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Volte-face du pouvoir algérien, El-Watan-TV tombe pour mauvais client.



Un média islamiste qui a cru à la réhabilitation du premier chef terroriste


mardi 13 octobre 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


La station d’El-Watan-TV est l’une des nombreuses initiatives privées, fonctionnant sans autorisation officielle. Elle n’a aucun lien avec le journal de langue française El-Watan, pour mettre halte à toutes confusions. Et pour préciser son identité et sa ligne éditoriale, elle est proche, sinon l’organe médiatique, du MSP, un parti islamiste légal et dont la triste mémoire est des plus controversée.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Les leaders de cette organisation politique tolérée par le pouvoir normalement surveillant, avec la justice, de la légalité constitutionnelle, sont souvent présentés comme modérés. Or historiquement, ils ont été pourvoyeurs du terrorisme international, ils ont commis un sabotage collectif d’équipements d’électricité publique à Blida, pendant les années 80 et ont travaillé dans le rapatriement de criminels des pays des Balkans et d’Afghanistan, pour trouver des djihadistes pendant la décennie noire en Algérie.


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Cette TV a cru bien faire en donnant tribune au chef de la première organisation terroriste, née après la dissolution du parti l’ex-FIS, puisque Mezrag, son invité, a été reçu par Ouyahia, dans le cadre d’un dialogue sur l’amendement de la constitution. La logique où s’est trouvée cette chaîne sort effectivement et d’abord du pouvoir et ses intentions malsaines.

Son directeur, Djaffar Chelli, homme d’affaires et propriétaire de la chaîne El-Watan-TV, a quitté, fin juillet 2015, son poste de secrétaire national chargé de l’administration du MSP. Dans la matinée du 12 octobre, le ministère de la communication avait déposé plainte et ordonné la fermeture pour « propos subversifs et atteinte au symbole de l’Etat ». Pourtant, quelques semaines auparavant El-Watan-TV était invitée, par la même tutelle, à couvrir des faits du pays.

Seulement le programme de "dé-radicalisation" VOIR notre document exclusif, en fin de cet raticle que vante la diplomatie algérienne et son accompagnement de l’encouragement à la repentance, semble être inaudible, voire ambiguë. Cette démarche d’interdiction se caractérise par le durcissement du discours anti-terroriste, qui ne peut s’accommoder de Madani Mezrag. Un islamiste qui s’est engagé dans la lutte armée à un moment où le pays vivait une pire épreuve. Et son agressivité montrée à l’égard du raïs, sur le plateau de cette TV, est jugée gravissime...

Il a essuyé dernièrement le refus prononcé par le chef du gouvernement pour l’éventualité de créer un parti islamiste. Mais El-Watan-TV, a cru bien faire en donnant tribune au chef de la première organisation terroriste, née après la dissolution du parti l’ex-FIS. Puisque Mezrag, son invité, a été reçu par Ouyahia, dans le cadre d’un dialogue sur l’amendement de la constitution, la-voilà désabusée. Madani Mezrag paraissait réhabilité...

La fermeture des locaux d’El Watan TV, le 12 octobre 2015, qui a commencé à émettre depuis le 19 février 2014, est une mésaventure à l’image du double discours qui habite nombreux cercles politiques. Ces journalistes qui se sont attirés les foudres du pouvoir ne savaient-ils donc pas que Belhadj, l’autre prêcheur de la haine, est indésirable pour la Fitna qu’il prône. Mezrag a quelque chose de pire, son palmarès est qu’il a pris les armes...

Dans une interview, du 4 octobre, l’ancien chef des criminels qui ont été les premiers à déstabiliser l’Algérie dès 1990, a sévèrement mis en garde le Président Abdelaziz Bouteflika de rester dans sa voie, brandissant la même menace de 1991. De tels propos est un dépassement, le régime qui tient à Bouteflika s’est énervé. Le journal de la presse écrite "Le Matin" en a déjà les frais en tombant dans un duel perdant, et il n’avait rien à voir les armes sordides, sinon leur première victime...

La réaction officielle suite à l’affaire El-Watan-TV

L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) a appelé mardi tous les acteurs du secteur au "strict respect" de la loi, soulignant que certaines tribunes "font dans l’excès". "L’évolution de l’Audiovisuel en Algérie nous interpelle quant à l’impératif de travailler dans le strict respect de la loi et de l’éthique professionnelle", a indiqué l’ARAV dans un communiqué. Après avoir mis l’accent sur la nécessité de "se conformer à la loi et d’oeuvrer dans le sens du peaufinage de l’exercice médiatique en Algérie dans l’intérêt du pays et des citoyens", l’ARAV a précisé que "loin de tout concept de censure, de pression et d’intimidation, des dépassements ont été enregistrés et pourraient être justifiés par la jeune expérience de certaines chaînes. Cependant, d’autres tribunes font dans l’excès et cela ne saurait être toléré dans un Etat de droit". L’ARAV qui réaffirme son soutien "permanent" à la créativité, à la liberté d’expression et à la divergence de vues dans le cadre des lois et des usages, exprime "avec satisfaction son plein soutien aux décisions des autorités publiques en général et du ministère de la Communication en particulier, lesquelles participent d’une même assise, à savoir la garantie du respect de l’éthique professionnelle et de la suprématie de la loi". Le communiqué de l’ARAV intervient au lendemain de la fermeture des locaux de la chaîne de droit étranger "El Watan El Djazairya" connue sous l’appellation "El Watan TV" et la mise sous scellés de ses équipements, sur décision du wali d’Alger et à la demande du ministère de la Communication. Le ministère avait indiqué dans un communiqué que "la chaîne exerce d’une manière illégale et diffuse, de surcroît, des contenus subversifs et portant atteinte aux symboles de l’Etat". (APS)

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