POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Hassi-Messaoud : de vulnérables travailleuses proies de violeurs



Encore une agression de femmes isolées, dans une Algérie livrée à l’insécurité


dimanche 11 septembre 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


Originaires de plusieurs villes d’Algérie, leurs modestes maisons ont été complètement détruites, lors d’une agression qui a duré plus de deux jours dans bidonville situé dans la périphérie d’Hassi-Messaoud, au début du mois de septembre 2016. Plusieurs femmes travailleuses dans des activités salariales, ont été dépouillées de leurs économies par des voyous qui l’ont assaillies, parce qu’elle se sont défendues de violeurs. Parmi nombreuses autres, elles préparaient la rentrée de leurs enfants. Leurs maisons détruites, et les cartables avec leurs affaires scolaires ainsi que leurs humbles abris, ont été brûlés...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Dans la ville Hassi-Messaoud en Algérie, une femme dans la grande précarité et habitant un bidonville, reçoit un homme venu la violer. En se défendant, elle le poignarde, sinon que pourrai-t-elle bien faire, face à un homme complètement ivre et décidé à l’agresser sexuellement ? Par le passé, à l’identique, des violences déroulées 15 années plutôt, en 2001, c’était dans le climat d’insécurité un massacre islamiste.


- Femme algérienne : protégée du harcèlement sexuel et de l’agression physique 4 février 2016


- Livre “Les Arabes, les femmes, la liberté”, de Sophie Bessis 10 janvier 2010

L’atroce fait s’est déroulé jeudi 1er septembre. Des femmes isolées, livrées à une vulnérabilité sociale et habitant un bidonville, ont été agressées durant 2 jours de suite, du jeudi à Samedi, par une foule déchaînée. Un groupe de jeunes hommes s’est attaqué à toutes les femmes qui vivaient dans le bidonville accolé au cimetière appelé el-Haïcha, de cette localité pétrolière relevant la wilaya d’Ouargla.

La réaction des services de sécurité, pour protéger ces citoyennes accompagnées d’enfants et démunies, n’a pas tellement montré de réactivité, du fait que leur agression a été un long calvaire. Le lynchage a trop duré et les refuges de fortune qui les abritaient ont été incendiés. Finalement le lendemain, les autorités ont rasé le bidonville.


- Femmes Algériennes, thèse au combat de la citoyenneté 6 juin 2012
- FEMMES ARABES FACE A LA DÉRIVE ISLAMISTE DE LA REVOLUTION 22 mars 2012

La pauvreté en Algérie est de loin l’injustice qui engendre des impunités des criminalités diverses, où souvent les femmes sont persécutées sous prétexte qu’elles s’adonnent à la prostitution. C’est aussi, comme en 2001, le même argument de la horde qui a initié cette descente punitive contre des personnes sans défenses…

Les responsables locaux ont placé les femmes concernées, dont celle qui a réagi en se défendant est mère de deux enfants de 6 et 10 ans, à l’abri en les hébergeant temporairement auprès de l’auberge de jeunesse de Hassi Messaoud. De son côté le président de l’APC, MR. BENSACI, se contente de commenter qu’elles ont tué un jeune.


- L’Algérie très en bas pour la population active féminine 22 juillet 2016
- L’égalité des sexes : une question démocratique 3 janvier 2010

Pour mémoire, plusieurs attaques particulièrement violentes sur des femmes résidant dans la ville la Hassi Messaoud, ont été faites pendant le mois de juillet 2001. Un long procès en a découlé, dont l’épilogue s’est clôturé avec une procédure en appel en janvier 2005. Avant les événements, plusieurs femmes avaient fait l’objet d’insultes. Et sans retenue elles étaient fréquemment agressées. Lors de la prière du vendredi 13 juillet 2001, l’imam connu comme intégriste, s’en prend à la présence de ces femmes.

A cause de la ressource énergétique, l’emploi ne manquait pas, mais le logement faisait défaut, d’où la création d’habitats précaires. Alors qu’explosait le terrorisme au nord d’Algérie, une sécurité relative était au sud. Nombreuses femmes ont émigré à Hassi Messaoud afin d’y assurer des tâches d’entretien, de secrétariat ou de restauration dans les compagnies pétrolières.


- Afghanistan : une martyre que les religieux ont faussement accusée 24 mars 2015

Nombreuses travaillaient mais vivaient seules dans cette région très traditionnelle. Elles étaient souvent accusées par les prêcheurs islamistes, d’avoir un « double-emploi », travaillant en entreprise le jour et se prostituaient le soir. En même temps elles étaient accusées, selon les prêcheurs religieux, d’être la cause chômage masculin. Au procès, un certain Amar Taleb, imam militant de l’ex-FIS fut arrêté. Il a été jugé avec 40 hommes du même acabit politique et religieux...

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

Nous organisons des sondages et enquêtes. Vous êtes invité à vous inscrire à nos panels. Merci si vous participez.

Répondre à cet article