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Boutef-Break, 3ème saison en vue... A voir ?

Président-Break



En attendant la 5ème saison de Prison-Break, l’Algérie opte-t-elle à 3ème mandat pour Bouteflika.


lundi 10 décembre 2007
par H.labib


Comparer les ambitions du président algérien Bouteflika à Prison Break, la série américaine à grand succès, c’est soulever de vraies similitudes. Les ambitons de la jeunesse algérienne n’existent pas dans leur propre pays. Si ! Une "L’harga"... Partir vers des horizons et des cieux où l’espoir, même s’il flanche, il est decevant que dans leur patrie qui ne finît pas avec un régime ancien qui rameuté un président du même système et origine.

La série américaine prison break diffusée sur M6 fait fureur chez nous en Algérie, comme partout dans le monde. Et bien ce succès a des fans même auprès de la haute classe politique algérienne, notamment le président de la république qui est très influencé par cette série. Voyons cela de plus près.

Prison break, pour ceux qui ne connaissent pas, est l’histoire pleine de rebondissements d’un jeune architecte américain, qui commet un crime afin d’être emprisonné dans la même prison que son grand frère condamné à tord à la peine de mort. Et qui va tout faire pour organiser leur évasion avant la date de l’exécution de Lincoln le grand frère. Pour cela il s’est préalablement fait tatouer le plan de la prison sur le corps.

Là nous allons voir l’influence de la série sur notre président break à nous qui a du apparemment dû se faire tatouer certaines dates comme le 1er novembre. Des dates fixées à plusieurs centaines voir des milliers de détenus de sortir de prison. Ces derniers qui commettent des crimes non pas pour sauver des frères ou quoi ce soit, mais plutôt pour fuir la réalité de la société algérienne qui n’arrive plus à manger correctement à cause de la pomme de terre qui, elle aussi, essaye de jouer aux stars et de faire parler d’elle. Et elle n’est pas seule, le lait, la semoule ainsi que le logement et les factures d’électricité qui deviennent des charges beaucoup trop lourdes à supporter, médicaments….

Du coup, certains citoyens préfèrent prendre refuge dans les restos du cœurs de l’Algérie et qui sont ces institutions carcérales où on mange bien, où on est bien au chaud en hiver, climatisé en été, où on n’a rien à faire, on dort bien, et en plus c’est gratuit. Ces personnes là, la grâce présidentielle ne les arrangent pas tellement.

Et ce n’est pas que la série qui influence notre président, même la BO de la série de FAF la rage. Il paraît qu’il la chantonne toute la journée. Surtout quand on lui dit : « monsieur le président il y a la grève des enseignants de la fac à cause de la revalorisation de la grille des salaires qui ne leur plait pas, et puis aussi avec la pomme de terre ça ne s’arrange pas parait-il, et que les personnes à qui on a pardonné avec la réconciliation nationale se font exploser dans la rue au nom de Al-quaïda, on y comprend rien monsieur le président… » Et là, notre Boutef leur sort la chanson qui tue : « J’ai pas le temps !! Mon esprit… est ailleurs !! »

Bien sûr qu’il a l’esprit ailleurs. Au lieu de s’occuper des problèmes sérieux qui rongent son peuple, il s’intéresse à l’architecture tout comme son idole Michael Scofield, le héros de la série, il veut surtout construire une mosquée, une grande mosquée. Et après avoir bien étudié les dix sept maquettes des bureaux d’études qui ont soumissionné, il a exprimé son mécontentement. Mais malgré son insatisfaction, il va quand même primer les cinq meilleurs. C’est normal l’Algérie a de l’argent à gogo, 100 milliards de dollars de réserve de change, ce n’est pas rien.

Pour prison break on parle de la troisième saison. Du coup on s’est mis à parler de troisième mandat pour Boutef. Nous, les téléspectateurs, en ce qui concerne la série et la vie de tous les jours, nous avons tout vu. Aussi bien les deux saisons de la série et deux mandats de Boutef. Dans la première il s’est passé plein de choses, des rebondissements et plein de suspens.

Dans la deuxième par contre pas grand-chose, à part la recrudescence du népotisme, plus présent que jamais, les pots-de-vin, décadence des systèmes de l’éducation et universitaire, de l’agriculture… Mais les plus deshérités sont les jeunes. La jeunesse n’a plus confiance en l’Etat et c’est bien grave. Si bien que la définition du mot ambition a changé chez nous. Maintenant c’est devenu synonyme d’immigration. Et les Harraga ne sont que des ambitieux en pleine crise aiguë de désespoir.

Si on sait qu’il y aura cinq saisons de Prison break, pour Bouteflika cinq mandats ça ne semble pas réaliste, mais de ce qui est du troisième ? À suivre, prochainement dans la troisième saison de Président break, s’il y en aura une !

H.labib