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Amnistie fiscale en Algérie, l’économie informelle invitée à légaliser son argent



Ultimatum, pour décembre 2016, au dinar chapardé de la rente


vendredi 14 août 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


Valable depuis le 2 Août 2015, en vertu de la loi finance complémentaire 2015, votée fin juillet, l’amnistie fiscale en Algérie, tente de rattraper la réduction des recettes, du moins en partie, due à la chute du prix du pétrole. Ce pardon est accordé, en effaçant la non-imposition antérieure, à l’économie non déclaré, mais exige des détenteurs de ses activités informelles de se mettre en conformité avant le 31 décembre 2016.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Les 68 milliards de revenus algériens, des exportations énergétiques de 2014, ne sont que 34 cette année. A la rescousse, maintenant au temps des vaches maigres, rechercher des sources de fiscalités, alors qu’elles devaient, par le passé déjà, être rigoureusement et régulièrement respectée, pour être au diapason de l’Etat fonctionnel et de république accomplie, voilà une gouvernance bâtie sur la rente dont la pérennité trahit. S’il n’est jamais trop tard pour bien faire, la mesure risque de menacer les opérateurs réguliers existants...


- Escalade dans la production du pétrole et dégradation les prix
- Croissance en baisse de 4,1% à 2,6 en 2015 pour l’Algérie
- Oxfam dénonce les fortunes, revendique de les fiscaliser...

La mise en conformité des activités au système fiscale, des clandestins, arrive à un moment où l’économie locale est atteinte, ses matières premières sont moins financées et ses crédits sous restrictions. L’assainissement des circuits du commerce informel et la mise en place d’un contrôle pointu sur les embryons d’opérateurs économiques, concerne cette opération où il est question du trésor public. Mais...

Sur son site internet, l’administration fiscale algérienne « informe ses usagers et le public qu’un programme de conformité fiscale volontaire est mis en place à compter du 2 août 2015 » . Elle invite les personnes concernées à « se rapprocher des agences bancaires pour s’informer des modalités de mise en œuvre de ce programme  ».

La dévaluation du dinar, cette monnaie de singe qui dort chez des féodaux de l’économie parallèle.

En fait, il s’agit de la monnaie détenue loin des banques qui reste incontrôlable, sans savoir qui la détient et par quel moyen, elle s’est trouvée dans une économie informelle ? Les préemptions avancent plus de 1 000 milliards de dinars, ou bien l’équivalent de 10 milliards d’euros, d’argent thésaurisé dans les matelas.

En échange, l’État algérien ne procédera à aucune poursuite pénale. Seul un taux de 7 % sera prélevé sur les montants déposés, ce taux minime va au budget de l’État. Par le passé l’assèchement de cet argent, en espèces, a poussé les décideurs à mettre en vente des biens publics ou bien carrément en créant une opération de remplacement générale des billets de banque. Ce qui augure cet appel à mise en conformité...

Le ramassage des milliards de dinars qui circulent ou stagnent en dehors du système bancaire, est annoncée. Au bout de l’exercice prochain, 2016, l’argent des trafics, obtenu sans aucune activité légale, comme celui revenant au terrorisme, doit être démasqué. D’ici là, les fortunes de cash qui dorment dans les garages sont tenues de remonter à la surface. Celles qui seront légalisées feront le pas de s’habituer à l’impôt sur la richesse.

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