POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Bobos : intrus et snobs dans quartiers pauvres.

Ils ont la manie de rester bourgeois dans une société qui ne les reconnaît pas tels. Alors ils descendent là où ils sortent du lot.

mercredi 19 novembre 2008
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le terme « bobos » est dû au journaliste américain David Brooks du New-York Times. Les bobos se revendiquent artistes de proximité, animateurs sociaux et même d’intellectuels « new wave » avec prétention d’être l’avant-garde de ce qui agite la société.

Ils interviennent là où ils happent avec avidité un règne qu’ils n’avouent jamais qu’il est premier de leurs desseins. Celui de retrouver des hommes et des femmes qui leur permettent de s’adonner, d’une manière écourtée, à un jeu où la manipulation est essentielle dans leur échiquier. Une communauté qui se plaît de son sobriquet « Bobos » constitué à partir de leur réelle affiliation : Bourgeois mais Bohémiens.

A Paris et dans sa périphérie, particulièrement dans les quartiers populaires, les Bobos se tiennent en intermédiaires entre les réalités de précarité qu’ils investissent et la puissance publique qui voit en eux des dévoués et mêmes, des professionnels, spécialistes es-quartiers dits « sensibles » et autres cultures underground. Ils grouillent côté Belleville surtout.

Le gros de leur bataillon est dans le milieu associatif pour se servir du denier public subventionnant les structures régies par la loi de 1901. Ils bloquent ainsi les initiatives directes, et chapeautent leurs sphères sous couvert de les encadrer, des acteurs concernés. Par le destin d’être des émigrants ou des couches moins nanties, ces derniers apportent d’autres cultures marginalisées, frappées de la commune dégradation d’être sous-culture, comme la musique raï, pourtant enrichissantes à plus d’un titre.

Les bobos selon Renaud : chanson.

Catégorie d’individus culottée d’un dédain magnanime et de connaissances approximatives comme un paquet de charlatanesques divinations. Les bobos se distinguent d’une fausse modestie bien primaire. Et hautaine envers l’environnement humain qu’ils côtoient en trouvant réponse à tous. Souvent ils ne travaillent pas dans ces zones où ils sont aussi visibles, tels que les ornements taguant les murs de la cité où ils plongent. Car ils s’y installent afin d’assouvir leur envie d’être parmi le petit peuple, tout en préservant jalousement les réflexes innés de l’embourgeoisement qui les a vu naître.

L’option de pluralité que la puissance publique encourage au niveau de ces secteurs urbains, favorise grandement le mode d’emménagement multiéthnique. Ils sont donc les premiers à accéder, en activant pistons et passe-droits, aux logements couteux, mieux conservés ou neufs. Ces derniers relevant souvent du patrimoine de l’Etat, construits suite aux démolitions et rénovations de ceux vétustes où vivaient les gens aux ressources modestes, deviennent à leur porté. Car ils n’acceptent jamais de rétrograder de leurs luxueux cadres de vie et habiter là où le standing est inexistant. Ainsi ils éloignent les habitants originels qui sont incapables de supporter les tarifs exorbitants des beaux immeubles, vers les banlieues plus éloignées et ghettoïsées.

Image hébergée par servimg.com

Exerçant souvent des métiers en rapport avec la vie culturelle, ils créent des associations de même ordre. Alors ils se portent garants du nouveau visage de France, de la diversité, qu’ils limitent à l’existence des gens de couleurs, tant dans leurs expression que dans l’entourage humain qu’ils agrègent autour d’eux. Ils produisent des images grossies et des clichés mentalement noircis, en usant d’oubli de toute intelligence car peu enclins à réduire cette tare. Il est rare de les trouver dans des associations d’alphabétisation ou d’utilité sociale ayant l’exigence d’un dense travail. Quand ils s’investissent dans l’insertion, ils considèrent ça une mode qui appâtent décideurs et dégage l’empreinte du dévouement envers le prochain.

Quelques explications citoyennes

Quant au point relatif à leur vie professionnelle, ils sont le plus souvent dirigeants, et de toutes les hiérarchies, avec prédilection des boîtes artistiques. Ils sous-paient impunément leurs recrus souvent pris sur le tas qu’ils ont investi. Semble-t-il, d’après certains témoignages, ils y sont le plus souvent que pour ça. Gagner sur les bas salaires accordés aux personnes qui peinent à dénicher un job, comme ils ne profitent de ne jamais rétribuer les stagiaires.

L’inadéquation des comportements "bobos" avec les populations de la cité qui les attire se concentre en une écologie de façade, en consommation affichée biologique mais jamais correcte, en l’achat des produits du commerce équitable que pour montrer la fréquentation des lieux de leur vente et leurs regards aux prochains ne sont qu’un dédain hallucinant d’un mépris désobligeant. Entre eux, ils ne s’empêchent pas d’ironiser qu’ils sont "l’église qui se moque de l’hospitalité."

Moult exemples définissent ces personnages à cheval entre leur bien-être, en s’impliquant là où ils opèrent une sorte de surveillance morale. Ils trouvent souvent des subalternes, contre modiques salaires, à leur solde. Comme le yougoslave, le portugais l’hispanique venu de lointaines contrées d’Amérique latine et l’arabe ou bien le black de service pour s’interposer, tel le gros-bras et vigile, entre eux et le public ciblé. Sketch bobos

Dans le siège d’une association de renommée nationale travaillant d’arrache-pied pour trouver des logements aux familles qui en sont dépourvues, un certain Hocine officie à la fois comme conseiller ou travailleur social accueillant les usagers, mais aussi le videur aux muscles débordants. Il a un acolyte, Amar le planton, un alcoolique accro au pinard, qui fait le « profiler » en trillant qui peut ou pas être reçu, après vérification de la carte d’adhérent et de l’acquittement des cotisations. Ce préalable des cotisations renfloue le trésor de l’association !

Beaucoup des bobos se désirent littérateurs et romanciers, leur panne et même absence d’imagination ne les décourage guère. Ils sont donc aux aguets pour dénicher la poule aux œufs d’or, en un nègre d’écriture non pas pour assurer la rédaction de leur dictée et idées mais celui déjà et bien inspiré et sachant rédiger.

Le cas d’un journaliste francophone venu se refugier en France, parce que menacé dans son pays, qui cherchait un ordinateur pour passer à l’écriture dans la poursuite de son expérience de créateur de textes. Selon un adhérent d’une association, on lui a proposé une machine. Il y travailla quelques semaines et même quelques mois. Mais comme il eut des difficultés sur le plan administratif, pour la régularisation de son séjour, il était tombé sous la reconduction à la frontière par arrêté du préfet. Il fut dénoncé par le responsable de l’association et expulsé. Son travail enregistré sur le disque dur de l’ordi, une pièce théâtrale, a été publié sur le nom de son dénonciateur et a même obtenu une distinction dans un concours.