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DU BON USAGE DE LA DEMOCRATIE




lundi 6 juillet 2009
par LIONEL CHUINE


La démocratie a un prix, qui exige qu’on lui consacre quelques heures régulièrement, pour le moins, dans les semaines qui précèdent une élection.

La construction d’une Europe souveraine et totalement indépendante des Etats-Unis n’a jamais été la finalité de ceux qui ont œuvré à l’unification du continent. Dès lors que l’Europe n’a pas su - en soixante ans !


Depuis peu, je rencontre des cadres et des dirigeants d’entreprise qui critiquent l’Union Européenne pour son inaction et l’opacité de ses institutions, et qui désapprouvent la décision du président Sarkozy de réintégrer l’organisation militaire de l’OTAN.

Quand je leur demande s’ils ont voté oui à Maastricht et que la réponse est positive, je leur demande tout aussi vite, s’ils avaient lu au préalable le projet de traité avant de se rendre aux urnes. La réponse est souvent non.

Quand je leur demande s’ils ont voté en faveur du projet de constitution européenne, c’est souvent oui, et souvent non à la question qui suit.

A qui incombe la faute de ce décalage entre nos dirigeants et les citoyens, si ces derniers ne font pas l’effort d’éclairer leur choix par quelques lectures, certes fastidieuses, mais indispensables pour voter en connaissance de cause ?

La construction d’une Europe souveraine et totalement indépendante des Etats-Unis n’a jamais été la finalité de ceux qui ont œuvré à l’unification du continent. Dès lors que l’Europe n’a pas su - en soixante ans ! -, se forger une défense commune indépendante de Washington, il est normal que notre protection incombe alors à une organisation qui a montré son efficacité, et dont les rouages sont intimement imbriqués dans les processus décisionnels des états membres de l’Union.

On peut le déplorer, on peut s’y opposer, mais de grâce, ne le faites que si votre vote ne se réduit pas à acte purement mécanique de la main, sans aucune concertation avec le cerveau.

La démocratie a un prix, qui exige qu’on lui consacre quelques heures régulièrement, pour le moins, dans les semaines qui précèdent une élection.

Quant à ceux que je rencontre et qui se disent débordés, je constate qu’ils ont toujours du temps pour jouer au golf ou au tennis, du temps pour regarder le film du soir, mais jamais pour lire ce qui doit être lu.

La conscience politique se forge au fil du temps et nécessite une certaine forme de culture, quelques références historiques et de la mémoire car le passé éclaire toujours le présent, qui lui-même conditionnera notre avenir.