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Soudan : revendications sociales inséparables des droits démocratiques



8è jour de manifestations des plus pauvres d’un pays ruiné


lundi 30 septembre 2013
par Azouz Benhocine


Les plus pauvres du peuple soudanais entament leur 8è jour de manifestations, alors que dans le pays le plus décadent d’Afrique, à cause du régime islamiste, la répression se multiplie. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Omar El-Béchir, un réactionnaire inégalé de tous les islamistes sur Terre, en 1989, c’est la 1ère fois que de telles protestations se tiennent au Soudan. Elles sont menées par les pauvres, et auxquelles se joint la demande de démocratie !

Commençons par l’essentiel concernant les dirigeants du Soudan, avant de parler de cette vague de cette révolte sociale. Omar el-Béchir, le président est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide et crimes de guerre au Darfour. Isolé, il ne se déplace que secrètement et auprès des despotes impénitents et régimes du même genre.

Le régime islamo-réactionnaire fait face depuis deux ans à une rébellion armée dans les régions frontalières du Soudan du Sud. Aussi la recrudescence des violences au Darfour, essentiellement entre tribus arabes, démontrent l’incapacité des autorités à solutionner la moindre crise du pays. Qui terminent toutes, et sans exceptions, sur de cuisants échecs d’une gouvernance obscurantiste inqualifiable.

Depuis lundi passé, 22 septembre, pas moins de 35 personnes ont perdu la vie suite à la violente intervention des militaires et policiers. Ce bilan est reconnu par les autorités, alors que les associations des droits de l’homme prétendent que le nombre des décès dépasse la cinquantaine. Notons d’emblée que les femmes soudanaises sont très présentes dans ces contestations du régime, ayant des doléances sociales marquées.

Ces protestations sociales, ayant pour revendication principale le coût des produits de première nécessité. Elles sont dues à une austérité qui se rajoute à une paupérisation généralisée à toute la population. Et ce sont les plus pauvres qui les tiennent, face à un régime qui ne gène guère de réprimer de la manière la plus sauvage.

Le gouvernement garde un silence totalement inconcevable, face à la contestation d’une ampleur inédite. La faillite économique du pays qui n’a cessé de s’accentué depuis des décennies, a créé l’une des misères les plus insoutenables du continent africain. Alors essentiellement les classes défavorisées tentent de surmonter une situation sans perspectives.

Alors que depuis des années la gouvernance est allée au pire, le pays avait perdu des milliards de dollars de revenus pétroliers, avec la partition en juillet 2011 du Soudan du Sud. Une inflation galopante s’est depuis installée pour les plus pauvres, et le Soudan est frappé d’un totale incapacité de subvenir à ses importations.

Selon une dépêche de l’AFP, le mouvement actuel est très différent de celui de juin 2012. Ce dernier avait également vu de nombreuses manifestations sporadiques, menées par les étudiants et les militants de l’opposition pour une démocratisation qui s’est placé dans dans le sillage de ce qui est le « Printemps Arabe ».

Avec les habitants des bidonvilles, que sont les plus pauvres, qui ripostent à la dégradation des leur situation économique et sociale, l’opposition demande la démission du gouvernement et du chef de l’Etat.

Aussi Le Réseau des Journalistes Soudanais, une organisation non officielle, revendiquant quelques 500 membres, a annoncé que ses adhérents cessent de travailler en raison des tentatives du pouvoir de les empêcher de couvrir ces manifestations. « Nous voyons notre peuple être tué et nous ne pouvons ignorer cela » , a déclaré dans un communiqué ce groupe.

Ce point des rapports de la presse, le gouvernement maintient le black-out médiatique. Les autorités ont fermé les bureaux d’Al-Arabiya et de Sky News Arabiya à Khartoum. Comme il a saisi et empêché la parution de trois quotidiens soudanais.

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