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Ansar Ech-Charia, l’hydre hideuse s’acharne en Tunisie

Pour Ennahdha, le 1er flic du pays visé par une lâche attaque de son domicile

samedi 31 mai 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


Ansar Ech-Charia, le groupe terroriste dont la présence est plus manifeste en Libye, après les opérations Minusma au Mali, vient de frapper en Tunisie. Depuis le départ des islamistes d’Ennahdha du pouvoir, suite à leur incapacité de gérer convenablement les affaires du pays qui a pour première conséquence la stabilité et la quiétude, la Tunisie a renoué avec une relative accalmie des violences que signaient, depuis la chute de Ben Ali, « Salafistes » et autres islamistes de tendance criminelle.

Voir en ligne : Notre dossier : Tunisie et transition démocratique

L’assaut donné sur la demeure familiale du ministre de l’intérieur tunisien, dans la nuit du 27 au 28 mai, par cette faction d’islamistes armés, se revendiquant ouvertement d’Al-Qaïda, recherche d’avorter le processus de transition dans ce pays. C’est aussi un signe, en s’attaquant au 1ère policier du pays, qui est une tentative avérée de semer l’insécurité en Tunisie. Et en multipliant les opérations dans la région du Sahel et du Maghreb, ce groupuscule est désigné être derrière l’expansion de l’islamo-terrorisme sévissant dans cette région d’Afrique du Nord.

Classée par les Etats-Unis, parmi les organisations terroristes, depuis janvier dernier, Ansar-Ech-Charia a vu le jour depuis 2011, avec la fronde insurrectionnelle du « Printemps Arabe ». Ses attaques sont plus fréquentes, devançant même AQMI qui, cette dernière, a été souvent qualifiée comme une succursale de divers trafics et préoccupée du business des otages occidentaux.

Les deux groupuscules ont collaboré dans l’attaque, sur le sol algérien, du site des gisements gaziers de Tiguentourine en janvier 2013. Quatre policiers ont été tués et deux blessés, dans cette frappe du domicile du ministre tunisien Mr Lotfi Ben Jeddou. Une maison située à Kasseraine, dans le centre-ouest du pays. Une dizaine d’hommes encagoulés, sont arrivés en pick-up, selon des témoins, et ont tiré à la kalachnikov sur la propriété en criant « Allah Akbar » (Dieu est grand).

Kasserine se situe au pied du mont Chaambi, à la frontière algérienne, où, depuis décembre 2012, l’armée tente en vain de neutraliser un groupe lié à al-Qaida. Le ministre n’était pas à la maison au moment de l’attaque, selon le porte-parole du ministère Mohammed Ali Laroui, puisque il officie dans la capitale. Plus d’une vingtaine de membres des forces de l’ordre ont été tués dans des opérations à l’ouest du pays, vendredi 23 mai, parmi eux deux soldats ont été sautés par des mines antipersonnel.

Aucun groupe n’a immédiatement revendiqué la responsabilité de cet attentat, cependant le groupe islamiste extrémiste Ansar al Charia est tout désigné pour l’avoir commis, selon les autorités tunisiennes qui ont eu nombreux succès contre le terrorisme et pris nombreuses décisions, notamment de justice, pour réduire l’emprise des fanatiques sur les comportements de la population.

Des signes apparus dernièrement annoncent le retour gradué des touristes dans le pays. Aussi la perspective d’élections à la fin de l’année, pousse, elle-aussi, au dépassement de la transition chaotique qu’Ennahdha a produit. Mais maintenir fermé le couvercle de la contestation, n’étant pas acquis puisque la crise économique reste à surmonter.

Dans ce climat, Ennahdha ne montre pas qu’elle maîtrise son aile radicale. Outre, en gardant un mutisme sur les faits de nettoyage des violences liées à leur obédience, ce parti islamiste présume faire entendre que le pourrissement est plus risqué qu’auparavant.

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