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Algérie : les PME, rackets et réformes sans noms



L’inquiétude des entrepreneurs algériens devant la continuité des opacités et de la règle 49/51 %


dimanche 16 septembre 2012
par Azouz Benhocine


Quand les petits entrepreneurs algériens ont vu le marché du pays inondé, pendant la fin des années 90, de produits importés par les péculateurs selon les directives qui chantaient le libéralisme, ils avaient ressenti une trahison des richesses locales. Puis avec les programmes de construction, des années 2000, financés de la faste manne pétrolière, ils se sont trouvés amoindris et désarmés. Les contrats sont raflés, sous leurs nez, par les entreprises étrangères notamment chinoises.

Longtemps brimés par un socialisme débridé, et forcés à se faire gruger par la corruption qui se plaçait en intermédiaire, souvent par le chantage, les PME algériennes sont actuellement dans un désarroi inégalé, une situation inconnue et inégalée depuis même l’indépendance du pays.

De nouvelles politiques ont été mises en branle depuis le début de l’année 2012, et elles viennent encore d’être confirmées pour être renforcées avec le gouvernement conduit par Abdelmalek Sellal qui annonce pour sa part la continuité…

Rédha Hamiani, le représentant du patronat algérien (FCE : Forum des Chef d’Entreprises), qui fut ministre au temps des seules grandes réformes qu’a connue l’Algérie sous la houlette d’un certain Mouloud Hamrouche, a été reçu avec une délégation le 12 septembre, par le ministre de l’industrie Chérif Rahmani.

L’inquiétude n’a cessé de grandir ces dernières années et avec l’apparition de nouvelles orientations, resserrant davantage l’étau sur tout épanouissement économique envers les initiatives des entrepreneurs locaux, l’incertitude est quasi dangereuse...

Livrés pendant des décennies à des prédateurs de la corruption bureaucratique, les entrepreneurs algériens ont été astreints par le passé de se munir protecteurs, payés par des ristournes prises de leurs plus-values, afin de continuer d’exister seulement et sans la perspective d’expansion. Les nouvelles directives apparues ces derniers mois, et l’occasion d’un nouveau gouvernement, a permis à leur représentation de vouloir déterminer l’avenir de l’entreprise privée algérienne.

« Quel est le programme économique du gouvernement ? » : telle est la question essentielle que se pose les patrons algériens. D’ailleurs avec toutes les forces vives du pays, les réformes que Bouteflika et ses « TechnoKhrates » sèment une angoisse généralisée n’épargnant aucun cadre apte à la perception de leurs contenus et de leurs objectifs.

La situation qui ne fait que se renforcer est outre l’absence de visibilité sur le programme économique du gouvernement, la conduite de dépendance des hydrocarbures, reste totale. Le président du FCE a fait part au nouveau ministre des difficultés, comme si elles ont été renforcées depuis le second mandat de l’actuel président, d’accès aux financements bancaires.

Sur la question du foncier industriel, l’entretien de l’informel est une responsabilité que les gouvernements entretiennent toujours. De même que l’obligation de payer les importations par lettre de crédit uniquement, favorisent largement les cercles rentiers. Ceux qui gravitent, en vue de corruption, autour du pouvoir et les milieux politiques liés aux partis dominants FLN-RND. Et dont le dernier des acteurs économiques sait les allégeances qui se tissent par ces seules voies.

M. Hamiani a également réitéré la demande du FCE qui est restée, depuis des années, confrontée à l’autisme des décideurs, jouant la connivence et le dédommagement des rentiers. Celle de la loi dite 49/51 introduite en 2009 et qui oblige les intérêts algériens à prendre la majorité dans tous les projets d’investissements impliquant des étrangers. Une rumeur a circulé lors de la loi de finance 2012 de son abrogation, mais hélas ! La pression de la prédation mafieuse a main-forte dans la politique économique algérienne.

Les investissements directs étrangers soumis à la scélérate loi dite de « 49/51% » est figée, voire une constante parmi celles qui sclérosent l’émergence économique du pays. Généralisée à n’importe quoi et à quiconque, son application peut être justifiée uniquement aux secteurs stratégiques où l’Etat est partenaire.

Mais dans son état actuel, cette règle, relevant de la féodalité moyen-orientale, fait fuir les investisseurs étrangers. Ces derniers qui boudent le pays, car c’est un racket fait étrangers dont le patronat algérien ne peut tirer bénéfice, sans en approcher de nouveaux partenaires qui ouvrent horizons. Notamment pour penser l ’exportation...