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Jimmy Carter, retour au Proche-Orient d’un émissaire qui anticipa.

jeudi 18 juin 2009
par jaco


« Mon premier sentiment est aujourd’hui le chagrin, le désespoir et aussi de la colère quand je vois les destructions perpétrés contre des innocents… / … Le fait de priver 1,5 million d’êtres humains de ce qui est nécessaire à la vie — jamais dans l’histoire une communauté grande comme celle-ci a harcelée par les bombes et les missiles, puis s’est vue refuser les moyens de se rétablir par elle-même » Tels sont quelques propos de l’ancien président américain Jimmy Carter, en visite en cette mi-juin dans la région abritant un conflit qui a trop duré et qui cause à l’humanité bien des déboires d’insécurité.

Prenant parole ce mardi 16 juin à Gaza, Jimmy Carter.

Le dernier discours de Benjamin Netenyahu laisse perplexe le monde qui s’intéresse à une solution définitive. Il préconise en gros et seulement, sans une moindre allusion à la paix dans la région, « pas de négociations à propos de Jérusalem comme capitale. Pas d’accueil de réfugiés. Pas de pauses dans l’expansion des colonies ». Et exige que les palestiniens reconnaissent qu’Israël est un Etat juif, pour cela une loi va être promulguée. Mais le monde évolue autrement. L’abolition de cette entreprise colonialiste est devenue une nécessité pour même la sécurité des juifs qui la soutiennent où qu’ils peuvent être, des israéliens ou autres populations qui habitent Israël et pour le reste du monde qui entretient une criarde injustice à l’égard des palestiniens. L’analyse, après coup et le temps qui a permis de bien le comprendre, du discours a donné le tournis aux israéliens qui ont assimilé maintenant sa signification.

Préparant sa visite de juin 2009 au Proche-Orient, lors d’une conférence

Jamais une personnalité occidentale ne s’est autant impliquée, dans la quête d’une paix définitive au conflit dit israélo-palestinien que l’ex. Président démocrate des USA Jimmy Carter. Bien avant tous les gens des droits de l’humanitaire qui se réveillés lors des crimes contre la population de Gaza de décembre 2008 et Janvier 2009, il a dénoncé « Crime contre les droits de l’homme à Gaza » dans une tribune qui reste historique tant elle concerne cette zone ghetto livrée aux sbires de Tsahal. Il aussi l’auteur d’un livre qui a été censuré aux USA et l’est encore largement en Europe : « Palestine : La paix pas l’apartheid »

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Il est revenu à la région avec la fin de la seconde semaine du mois de juin 2009, comme un ange dans le désordre et le chaos. Ses déclarations restent dans leur teneur « Mon premier sentiment est aujourd’hui le chagrin, le désespoir et aussi de la colère quand je vois les destructions perpétrés contre des innocents… / … Le fait de priver 1,5 million d’êtres humains de ce qui est nécessaire à la vie — jamais dans l’histoire une communauté grande comme celle-ci a harcelée par les bombes et les missiles, puis s’est vue refuser les moyens de se rétablir par elle-même »

Jimmy Carter dessine l’occupation

Et fait un court discours à Gaza

La presse dans le monde reste dans les anciennes positions de black-out quant à la situation de Gaza encore sous blocus aussi bien côté israélien qu’égyptien. Les tentatives de rentrer dans cette zone sont refusés à carrément tous militants de la cause palestinienne quelque soi leurs origines ou statut. Empêcher la transparence des souffrances des palestiniens existait depuis toujours. Elle a été érigée en loi du silence pour les tueries se commettent dans l’impunité. Dernier en date pour, le Mouvement International « Pour Ouvrir la Frontière de Rafah : IMORB » est dans son quatrième jour, le 15 juin, de sont sit-in à la Porte de Rafah et 3 membres entament une grève de la faim.

Manifestation pour la levée du blocus

L’équipe de l’ONU, même les instances internationales, chargée de l’enquête sur les allégations de crimes de guerre commis par Israël ou par le Hamas au cours de l’opération « Plomb durci » est arrivée à Gaza le 1er juin. Israël a refusé les visas d’entrée à l’équipe responsable de l’enquête dirigée par Richard Goldstone, ce qui a forcé celle-ci à entrer dans Gaza par la frontière égyptienne.

Dans une lettre ouverte publiée dans le journal Haaretz le 17 janvier 2009, Gideon Levy, un critique inlassable des activités militaires d’Israël, rappelait que la bande de Gaza ne fut jamais « libérée ». Puisque le blocus militaire et économique du territoire a empêché tout développement de ce territoire. En outre, il est absurde, dit Levy, de condamner le Hamas pour une politique de boucliers humains lorsqu’une guerre est conduite dans un territoire aussi densément peuplé que celui de la bande de Gaza. Levy conclut sa lettre en affirmant qu’il restera toujours à l’écoute du peuple palestinien et qu’il fait ainsi son devoir à l’égard d’Israël. Par son exemple, Levy œuvre contre l’orientalisme et la déformation idéologique du conflit actuel. En cela, il est le digne hériter d’Edward Saïd.

Carter provoque la polémique lors de sa visite encore en cours au Proche-Orient. Il a rencontré jeudi à Damas le premier dirigeant du Hamas, Khalid Mash’al, puis il s’est réuni avec des colons israéliens le dimanche. Après sa réunion à Damas avec le président syrien Bashar Al-Assad, Carter estime, comme il l’a déjà fait, que le Hamas, au même titre que le Fatah, doit être impliqué si on voit une paix durable dans la région.

Le vendredi, Carter s’est entretenu avec Noam Shalit, le père du soldat israélien Gilad Shalit, retenu en captivité depuis 2006 par des combattants de la résistance palestinienne dans la bande de Gaza. Noam Shalit a transmis une lettre pour son fils, dans l’espoir que Carter la remette au Hamas dans la bande de Gaza. Carter a prévu de le faire lors d’une de ses réunions avec les responsables du mouvement Hamas.

Pour le cas du caporal israélien, Mahmoud Az-Zahhar, un des principaux dirigeants du mouvement Hamas, a déclaré dans une interview à Radio Israël que son organisation allait étudier la possibilité de communiquer cette lettre à Shalit. Il a ajouté que si Israël était intéressé à résoudre la question de Shalit, il fallait alors libérer les prisonniers palestiniens et en particulier ceux réclamés par le Hamas. Expliquant qu’Israël était moins intéressé par un échange de prisonniers que par connaître le lieu où était Shalit afin de le libérer par une incursion militaire.

Az-Zahhar a également critiqué le récent discours du premier ministre israélien Benjamin Netenyahu, en disant : « Il met en avant des conditions tout à fait inacceptables, comme l’abandon de Jérusalem et l’abandon du droit au retour ».