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« Retour à Homs » : itinéraire du footballeur qui a pris les armes



Au cœur de la révolution syrienne, l’abnégation de la jeunesse.


lundi 21 avril 2014
par Azouz Benhocine


Dans le monde nébuleux des dictatures arabes, tous genres confondus monarchies ou républiques, les arts et les cultures sont d’abord scannés aux canons de la double censure. Ce qui provoque la première, c’est la transparence que redoutent les régimes autocratiques. Puis, la seconde, dans le Monde Arabe, le rayon religieux balaie les œuvres d’un contrôle, qui a déjà effacé le mot « Ahibek » (je t’aime) du cinéma égyptien.

Voir en ligne : Notre dossier : guerre civile en SYRIE

La conformité des travaux artistiques aux mœurs paramétrées par une tradition intransigeante sur la peur à l’égard du corps et de la sexualité, de l’interdit du prosélytisme à l’athéisme et puis pour la soumission au prince, est aussi le propre de l’obscurantisme en islam du nouveau millénaire. C’est pour cela qu’artistes, journalistes et autres corporations se tournent à l’universalité qui s’ouvre à eux dans le Monde, pour s’exprimer…

Le syrien Orwa Nyrabia est producteur, réalisateur, acteur, scénariste et co-fondateur depuis 2008 de DOX BOX (festival du documentaire de Syrie). Il s’est tourné à ce coup de main étranger par nécessité. Comme nombreux créateurs arabes, c’est pour exister et exercer le métier pour lequel il a été formé à l’Institut supérieur des arts dramatiques à Damas, qu’il se fait aider. Alors qu’il était étudiant, à 20 ans (né en 1977), de 1997 à 2002, il publiait régulièrement des articles avec le quotidien libanais « As-Safir », pour citer l’une des pages éloquentes de son parcours.

Talal Derki et Orwa Nyrabia Et pour produire des films, ce sont ces appuis internationaux qui lui apportent des ressources inespérées. "Retour à Homs" est le dernier film documentaire qu’il a produit, avec son compatriote kurde, le réalisateur Talal Derki. Ce dernier a déjà dirigé 5 documentaires et un long métrage. Il est témoin privilégié de comment des jeunes dissidents syriens deviennent guerriers. Jusqu’en avril 2013, il filme au plus près leur résistance...

« Retour à Homs » a été projeté pour la première fois lors du « festival de Sundance Dance », consacré au cinéma indépendant (sur Wikipedia) lors du mois de mars 2014. A la surprise des critiques, il a gagné le Prix World Cinema du grand Jury pour les documentaires. Et ce trophée catapulte le film et ses créateurs à un nouveau niveau de reconnaissance internationale.

Lors des manifestations non violentes qui ont marqué le début de la révolte en Syrie, le réalisateur se trouvait à Homs, bercail de la révolution armée et où il avait longtemps vécu. Depuis et durant deux années, il a filmé, au péril de sa vie, les opposants au régime de Bachar el-Assad.

De la crise syrienne, leur pays dont une partie de la population est insurgée contre la dictature dynastique des Assad, les méandres sont impénétrables, voire dangereuses. Le producteur et le réalisateur, font ce film de 90 minutes. Une œuvre magistrale qui raconte la vie d’Abdel Basset Sarout, un jeune footballeur de 19 ans qui a été gardien de but de l’équipe nationale syrienne.

Ce révolté devient à Homs, la ville où il est né et a grandi, l’un des leaders des manifestations pacifiques de 2011 qui bravent le régime. Tous les vendredis, dans les rues pendant l’été 2011, il anime les protestations en improvisant des chansons qui haranguent la jeunesse de la ville. Il devient leader d’une fougueuse bande de jeunes décidés à en découdre avec la dictature. Puis, à l’instar de nombreux de sa génération, il prend les armes…

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