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Quand Edward Snowden fuite un prix "Pulitzer"



Lanceur d’alerte : une source qui a les détails en plus !


mercredi 16 avril 2014
par jaco


Edward Snowden n’est pas journaliste et ne pouvait être donc consacré par la prestigieuse distinction le "Pulitzer", le principal prix donné aux journalistes américains. Cependant en désignant les rédactions du Guardian et The Washington Post, le jury a adressé une reconnaissance au lanceur d’alerte réfugié en Russie et poursuivi par la justice dans son pays, les Etats-Unis...

Voir en ligne : Notre dossier : NSA et presse

Le prix "Pulitzer", a été en outre le premier à consacrer la presse en ligne, alors qu’elle était sous-estimée par rapport à la classique paraissant sur le support papier. Ce qui a donné une certaine crédibilité à l’information diffusée par les nouveaux organes en ligne.

Et encore davantage, du même coup en 2010, c’est un blogueur qui a été récompensé, tel un coup de pouce au « virtuel ». C’était aussi une considération faite aux nouveaux outils qui prenaient de l’ampleur avec Internet et l’explosion de ses réseaux des échanges sociaux. Le citoyen s’impliquait pour diffuser l’actualité, mais surtout de bien l’expliquer ou l’interpréter.

L’édition de 2014 du « Pulitzer », se particularise aussi cette autre fois, par le salut adressé plus à une source, qu’à un auteur d’articles. Indirectement c’est à l’ancien employé de la NSA qu’il est personnellement adressé. D’ailleurs ce prix mettait, par le passé, plus au devant des individus, les journalistes.

En 2014, c’est sous une rubrique peu anodine "Service public" qu’un lanceur d’alertes est logiquement joint aux titres de presse qui ont exploité les données qu’il a fournies.

Edward Snowden a commenté, pour sa part, l’annonce du prix de cette année, en disant : « ... va dans le sens de tous ceux qui pensent que le public a un rôle dans le gouvernement... »

Les révélations sur le système de surveillance de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), ont servi de matières à nombreux titres et plumes de part le Monde et les langues. Ce qui les a rendues possibles, c’est le courage de celui qui a diffusés ces documents.

Les conditions dans et avec lesquelles les dossiers de la NSA ont été traités par la presse ne sont, encore à ce jour, pas faciles ou simples aux journalistes et aux entreprises de presse qui les emploient.

Les intimidations, y compris la destruction forcée de matériels journalistiques ou l’utilisation inappropriée des lois antiterroristes, comme nous l’avons rapporté sur POPULI-SCOOP, n’ont pas manqué.

Après que Snowden ait fuité des informations sur les méthodes de surveillance des Etats-Unis, pour lesquelles il a été inculpé d’espionnage et de vol de documents appartenant à l’Etat, un journalisme incontrôlé s’est mis à ouvrir des débats et des scandales.

Après le journalisme alternatif sur le Net auquel des perles de blogueurs ont librement conribué, Wikileaks, avant Snowden, avait aussi détruit le mythe de la traque antiterroriste des USA, en démontrant qu’il était entaché de bavures criminelles.

L’équilibre entre sécurité nationale et vie privée des sujets et des partenaires ? Telle est la question que se posent actuellement les Etats-Unis. Le prestigieux prix Pulitzer, qui existe depuis 1904 pour distinguer nombreux domaines s’est, avec le temps, fait la renommée d’être celui qui couronne chaque année un travail journalistique.

Mais il conserve encore d’attribuer des prix aux arts et aux lettres... Il reste dans la presse internationale comme celui le plus connu au sein de la corporation, malgré qu’il se réserve aux journalistes exerçant uniquement aux USA.

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