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Albert Camus, le cinquantenaire de sa mort dans l’air des identités... française et algérienne !



Encore et toujours le plus jeune prix Nobel de littérature, Albert Camus l’incompris.


lundi 16 novembre 2009
par N.E. Tatem


Albert Camus est même un être hors du commun du 20ème siècle, car encore le plus jeune nobélisé en littérature. L’auteur franco-algérien de son vivant a été peu aimé et souvent critiqué avec une férocité inégalée de tous ses siens. La raison d’être accablé par ces égards négatifs, suscités des 2 rives, est la question algérienne. Partagé entre ses 2 parties, son existence comme son œuvre en sont parcourues de leurs moult ferveurs.

Albert Camus est l’auteur franco-algérien qui de son vivant a été peu aimé, et souvent critiqué avec une férocité inégalée de tous ses siens. La raison d’être accablé par ces égards négatifs, suscités des 2 rives, est la question algérienne. Il était partagé entre ses 2 patries, son existence comme son œuvre en sont parcourues de leurs moult ferveurs. Quand il a été très souvent sollicité pour ses appréhensions et points de vue à propos du tumulte de décolonisation, il s’est soumis à l’exigence légaliste, une rigueur peu appérciée.

Tous, algériens et français entièrement emportés par le tourment, le requéraient. Les uns et les autres, de leurs susceptibilités et toute passion montrée, sont allés lui demander de se définir. Ce qui donne encore matière à revisiter son cas encore, en l’occasion du cinquantenaire de sa mort... Le temps a changé inexorablement le contexte ! Alors qu’en est-il ?

Iconoclaste, rigoureux, indépendant et subversif pour ne citer que le visible de son opinion, il est un être hors du commun du 20ème siècle, car en ce nouveau millénaire, il es encore le plus jeune nobélisé en littérature. Traversant son époque alors que sa terre natale était secouée par la révolte des algériens pour leur liberté du joug colonial, il est resté irréversible et follement attaché à refouler les violences.

Mouloud Feraoun défendant l’algérien Albert Camus

Soutenu par Sartre et bien sûr une large idolâtrie d’admirateurs quand il a débarqué d’Alger. Ses lecteurs, amis et cercles littéraires ainsi que par les algériens mobilisés dans leur combat de couverture de la souveraineté nationale, il était plus plongé dans la création. A son arrivée en métropole, l’auteur de « La Peste » portait sa conviction vigile et immanquablement juste, au regard des malédictions brutales encore de nos jours… Perfectionniste toujours inspiré, ses réseaux scandèrent Cheh ! « Bien fait » quand, en 1957 à l’âge de 44 ans, il eut la consécration prestigieuse.

Puis critiqué par ses mêmes deux consanguinités à propos de ce que l’histoire produisait de l’actualité, sous les yeux de tous. Camus était l’homme de paix, un humaniste imprégné de "nihillisme", qui n’a pas son mot quand les armes du FLN et le napalm colonialiste ne laissaient aucune place à d’autres alternatives. En 1952 il n’est plus en bon terme avec Jean-Paul Sartre. Surtout quand Les Temps modernes, publia l’article de Jeanson qui reproche à Camus d’être « délibérément statique » pour la révolte des algériens.

Respecté comme un philosophe, et peu enclin à négocier ses principes qui le font redouter tel un lion roi d’une savane, mais plus par le labeur que l’oisiveté, il était jaloux de sa posture, intransigeant, impénétrable et imperturbable. Il serait donc, de son vivant, de ces machiavéliques à disputer infiniment et jusqu’au dernier souffle ses choix profonds. Qui sans être ressassées se dessinent comme la vérité. "L’entêtement de l’escargot" dit un éminent auteur algérien !

Son influence dans le siècle de Marx, le 20ème, est présente et peu anodine. Albert Camus était imprégné de Nietzsche, une présence contemporaine, palpable dans ses gestes et exprimée dans son œuvre. Cette dernière galvanise l’absurde en le référant au mythe, une émulsion explosive pour la création.

Une certaine austérité d’humble, peu citée dans son parcours pour quelqu’un qui disait de son enfance «  j’avais honte de ma pauvreté  », se dégage de son être acharnée au combat juste, gagner sa vie d’abord et agir sur la conscience collective.

Ravi à la vie, le 4 janvier 1960, à l’orée de sa réussite, par un accident de voiture alors qu’il avait prévu de prendre le train (selon la dernière biographie parue), il évoque l’homme dur et sans concessions dans ses élans effrénés. Son œuvre porte encore de nos jours tous les signes d’un homme accompli et lié à la vie, car elle associe à bien l’évaluer ses plusieurs carrières et parcours prolifiques de dramaturge, journaliste, écrivain et homme d’opinion rayonnant (le penseur pour son temps). Et elle rayonne comme un phare en cette époque, où les débats houleux et les fracas mortels, de l’identité sont dans les menus des 2 pays qui jalonnent les pulsions d’un être qui résistait au déchirement selon les nobles notions de la citoyenneté.

L’accident

Photos rares d’Albert Camus

Ce partage d’Albert Camus entre l’Algérie et la France, est le trait marquant dans sa personnalité.

Albert Camus l’Algérien

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Il a fait ses études à Alger dans une école communale. Remarqué en 1923 par son instituteur, Louis Germain, qui lui donne des leçons gratuites et l’inscrit en 1924 sur la liste des candidats aux bourses. Il part à la conquête du savoir dans un dénuement qui poussait sa famille à le voir gagner au plus tôt sa vie. A son maître, Camus dédiera son discours de prix Nobel. Reçu au lycée Bugeaud (aujourd’hui lycée Émir Abd-el-Kader), il eut de ses belles adolescences où la sensibilité est à fleur de peau pour engendrer et couvrir les grands hommes et les grands moments. Il pratiqua le football et se fait une réputation de gardien de but. Comme nombreux illustres génies dont Marx, il contracte la tuberculose et séjourne à l’hôpital Mustapha.

De l’Algérie on le regarde comme un compatriote qui ne s’est pas engagé pour l’indépendance, alors qu’il a été contre la bombe atomique d’Hiroshima…

… Et même contre la peine de mort plus tard continuant un combat cher à Victor Hugo, qui était une illustre vision progressiste. Mais sans suivre son ami Sartre, qui n’avait aucune attache avec le peuple et le sol épris d’indépendance, l’Algérie.

Côté français il n’était pas adulé, les indépendantistes n’étaient pas encore à l’apogée quand il est distingué du Nobel et la guerre dans les djebels venait d’éclater. Très attendu par les algériens quant à leur guerre insurrectionnelle, il est resté fidèle dans son camp contradicteur de part et d’autre des 2 rives.

Avant d’entrer au journal Alger Républicain, organe du Front populaire, créé par Pascal Pia où son enquête "Misère de la Kabylie" a eu une action retentissante. Il avait fondé le Théâtre du Travail alors qu’il était membre du PCF (Pari Communiste Français). Quand le journal, qui a été repris par le PCA (Parti Communiste Algérien), est fermé en 1940, Albert s’installe en France...

... Il s’est fait déjà remarqué depuis Alger par « L’Envers et l’Endroit » paru chez E.C. (Edmond Charlot) et Révolte dans les Asturies, pièce de théâtre collective écrite d’après un scénario de Camus, interdite par la municipalité d’Alger, qui a paru en sous le signe des « Éditions de Maurétanie » tenues par aussi Edmond Charlot en deux ouvrages. Et c’est en 1942 avec la parution simultanément de son roman (identitaire) « L’Etranger » et l’essai philosophique « Le Mythe de Sisyphe », que le succès a retenti…

L’auteur de cet article a exercé à Alger-Républicain le doyen de la presse écrite algérienne :

-Année 1991 -Année 1992 - Années 1993/1994 - Puis El-Watan 1994/1996 et Liberté 1996/1998

La remise du prix Nobel en 1957