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Douteux incendies aux domiciles de militantes en Algérie

La canicule, les enquêteurs crédules et l’origine du feu ?

samedi 4 juillet 2015
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le contexte de tels incendies est troublant. Ils se répètent, chaque jour un embrasement qui cible des domiciles de femmes algériennes militantes. Ils ont eu lieu simultanément, pendant le 1et et le 2 juillet 2015. Ils coïncident avec un matin d’une journée du mois du Ramadhan. Populi-Scoop a déjà soulevé la mise à feu d’une librairie d’un citoyen, pendant Laïd. C’était aussi un Algérien engagé dans l’action du changement radical…

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Etrange que cela puisse paraître, des domiciles d’opposants prennent feu en Algérie, en cette canicule du Ramadhan 2015. Nous avons rapporté, sur Populi-Scoop, l’incendie qui a touché le magasin de vente de livres, appartenant à un militant en novembre 2012. Et c’est en se rappelant cet acte que les traits communs semblent se reproduire...

Notre article sur l’incendie de la librairie de Fateh Agrane en 2012.
- Algérie : les livres brûlent le jour de Laïd

C’est dans la même typologie de faits qui doit réveiller la curiosité des enquêteurs. Ces deux incendies ont eu lieu respectivement le 1er et le 2 juillet 2015, en matinée. Comme si la même main et dans la même plage horaire, successivement un jour après un autre, a frappé aux domiciles de deux femmes militantes de la capitale Alger. Les courts circuits ou toutes autres sources du déclenchement du feu est quasi répétitive.

Diverses similitudes sont frappantes entre le feu mis à la librairie de Fateh Agrane en 2012 et à aux domiciles des deux femmes militantes algériens. Pour clarifier, les positions de ces personnes, elles échappent au contrôle du régime ou pouvoir en place. Outre le même opératoire, les personnes visées, et non d’autres, poussent à la question que le « double-incendie » apporte la suspicion d’actes volontaires. Comment expliquer le récidive pour des lieux qui se ressemblent ?

Les Batalguias mettent le feu : les contextes douteux...

Dans la matinée du 1er jour du mois, c’est le domicile d’Amira Bouraoui, la dame qui s’est fait connaître avec le mouvement Barakat. Son logement a pris feu, il a été en partie détruit. Alors qu’aucune source d’incendie ne pouvait le provoquer, l’intéressée s’est livrée à constater, sur sa page Facebook, le retard que les pompiers ont fait pour arriver sur les lieux...

Puis, deux jours plus tard, c’est la maison de madame Zoubida Assoul qui a été visée. Ancienne juge, avocate et présidente du parti l’Union pour le Changement et le Progrès : UPC, cette dame s’était faite une renommée avec son action en justice, contre le premier ministre Abdelmalek Sellal.

Les propos de ce dernier sur les chaouis (berbères de l’est algérien), en plein campagne électorale 2014 lors du 4ème mandat usurpé par Bouteflika dont il était le pilote, ont été qualifiés “d’insultants”, “injurieux” et “diffamatoires” par de nombreux algériens. L’invective du responsable algérien a frappé nombreux algériens. L’esprit avec lequel une éminence du régime tient d’infâmes propos sur une communauté ayant montré de hautes valeurs historiques dans l’identité algérienne, a choqué à son époque...

La maison de la militante Zoubida Assoul a été incendiée. De tout coeur avec elle. Courage.

Posted by Amira Bouraoui on vendredi 3 juillet 2015

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