POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


BEZZAF ! C’EST TROP ! Le cri des travailleurs algériens qui appellent à l’union des bases



L’inflation, due à la chute persistante du prix du pétrole, donne conscience aux travailleurs pour s’unir


vendredi 4 janvier 2019
par Damien Djamel Bouch’Raf


Il est plus que jamais vrai, les travailleurs algériens avec lesquels il faut compter les chômeurs et les retraités, voire aussi les fellahs (travailleurs de la terre ou agriculteurs), sont sous-représentés dans le champ politique et social. Une campagne pour 2019 demande l’augmentation des salaires, la suppression des taxes et impôts sur ce seul revenu des travailleurs ainsi que pour les retraites. Elle est explicite. Le Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (SNAPAP), allié avec la CGATA et d’autres organisations désirent, sous le slogan de « Bezzaf » (c’est trop), 1 million de signatures !

Voir en ligne : Notre dossier ALGÉRIE

Depuis des années, un tel entrain n’a pas été entrepris, contre les injustices et la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs et de l’ensemble des couches sociales vulnérables. C’est le moment ou jamais, pensent les dirigeants des organisations autonomes de l’emprise bureaucratique. Nous devons faire entendre nos voix et nos souffrances au monde entier, disent-ils. On doit crier plus fort, tous ensemble et avec une même voix. Y’on a marre ( Bezzaf c’est trop). Cette compagne est la nôtre, on doit la réussir et provoquer un grand changement.

La ruine de l’UGTA (Union Générale des Travailleurs Algériens) échelonnée aux diverses échéances, après les écoulées elle notifie le soutien au président ! Sous perfusion avec ce qui est l’officialisation que lui offre les rouages campant, par un monopole sans légitimité, la rente et le pouvoir, le rôle de l’ancien syndicat algérien, est limité. Donner des leçons de patriotisme et vénérer le "moudjahid" Bouteflika qui règne, sans moindre considération pour la constitution depuis 2 décennies, n’a rien à voir avec les intérêts des salariés...

- NOTRE DERNIER ARTICLE : Depuis 2012 le SNMG en Algérie : syndicats autonomes désarmés et UGTA au pas vendredi 19 octobre 2018

Les travailleurs algériens laminés par des décennies d’islamisme à la violence scandaleuse tentent de lever la tête. Puis nous sommes dans une époque où il n’y a plus d’Alger Républicain et l’UGTA est devenue une boîte à résonance au clan familial qui tient la présidence à Alger. La quête d’un renouveau syndical s’est déjà exprimé dès 2 janvier 2019, mais ces prémices, dont nous avons parlé il y a quelques semaines, étaient déjà plantés dans les esprits.

La nouvelle action part du constat de la dégradation du pouvoir d’achat, conjuguée à l’inflation galopante provoquée par la dépréciation du dinar. L’initiative aspire à rassembler l’adhésion des travailleurs. Elle intervient dans le contexte, actuel, marqué par la montée des tensions sociales et la multiplication des mouvements revendicatifs. Ce qui risque de complique la vie, alors que les pouvoirs publics sans atouts (moyens comme rente pétrolière s’effondre dans le marché mondial) ne peut calmer les travailleurs. La crise financière persiste, les salariés la paient seuls !

- Front social en Algérie, des grèves seulement faciles dans le secteur public 22 février 2018 2018
- Les médecins résidents d’Algérie signent la plus longue grève de l’Histoire ! 20 juin 2018

Dans ce milieu de profond travail social les discussions sont devenues plus profondes. Avec le besoin de ne pas lorgner à la légère l’outil économique, et même d’encourager la création de nouveaux, notamment au niveau des initiatives d’entreprises, les cercles de réflexion multiplient les réunions et les concertations pour l’enjeu de revendication des augmentations des salaires ou de renforcer la présence des cadres de défense des droits des travailleurs dans le secteur privé naissant.

C’est à l’ouverture de l’année que la relance des actions s’est exprimée. Alors que de rares titres de presse en parlent, les médias lourds comme les TV font black-out. Le Comité National de suivi SNAPAP/CGATA, réuni Alger en début de 2019, a lancé sa deuxième phase de la campagne nationale baptisée « BEZZEF, C’EST TROP » afin d’appeler à l’augmentation des salaires et la révision de l’IRG (impôt sur le revenu général) et son annulation pour les retraités.

La confédération de la SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique) en Algérie mérite qu’on lui fasse sa genèse, du fait que c’est la représentation des salariés de l’Etat. Avec la particularité que l’employeur sont les services publics, cette catégorie syndicale des travailleurs qui ne subissent pas la pléthore des enseignants où les transgressions idéologiques sont fondamentalement rétrogrades.

Par contre d’autres alliances se construisent avec les agriculteurs et la CGATA (Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie). Le 25 décembre 2018, s’est tenue une rencontre régionale Ouest de la fédération des retraités algériens sous l’égide du SNAPAP/CGATA à Oran, l’installation du bureau régional et de son responsable en la personne du syndicaliste Miloud Benmessaoud.

Voici un article qui cite l’alliance des salariés avec les agriculteurs et ce au niveau d’Afrique du Nord.

COMPRENDRE L’IRS en Algérie :

Participer à notre mini-sondage de moins d’une minute. Anonyme on peut exprimer, sans obligation, son opinion.

Sa question unique est : Qui après Bouteflika ?

Cinq choix ayant trait au profil, au parcours et à la personnalité du prochain président. ICI - MERCI

Nous organisons des sondages et enquêtes. Vous êtes invité à vous inscrire à nos panels. Merci si vous participez.

Répondre à cet article