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Guerre civile en Libye pour l’accaparement des champs pétroliers.

Tribus et Milices, encadrées par les islamistes, remettent en cause les institutions

vendredi 7 novembre 2014
par Hugo Mastréo


Trois ans après la chute de Kadhafi, deux gouvernements rivaux et deux parlements luttent pour le contrôle des plus vastes réserves énergétiques libyennes. Aucune autre chose n’intéresse les milices et le gouvernement. Les hordes d’anciens insurgés, contre le despote lynché, redoutant que le dernier vote leur enlève le droit d’existence en milices armées, espèrent partager pouvoir et pétrole…

Voir en ligne : Notre dossier : LIBYE

La Libye est divisée en deux parties, l’Ouest avec la capitale, est contrôlé par les milices. Généralement ce sont les ressortissants de la ville de Misrata qui ont investi Tripoli. Et à l’Est, se sont réfugiés le gouvernement et le parlement, ceux reconnus au niveau international. Ils sont venus des élections de juin dernier, les Libyens ont voté et sous la pression de mains criminelles fanatisées.

Puisque la 2ème ville du pays, Benghazi, où s’est installé un certain temps le général Khalifa Haftar, est encore sous les assauts de milices et d’islamistes, c’est Tobrouk, la 3ème agglomération urbaine libyenne, qui abrite les nouvelles institutions.

Une décision de la cour suprême annoncée à la télévision, le jeudi 9 octobre, est susceptible d’approfondir ces divisions et entraver les efforts de médiation des Nations Unies, ou bien des pays voisins comme l’Algérie. La haute instance judiciaire a invalidé l’élection de la Chambre des représentants, qui a fui vers cette ville orientale de Tobrouk.

La cour suprême, basée à Tripoli, a déclaré, pour justifier sa décision, que le comité qui a rédigé la loi électorale avait violé la constitution provisoire du pays. L’argument est tellement tiré des cheveux, puisque l’interpellation, de conformité de la loi électorale à la constitution, devait être émise lors de l’approbation du texte. Ou bien même si c’est en retard, avant les élections.

Pas de baroud à Tobrouk

L’élection de juin dernier d’une assemblée a débouché sur une forte présence des libéraux et des fédéralistes. Les islamistes, après le verdict des urnes, sont maintenant liés aux milices. La nouvelle Chambre des représentants qui a fui à Tobrouk, par la voix de son porte-parole Farraj Hachem, ne reconnait pas ce haut tribunal, ni sa décision.

Depuis août, 2 mois après la cuisante débâcle des islamistes, qui ne digèrent pas leur défaite aux élections, Tripoli a été conquise par la partie qui remet en cause ce vote dont la légitimité est le seul projet de stabilité. « Les juges qui ont fait cette déclaration sont inquiets au sujet de leurs vies, de leurs biens et de leurs familles » , a rajouté le porte-parole de l’Assemblée en exil interne, sur la télévision al-Arabiya.

Auprès de la capitale tombée, depuis des mois sous le contrôle des milices composées de combattants armés venus de Misrata, siège parallèlement au nouveau parlement, l’ancien à majorité islamiste l’alliée des milices. Un puits de pétrole a brûlé dernièrement pendant plusieurs jours, avant d’être fermé.

C’est au tour du plus grand champ pétrolier du pays, El Sharara, de fermer aussi, le jour où la décision de justice a été promulguée. Des tribus rivales se sont battus sur la zone à proximité du champ, deux fois au cours des douze derniers mois. Elles font de pression sur les autorités pour répondre à leurs exigences financières et politiques.

Ces derniers combats de guerre civile amorcée en Libye, viennent de se clarifier. L’enjeu que le vote dénie aux milices et aux islamistes, est le contrôle de la Libye qui a pour seule richesse : le pétrole !

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