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Libye : la "Bokha" fait 80 morts...

Un tabou plus mortel comme interdit que reconnu...

jeudi 14 mars 2013
par Gros Emile


Levée de tabous en Libye ! Après la chute de la tyrannie qui se risquait d’instituer la dynastie "Kadhafi", la population libyenne vient d’être choquée de la mort de -51 fin février 80 en mi-mars- personnes suite à la consommation d’alcool frelaté, et elle en parle plus librement que sous la dictature. Chose qui existait auparavant mais, par manque de libertés, personne n’osait en souffler un mot d’un quelconque décès dû à une "Bokha" qui a tourné...

Voir en ligne : Notre dossier : LIBYE

La "bokha" est une boisson plus connue en Tunisie, c’est même la boisson nationale, comme le vin "sidi-Brahim" pour l’Algérie. En Tunisie, c’est aussi un label touristique. Fabriquée industriellement et est classée parmi les "eau-de-vies". Son nom signifierait « vapeur d’alcool » en dialecte judéo-berbère. Un apéritif qui se boit sec, chambré ou glacé. Elle peut aussi servir de base à de nombreux cocktails, parfumer les salades de fruits ou se boire en digestif à température ambiante.

Boukha de Tunisie

Son processus de fabrication est repris par tradition dans tout l’est maghrébin, par des familles et à titre de commerce informel par des distillations clandestines...

Retour en terre d’islam, à propos de la consommation de l’alcool. L’interdiction fait moult débat à travers les siècles, tant les lectures concernant les péchés sont entre les mains d’ignorants plus animés de violences que de sagesse. Expressement, le Coran s’est contenté de désigner comme illicites 3 éléments soumis au strict et absolu : le sang (edem), le pari (meyssir) et la viande de porc (lehm El-khenzir), en les nommant... " On vous interdit edem... ", donc selon leur usage !

Sans ça, la liste des interdictions serait plus étendue, elle est très déjà mise au devant même pour la cigarette. A propos de l’alcool, seuls deux versets sont connus. Mais, c’est aussi un autre sujet...

Au total 51 personnes, sur 430 hospitalisées ont perdu la vie en consommant la "Bokha", une boisson fait maison. C’était fin février, aujourd’hui 14 mars ses chiffres passent de 50 à 82 et 790 décès intoxiqués.

Le breuvage, reprenant la recette de l’eau-de-vie tunisienne, fait à partir de fruits comme les dattes, les figues ou bien le raisin. Les berbères utilisent aussi divers plantes forestières, et au fur que leur nombre augmentent dans le mélange la qualité est meilleure..

vente et consommation alcool monde arabe

Pratique très ancienne dans le Maghreb, comme le "legmi" réalisé à partir du suc du tronc du palmier dattier, la "Bokha" est assez connue dans l’ensemble du Maghreb, mais plus répandue là où les boissons alcoolisées (vin, bières...) communes sont interdites, comme en Libye.

L’Algérie a vécu une période de prohibition, quand le parti unique déconnait, pendant les années années quand le Cheikh égyptien Al-Ghazali, de l’islam obscurantiste, insultait Kateb Yacine et exigeait l’application de charia islamique. A l’époque, le "Zombretto", mélange de gazouz (limonade) et d’alcool chirurgical, s’est substitué pour le dépannage des adeptes de "Bacchus".

Dans ces productions artisanales, -bokha, legmi ou Zobretto-, le recours à la chimie moderne en utilisant le "méthanol" est devenu inévitable. Afin d’en augmenter la teneur en degrés d’alcool ainsi que pour prolonger la conservation. Et c’est ce rajout, pourtant techniquement élaboré mais non destiné à l’absorption, qui cause les dégâts.

En Libye la presse en parle plus facilement que sous l’ancien régime. La population s’est trouvée obligée d’en discuter, vu le nombre de cas et l’alerte qui s’en est suivi. Pour la première fois on entendrait la levée de l’interdiction institutionnel. La croyance religieuse étant privée et individuelle.

Le journaliste Mohamed Mesrati a fait fait un long article (en langue arabe), publié en deux parties, sur le site-Web "ELKAF" : 1ere partie - et - 2ème partie.

Et sur Internet, via twitter, les discussions sur les trafics d’alcool, l’insécurité qui crée un climat de maffieux, de la tradition, des malades encore menacés de perdre la vie, la religion musulmane, de la tragédie des 51 morts et de la manière de faire avancer la société vers la citoyenneté...