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Présidentielles algériennes : en attendant Bouteflika !



L’inévitable échéance pour un pays bloqué dans l’inertie.


dimanche 2 février 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le perroquet du sérail de la corruption, de la médiocrité et des exclusions a perdu la voix. Bouteflika n’a pas parlé au peuple depuis MAI 2012, si on s’imagine qu’un candidat trop malade volera (ou fera) encore un 4ème mandat... Quand il parlait Bouteflika, il avait le langage de la démagogie qu’il a hérité d’une lignée idéologique, qui l’invite à demeurer président...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie et présidentielles

C’est que, ce faux FLN et le folklore des partis qui rêvent comme des requins, n’ont pas de morale, sous leur semelle est leur rigueur. Quant au bilan de celui qu’ils supplient de rester candidat, il y a des scandales avérés de rente détournée...

Même avec un état de santé vachement amoché, le président Bouteflika a été convié à briguer un 4ème mandat. Le parti FLN qui usurpe le sigle-symbole de la mémoire libératrice, n’a cessé de faire pression pour imposer la prolongation à un pouvoir qui, depuis l’indépendance, n’a pu être que despotique et corrompu.

Avec l’ancien parti unique, le folklore des autres partis, n’existant que sur le papier, y convient à rendre infructueuse l’expérience démocratique algérienne entamée un certain octobre 88.

32 moratoires partisans font allégeance, depuis l’est du pays (Souk-Ahras) selon les dépêches conjointes de l’APS et de l’AFP, au rusé diplomate. Afin qu’il poursuive le règne de la médiocrité et de la corruption, ces proclamations sont paradoxales.

D’une part, le printemps arabe et l’islam politique présentent des risques plus aggravés. D’autre part, s’il continue d’être à la tête du pays, un signe probant de l’inertie de la société et de ses acteurs politiques. La stabilité bienfaisante comme argument et une autre exécrable continuité d’un héritage larvé de clanisme rétrograde.

Les menaces que l’armée gère selon les lois, s’alimentent de l’inertie !

Au fur et à mesure que le 17 avril, le jour des élections, se rapproche, l’excitation politique prend de l’envergure en Algérie. Par moins de 85 personnes ont retiré, au 31 janvier 2014, des dossiers de candidatures pour ces présidentielles.

Avec un tel flux de prétendants préliminaires, les ambitions ne manquent pas. On y trouve des caciques, des jeunes anonymes, des émigrants, des anciens officiers de l’armée, des chefs de partis et même des routards rompus à la gouvernance qu’ils ont partagée par le passé.

Bouteflika fait unanimité pour le maintien du sérail. C’est-à-dire, la poursuite de la chose qui se traduit par l’écartement des sinuosités hasardeuses. Les soutiens qui l’interpellent le qualifient aussi et surtout comme le garant de la stabilité. Les menaces sont toujours là, en effet !

Ces sollicitations ont l’insoutenable indécence d’être adressées, d’abord à quelqu’un qui feigne à ne guère leurs répliquer : ni par l’aval ni le retrait. Le silence de Bouteflika aura duré presque deux années, au moment du prochain vote, il n’a pas parlé aux algériens depuis mai 2012. L’atmosphère qu’il est indisposé est assez prenante, puisque il n’en fait aucun écho.

En outre les clameurs qui le recommandent, négligent la population et ses ultimes et décisifs choix. L’esprit d’un vote sans surprise s’il revient est aussi un blocage ! Ces appels s’inscrivent aussi maladroitement en dehors des aspirations de changement.

Ces dernières sont aléatoires, tant que le « fascisme islamiste » est prêt le premier à se substituer au népotisme généralisé. Ce dernier fait l’offre, faute de meilleur projet, de se perpétuer.

Bouteflika n’a pas retiré de dossier comme 85 cas. Il méprise la meute qui aboie. Mais n’a pas montré, par la parole, son projet...

Les exhortations formulées à l’emporte-pièce, pour que Bouteflika fasse encore un 4ème mandat même en étant physiquement impotent, résonnent tel un accaparement du pouvoir. Le parti FLN dit même n’avoir que ce seul candidat, ce qui sauvegarde son emprise qui écarte l’alternance.

Et la nébuleuse des petits partis n’évoque aucun critère ou principe les mettant, politiquement ou idéologiquement, alliés au raïs, elle reflète un opportunisme « aplat-ventriste » !

Le populisme en Algérie est trop implanté, les politiciens de terrain ont pour représentants les 85 candidats, maintenant temporaires. Ils auront difficulté à accomplir les formalités qui sont : 60 000 signatures dans 25 des 48 wilayas (préfectures) et pas moins de 1 500 signatures pour chacune.

Piégé dans les séquelles de l’AVC (attaque vasculaire cérébrale) depuis avril 2013, Bouteflika n’a pas parlé aux algériens depuis mai 2012. Et précipité à la sortie par l’échéance d’une élection autour de son poste, le président algérien a jusqu’à la mi-mars pour se prononcer s’il sera ou pas candidat.

Si oui, il devra mettre au point au moins un discours pour la nation. Les Algériens, nombreux, du fait de son mutisme, que Bouteflika soit capable, sans un miracle, de discourir.

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