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Zair Kédadouche, l’ambassadeur discriminé au Quai d’Orsay



L’ascenseur social en panne pour les beurs de France


mardi 13 mai 2014
par Hugo Mastréo


Victime de discrimination, le citoyen et cadre de l’Etat français Zair Kédadouche qui était en poste d’ambassadeur, de 2012 à mars 2014, à Andorre, a présenté sa fracassante démission au président français François Hollande. Il n’est pas le premier à subir les écœurantes et chroniques réalités qui habitent la société française, tant au niveau de l’accès aux droits qu’à la promotion des réelles compétences.

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Voir en ligne : Notre dossier : les discriminations

Beur de seconde génération, son reluisant parcours ne le préserve en rien des pratiques répandues par ce qui est communément désigné la discrimination institutionnelle. Cette dernière qui écarte légalement les non-français, mais elle n’épargne pas en réalité ceux ayant des parents venus d’un ailleurs et originellement reconnus jouissants de la citoyenneté.

Démontrant ses péripéties de fonctionnaire, il relate que le ministère des Affaires étrangères a changé sa première affectation à Anvers (Belgique), à cause de son nom à consonance arabe. Il soutient que l’argument qu’il lui a été donné était de ne pas froisser l’extrême droite flamande et la communauté juive nombreuse et influente dans le royaume frontalier de la France.

Sa démission a été émise début avril 2014 et ce n’est qu’à mi-mai que les médias et les autres échos en font part, à l’opinion de son cas et qui n’est pas le seul. Au ministère des affaires étrangères français, ce n’est pas une première.

Un autre ambassadeur, accusé à tort d’un détournement de fonds imaginaire s’est vu sanctionné d’un blâme. Puis il a obtenu des excuses et il a été recasé dans une société d’Etat.

Un autre cas dont l’affaire est en cours, a été écarté pour un prétendu harcèlement moral. Alors qu’il réunit assez d’éléments prouvant un coup monté, il compte attaquer le ministre des Affaires étrangères en dénonciation calomnieuse.

Zair s’estime discriminé de la part de la noblesse du ministère des Affaires étrangères que dirige Laurent Fabius. Et comme militant antiraciste de longue date, il sait de quoi il en est exactement.

Déterminé, il attend de même de la part des autorités, des excuses et la réhabilitation. Soient des actes et des sanctions contre les comportements qu’il désigne ouvertement en racistes de la part diplomates intouchables et prenant le Quai d’Orsay en chasse gardée.

C’est l’un des plus grands scandales qui éclate au sein des institutions françaises, pour les conduites aussi déplorables qu’abjectes à l’égard des personnes issues de l’émigration maghrébine qui s’avère être la plus isolée en hexagone.

Son intervention sur France-Info.


"Le racisme social existe encore au Quai d'Orsay" par FranceInfo

D’origine algérienne, qui est l’une des plus importantes communautés frappées d’ostracisme, il développe davantage une action pédagogique qu’un ancien inspecteur général de l’Education nationale, de son niveau, peut introduire dans le débat social emprisonné dans la stérilité. Le panache avec lequel il s’adresse au président français par sa lettre de démission, dispute l’exclusion qui touche nombreuses âmes qui parient à accéder à certains simples et communs droits.

Les discriminations qu’il dénonce, dit l’avoir visé de manière constante. Ainsi que les tentatives de le discréditer et le rejet incessant à son égard venant du règne d’une noblesse ayant forte et traditionnelle influence au Quai d’Orsay, l’ont poussé à jeter un dévolu inédit dans les annales de la gestion des institutions françaises.

Dans sont courrier, il écrit «  Je démissionne au nom des valeurs de la République que le Quai d’Orsay a bafouées (…). C’est au ministère des Affaires étrangères que j’ai rencontré le racisme le plus abject  ».

Des conseillers du chef de l’Etat ainsi que Laurent Fabius lui-même ont réagi à sa démission, afin de le faire revenir sur sa décision. Des postes lui ont été proposés depuis l’envoi de sa démission pour le faire taire. Mais ils ne conviennent pas, puisqu’il s’agit du maintien de l’état d’esprit renfermé qui règne au ministère des Affaires étrangères.

La directrice du cabinet du président, Sylvie Hubac l’a ainsi assuré de son soutien, mais rien n’y est fait pour ébranler sa ténacité. L’ambassadeur à la colère explosée, n’est pas contenté de simples bonnes paroles, peut-être n’ont jamais été entendues de la sorte auparavant, mais inopérante.

Des tristes réflexes largement utilisés pour écarter les beurs qui n’ont connu d’autres patries que la France qui les a vu naître, Zaïr Kadadouche en eu sa part. Il a reçu un mail du secrétaire général du Quai d’Orsay, faisant faussement allusion à sa date d’arrivée en France.

Alors qu’il est né le 9 août 1957 à Tourcoing (Nord), de parents modestes et analphabètes. Suite à ce message, il avait saisi le défenseur des droits et vient dernièrement de déposer une plainte pénale pour discrimination raciale.

La lettre de la démission envoyé à François Hollande

Lettre envoyé à Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, en 2013 qui reflète une pénible et abjecte réalité française.

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