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Deux journalistes explorent les rangs d’une faction djihadiste en Syrie



Des images palpitantes des méandres d’une guerre par intermédiaires civils...


jeudi 17 septembre 2015
par jaco


Un documentaire exclusif de 52 minutes produit par "Intégrales" retrace les méandres cloisonnées des brigades djihadistes en Syrie. Il a été diffusé dès le début du mois de septembre 2015 sur spicee.com. Ce site consacré aux grands reportages pour tablette et mobile, est une Web-TV payante expérimentale. Mais elle accède petit-à-petit, et de plein pieds cette fois, le cercle des médias alternatifs crédibles.

Voir un extrait ICI.

Deux journalistes algériens sont derrière la compagnie productrice nommée "Intégrales.mag", ils coproduisent avec spicee, un reportage de 52 minutes dont les extraits sont d’une palpitante qualité. Cette dernièrei réside dans la pénétration de factions d’islamistes armés, là où on tue le journaliste. Le doc de choc est de bonne facture, du fait aussi des risques pris pour s’immerger parmi la désolation que les djihadistes sèment en Syrie.

Journalisme : quelques sujets...
- L’otage John Cantlie fait le reporter du Daesh
- Retrait du passeport d’un journaliste japonais qui voulait se rendre en Syrie
- Nadir Dendoun : le photographe de Bagdad
- Julian Assange : l’exaction d’un journaliste.

Les deux reporters sont accueillis par une faction parmi les hordes armées qui peuplent les rangs de l’opposition. C’est Abou Muhammad Al-Halapi, chef de la mouvance Ansar Al-Aquida , en personne qui a permis aux deux journalistes de réaliser cette investigation imagée. Ici c’est un vrai labeur de terrain, dont rêverait le reporter résigné du bon sujet.

Ansar Al-Aquida est un groupuscule estimé avoir un plus de 1000 hommes. Il était d’abord sous le commandement d’Al-Qaïda, puis est passé sous celui de l’Etat Islamique et pour enfin se déclarer autonome des grosses organisations. Cette phalange mène donc le djihad pour le même projet de société, basé sur l’islamisme, que les autres islamistes.

Actuellement nombreux groupes terroristes en Syrie montrent patte blanche, pour être épargnés des frappes de l’alliance que conduisent les Etats-Unis. Y compris "Djabhat Enusra", qui a parlé sur El-Jazeera et a été distinguée du Daesh par les médias, est en concurrence avec le Front islamique pour fédérer le "djihad" contre le régime. Ils cherchent à gagner un "visage recevable" pour la diplomatie, dont celle de France, qui prépare l’intensification des frappes visant le Daesh.

Il convient de préciser, depuis plus d’un an que l’intervention américaine a débuté, les organisations terroristes, dans leur ensemble, recrutent plus qu’elles en perdent avec l’intervention aérienne conduite par le Pentagone. Le flux incessant de combattants empruntant la passerelle turque continue encore d’ameuter les islamistes passant à la lutte armée.

Les USA ont été suivis dès le début de leurs frappes par d’autres alliés, dont certains ont préféré bombarder uniquement en Irak. Maintenant ils changent leur tactique erronée qui laissait le Daesh et les autres criminels en paix quand ils sont en Syrie, dans le seul but de priver Assad du moindre sauvetage.

Yacine Benrabia et Farouk Atig, envoyés spéciaux à Lattaquié, Idlib et Alep (Syrie) du Journal du Dimanche ont publié un sujet le dimanche 19 juillet 2015 sur cet Hebdo. A consulter ICI. Ils ont retracé, jour après jour, la semaine qu’ils ont passé en Syrie. Ils témoignent de la région visitée, ils rapportent qu’elle s’est vidée de sa population, d’où les réfugiés en nombre.

De tels produits couvrant en profondeur l’actualité sont effectivement rares. Surtout que la Syrie est certainement le pays le plus impénétrable aux journalistes. Les islamistes dans leur ensemble ont chassé les éléments qui travaillent dans tous les médias des régions qu’ils contrôlent. Le régime lui aussi était par le passé une vraie dictature allergique à la transparence, maintenant il est totalement opaque en raison de vigilance face aux ennemis.

Les reporters qui s’aventurent, comme pour ce reportage captivant et d’une actualité puisée du champ de la guerre civile syrienne, doivent subir les paramètres que leurs imposent les terroristes qui les accueillent. Ce qui est avoué par les deux journalistes à l’origine de cette prouesse fidèle à une réalité de guérilla...

YACINE BENRABIA : journaliste reporter et free lance indépendant. Il a été blessé 2 fois en Syrie, à Alep en 2012, après avoir reçu un éclat de bombe de l’armée syrienne. Il a été soigné par le docteur Jack Beress le fondateur de l’association Médecins sans frontières.Farouk Atig :

fondateur d’INTEGRALES productions qui réalise et produit des reportages et documentaires destinés aux principales chaines de télévision couvrant l’actualité mondiale. Il collabore avec nombreuses chaînes françaises sur les questions du Moyen-Orient. Farouk Atig

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