le coup d’état avorté en Turquie, a laissé le goût amer de l’échec du retour du « Kémalisme » auquel les putschistes se sont référés pour élargir le cercle des participants au niveau des différentes hiérarchies militaires, mais qui étaient centrés sur un même corps de l’armé. Les arguments du retour de l’Etat laïc, de l’engorgement de l’autoritarisme d’Erdogan ainsi que de la portance de l’islamo-terrorisme qu’a assuré le régime aussi bien en Syrie voisine que dans le pays, n’ont pas généré le soulèvement du soutien populaire tel que le fut contre Ben Ali en Ali en Afrique du nord.

Voir en ligne : Notre dossier : Turquie

Certainement male préparée, cette destitution du nouveau tyran d’Ankara avait aussi une piètre appréciation du poids de l’islamisme dans le pays, qui a assuré la riposte. Après la sorte de carambolage, inopiné et fomenté par une partie minoritaire de l’armée turque, l’appel à la mobilisation lancé via l’implantation de CNN, contre la l’intervention se voulant corrective du détournement de démocratie, a eu plus d’écho que le putsch.


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Les USA et autres pays occidentaux ont montré à quel point la Turquie d’Erdogan est enjeu pour la défense des intérêts des pays atlantistes et de leur gendarme israélien au Moyen-Orient, avec leur soutien à un régime en prise avec les tendances progressistes locales. Pendant très longtemps, les pouvoirs autoritaires ont fait le lit des islamistes. L’autoritarisme autocratique, souvent à la domination ultralibérale qui tient les rouages internationaux, a toujours pratiqué une répression aux gauches et intellectuels qui quêtent l’éthique sociale et l’équilibre internationale.

Les islamistes arrivés au pouvoir répondent à la recommandation des éternels putschistes occidentaux qui viennent de chasser de chasser Dilma Yourslef au Brésil, tentent de déstabiliser le Venezuela et bloquent d’une Russie disjointe de la vieille domination impérialiste et néocolonialiste. L’AKP de Turquie est corvéable à et avec l’escient de ces stratégies qui maintiennent l’ouverture conflictuelle béante au Moyen-Orient.


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Les militaires turcs comptaient sur la société civile laïque locale, mais à l’instar des expériences égyptienne et algérienne, cette catégorie de la population éprise d’une citoyenneté apaisée ne se hasarde ses souffles volontiers à manifester son appui. Ses comportements d’habitants, confiants dans les institutions, sont aussi une indifférence et apeurement, dues aussi à l’isolement de l’armée turque des agents résolument démocratiques qui ont vivement réagis à Alger et au Caire.

La réprimande, dont est capable la cruauté obscurantiste qui a fait ses preuves, assiège les sociétés en mutation. Comme fut le cas du retard marqué en Tunisie, la reprise du pouvoir par les tendances intègres l’ancien régime a été perçue comme une transition louable, pouvant au plongeon dans la psychose d’un règne islamo-fasciste.


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Les meneurs du coup d’état, manqué au pays du Bosphore, ont à priori compté sur certains pays occidentaux. La France avait préalablement à l’opération militaire, indiquait à ses ressortissants de limiter ses déplacements et a fermé quelques unes de ses représentations scientifiques ou touristiques. Le renseignement a été pertinent, que « quelque chose » se préparait. Par ailleurs Depuis trois jours, les ambassades de France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni sont fermées ou au ralenti. Sans que cela ait été justifié.

Les putschistes ont aussi cru à l’isolement diplomatique du nouveau Ayatollah d’Ankara, qui venait de supplier à renouer avec Poutine et une reprise des relations avec l’Etat hébreu, pour profiter de son affaiblissement. Même avec l’ennemi juré Bashar Al-Assad, à la veille du coup d’état raté, le régime islamiste qui gouverne en Turquie a préconisé la normalisation...


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Mais de nature ambivalente et quasi inconvenante de principes éclairés de rigueur incorruptible, l’islamisme a maintenant dans le monde où il végète, la perspective d’éroder la seule résistance institutionnelle, des militaires pouvant tenir à violences… Car pour les votes démocratiques, Allah est une école idéologique infaillible sur les Terres à majorité musulmane.

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