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LE PROBLEME DU CHOMAGE : Mythe ou Réalité ?

mercredi 15 mai 2013
par drmohamedsellam


Le "chômage" n’est pas né de rien, il a des causes humaines, avant d’être économiques ou technologiques. Le chômage, c’est nous qui l’avons créé, par notre manque de compétence et de vouloir, par notre vanité de vouloir tout mettre sur le compte d’une dépression économique imaginaire, de dramatiser le problème en le situant dans le cadre des considérations politiques ineptes, alors que la solution est là, à la portée de notre esprit, sans que nous soyons contraints de mendier des secours et des crédits qui s’avéreront inutiles :il suffit simplement d’avoir de la volonté et de l’amour du travail, c’est là en effet que réside toute la solution au problème du chômage. Prof.Mohamed Sellam.

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Notre grand dossier, Par Touret, : MONDE DU TRAVAIL

Quelles sont les causes réelles du chômage ainsi que ses répercussions sociales ? Le problème du chômage est certes très complexe, en ce sens qu’il met en cause la destinée même de toute une nation. Le chômage est, si l’on peut dire, une résultante logique d’une mauvaise planification des affaires publiques, c’est aussi une vision erronée quant aux perspectives du futur. Il n’est pas du tout assujetti à ce phénomène des ressources naturelles dont bénéficient tel ou tel pays, car la présence de ces richesses abondantes n’est pas une condition évidente à la non-existence du chômage. Ce dernier peut surgir au sein même de la prospérité, puisqu’il demeure certain que ce problème pénible n’est absolument pas inhérent à l’absence des richesses du sous-sol, mais plutôt du manque de la faculté de pouvoir savoir exploiter judicieusement les potentialités humaines disponibles, de faire preuve d’une bonne initiative en vue d’une gestion adéquate et sûre des institutions étatiques ou privées et de promouvoir par la même l’essor de tous les appareils productifs de la nation.

Diviser le chômage en fonction de différentes crises périodiques, cela revient en effet à justifier son existence, alors qu’en réalité, le chômage n’est que l’œuvre de la volonté de l’homme, puisque l’on se rend compte de nos jours que ce phénomène relève de la nature des choses et qu’aucun pays, riche ou pauvre, n’en est épargné. Dire que le chômage bât chez nous tous les records du fait de la crise mondiale, c’est une conception purement fictive, car l’homme assume la plus grande responsabilité dans la propagation du chômage. Ainsi la cause principale de ce phénomène aberrant réside-t-elle en premier lieu dans la nature humaine, toute autre cause, quelle qu’elle soit, est considérée comme non-valide et imaginaire. Il n’y a pas de causes économiques et sociales qui puissent être prises en considération dans ce contexte, du fait que l’économique ainsi que le social se trouve en effet sous l’emprise exclusive de l’homme et c’est de lui seul que dépend tout le reste.

Ainsi, si la cause fondamentale du chômage est bien évidente et qu’elle n’est plus entourée de mystère, les conséquences n’en sont également pas moins claires et tangibles, en ce sens que le chômage est l’ennemi le plus cruel de la masse populaire, c’est la source principale des misères que subit notre société moderne.

Le travail est un bienfait, un bien être salutaire, tandis que le chômage demeure pour tout un épouvantail terrible. Une société réellement saine et profondément civilisée, devait éviter les contrecoups néfaste de ce fléau des temps modernes, puisque tout est question de prise de conscience et de bonne volonté de la part des dirigeants. Car leur mission se limite dans une telle situation à éduquer, sensibiliser, galvaniser les forces populaires, et enfin insuffler l’esprit d’un dynamisme créateur, en vue de canaliser toutes les énergies humaine vers des tâches productrices.

D’ailleurs le chômage en tant que tel existe-t-il vraiment ? J’ose récuser même la notion de chômage, car son existence demeure de toute évidence, relative, puisqu’il est dû en premier lieu à un état d’âme,à une certaine attitude spécifique, mais non pas commune, cependant loin de le désavouer totalement, le chômage, en tant que phénomène conjoncturel, existe en réalité, mais ce n’est pas avec l’ampleur qu’on imagine, au point d’en faire un problème de dimension nationale. Nos concitoyens ne sont pas encore sensibilisés à ce sujet, il leur faut une prise de conscience réelle, susceptible de les affranchir de cette mentalité selon laquelle le chômage est naturel et que pour en enrayer les effets négatifs, il importe d’investir des sommes considérables, aux fins de promouvoir l’essor de l’industrie et par suite élargir le marché de l’emploi. Il est possible de créer des usines, d’en assures même progressivement l’extension, d’accroître à volonté les secteurs productifs, de mettre sur pied de nouvelles sociétés d’envergure nationale, en vue, selon l’opinion commune, d’assurer la résorption de la main d’œuvre en chômage. Cette politique, si sincère soit-elle, ne contribue en aucun cas à la disparition définitive du chômage. Car selon toute vraisemblance, ce dernier n’est pas du tout inhérent à l’absence d’une infrastructure industrielle gigantesque, mais comme je l’ai déjà souligné à maintes reprises, à une conception erronée, une vision héréditaire mais fausse qui a déformé complètement la réalité des choses, puisqu’il s’est avéré qu’il est impossible de s’en défaire, étant sous le pouvoir d’une aliénation psychologique quasi perpétuelle.

Ainsi comment peut-on être chômeur ? Le chômage n’étant pas naturel, mais plutôt conjoncturel, en ce sens qu’il est éphémère et, comme on l’a laissé entendre, son existence est due exclusivement à la volonté humaine, il peut être aplani grâce à des mesures sociales adéquates logiques et authentiquement durables. Dès lors on peut être chômeur lorsqu’on se rebiffe contre le travail, lorsqu’on ne prend pas la moindre peine pour s’en affranchir, en faisant travailler notre cervelle, pour trouver une tâche à la mesure de nos aptitudes et de nos capacités. On peut également être chômeur lorsqu’on s’habitue en quelque sorte à l’inaction et à l’inertie, oubliant en cela ce qui fait la plénitude de la vie, à savoir être utile à la patrie en accomplissant le devoir qui nous incombe ici-bas et enfin on peut être chômeur lorsqu’on s’enlise dans le gouffre d’une paresse perpétuelle dont il n’est plus possible de se défaire. D’où il devient logique dans ce cas de traiter le chômeur d’un parasite social, parce que dépourvu qu’il est de tout jugement valable, inapte à avoir la moindre initiative pour sortir de son état, habitué à végéter dans la farniente la plus totale, il s’épuise en de lugubres doléances, consacrent tout son temps à geindre et à gémir sous le poids des besoins qui l’accable. C’est là le type du chômeur des temps actuels. Il n’arrive pas à s’adapter à la vie active, tout le répugne et le révolte, exposant sans vergogne sa misère aux pouvoirs publics, qui, pourtant, déploient des efforts louables pour secourir matériellement et moralement ces jeunes dont les exigences ne cessent de s’accroître au fil des ans. Ces jeunes qui aspirent à avoir tout sans le moindre effort et qui, vivant dans la mollesse, dépourvus de savoir et de volonté, s’abîment dans des rêves qu’ils entretiennent voluptueusement tout en étant endormis. Pire encore, ils osent revendiquer inlassablement leurs droits, en ignorant totalement leurs devoirs, et c’est là encore que réside une des causes réelles du chômage, car cette catégorie de jeunes, étant accoutumés à recevoir sans rien donner en contrepartie, entendent encore arracher, fût ce au détriment des intérêts nationaux, des crédits et des emplois, comme si les contribuables devraient les investir sans relâche de soin et de sollicitude jusqu’à leur vieillesse.

A mon avis, être chômeur, c’est ne pas se plier aux lois du travail

Dignité, c’est accepter, de son propre gré, de vivre dans un abîme clos sans faire la moindre tentative pour s’en sortir. Car on peut être utile à tout moment, en s’adonnant à des actions profitables, voire lucratives, en travaillant dans n’importe quel secteur, puisque le monde est vaste où chacun de nous a besoin de l’autre. Et soyez-en convaincu, le travail n’y manque pas, pourvu qu’on se donne la peine de le chercher ou mieux encore de le créer.

D’autre part, peut-on affirmer que les perspectives d’embauche sont obstruées ? Peut-on encore déduire que le chômage est dû à l’absence de crédits suffisants susceptibles au moins d’en atténuer les conséquences négatives ? Il ne semble pas évident que l’Etat, étant doté de ressources extrêmement modeste, puisse tout mettre en œuvre pour éliminer, à lui seul, le spectre du chômage. Mais il est possible néanmoins de mettre sur pied une politique adéquate en vue de l’expansion des activités humaines et par là de favoriser la création des emplois stables, ce qui amortira en quelque sorte à moyenne échéance l’aggravation de la montée du chômage. Cette initiative étatique peut s’inscrire à juste titre dans le cadre d’une politique à grande dimension, tendant à développer et à intensifier les progrès de l’économie du pays. Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il est du devoir de l’Etat de subventionner des secteurs dans le seul but de créer des emplois, mais dans l’unique dessein de répondre à l’évolution naturelle de la vie économique du pays, car, dans un régime libéral, il appartient à tout citoyen, de quelque couche sociale qu’il soit, d’assumer une tâche, de travailler et de produire, afin qu’il puisse vivre et contribuer dans la mesure du possible à créer les biens matériels dont il a besoin. Il nous incombe à tous d’être en état de produire, grâce à nos positions sociales respectives, d’être à même de stimuler la prospérité sociale et d’instaurer le règne de la joie de vivre, autrement tout l’espoir d’une nation qui aspire toujours au bonheur s’effondrait sous le poids d’une misère chronique. Se plaindre d’être chômeur, dire que les débouchés font cruellement défaut, et que toutes les portes sont hermétiquement closes devant votre avenir, réclamer à tout moment de l’aide pour prétendre vous affirmer et avoir une place au soleil, tout cela relève en toute évidence d’une absence de détermination et d’initiative. Votre avenir dépend de vous seul et ne dépend en aucun cas de la collectivité nationale qui a tout fait pour vous former et vous instruire, et faire naître en vous la conscience de votre être et de vos possibilités manuelles et intellectuelles, c’est à vous désormais de faire en sorte qu’une place vous soit destinée dans ce branle-bas social, dans les méandres inextricables de la vie, dans les rouages immenses de cette société qui a cependant besoin de votre contribution pour en assurer le progrès et le bien-être général.

Alors pourquoi donc se lamenter inutilement, puisqu’il suffit d’être nanti d’une bonne volonté pour pouvoir s’affirmer et faire preuve de vos dons personnels et conquérir la position sociale que l’on désire.

Pourquoi donc cette paresse, cette passivité étrange, cette inaction absurde dans laquelle on se plait à se réfugier sans le moindre remords ? Pourquoi se plaint-on hypocritement de ne pouvoir rien faire ? Pourquoi cette attitude pour le moins inconcevable ? Les idées nous font-elles alors défaut ? L’initiative privée est-elle réduite à néant ?

Dans notre monde actuel, tout est à refaire, tout reste à faire. Le domaine des inventions géniales n’est pas encore épuisé, et toutes les inventions qu’on a pu faire jusqu’alors ne constituent en réalité qu’une parcelle minime de ce qui reste encore à inventer et à innover. On arrive à tout par le travail, rien que par le travail, seul producteur de richesses et de progrès sous toutes ses formes. Tous les désirs du tunisien tendent en premier lieu à améliorer sa situation matérielle, il y consacre toute sa vie, rien que pour réaliser cet objectif vital, il est très débrouillard, creuse à fond la cervelle, pour chercher un expédient ingénieux susceptible de lui permettre de gagner davantage et de thésauriser pour ses vieux jours.

Mais par contre, à quelque exception près, en matière d’idées il est encore au stade de l’enfance. C’est pour cela que le "chômage" sévit dans notre société, parce que nous manquons d’idées, nous manquons cette persévérance, cette détermination, cette vision infaillible, cette intelligence authentique qui a fait la grandeur et le prestige des autres nations.

L’initiative est un droit imparti à tout le monde, mais il convient d’y penser plus sérieusement et de prouver que l’on n’est pas moins capable de réaliser des miracles que les peuples avancés. Aucun progrès ne s’accomplit sans ce facteur fondamental qui est, en l’occurrence, l’initiative privée. C’est le pilier principal du développement et de l’expansion de la société.

Il importe donc que les tunisiens s’attellent à la tâche et qu’ils montrent leur puissance de travail et d’initiative. Cela ne peut se faire d’ailleurs qu’en changeant de mentalité et que, au lieu de rêver à des chimères, on s’adonne avec détermination au travail et d’ouvrir pourquoi pas de nouveaux horizons dans ce vaste univers grâce aux idées qu’il nous appartient désormais de réaliser. Car vivre dans une société paternaliste déboucherait inévitablement à la décadence et à la famine. Oui le paternalisme à outrance est en soi une grave erreur, c’est une invitation à la paresse et au parasitisme social, c’est en un mot un encouragement au laxisme immodéré et à la perte de confiance en soi. Par contre on peut se rendre utile en ne comptant que sur soi, sans attendre que l’on nous tende la main pour nous octroyer des subventions qui ne serviraient d’ailleurs à rien, si l’on manquait de courage et de volonté. Le chômage n’est pas à mon sens provoqué par cette prétendue récession économique mondiale, il est au contraire dû à une véritable dépréciation du sens du travail, à des facteurs de mauvaise exploitation des ressources disponibles et enfin à une absence totale d’esprit de créativité.

Ainsi, comme on a pu le constater, le "chômage" n’est pas né de rien, il a des causes humaines, avant d’être économiques ou technologiques. Le chômage, c’est nous qui l’avons créé, par notre manque de compétence et de vouloir, par notre vanité de vouloir tout mettre sur le compte d’une dépression économique imaginaire, de dramatiser le problème en le situant dans le cadre des considérations politiques ineptes, alors que la solution est là, à la portée de notre esprit, sans que nous soyons contraints de mendier des secours et des crédits qui s’avéreront inutiles :il suffit simplement d’avoir de la volonté et de l’amour du travail, c’est là en effet que réside toute la solution au problème du chômage.

Prof.Mohamed Sellam. - msellam83@yahoo.com

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