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Pourquoi le non de l’accord de paix en Colombie ?



La surprise du rejet due à l’abstention massive, malgré la repentance des FARC.


vendredi 7 octobre 2016
par Hugo Mastréo


Face à la perspective de retourner à la guerre en Colombie, les dirigeants des FARC comptent accepter des peines plus sévères pour leurs combattants ayant été reconnus avoir commis des délits. M. Santos, le président, et son principal opposant M. Uribe sont poussés, après une réunion qui a eu lieu le 5 octobre, à se rendra conjointement au congrès avec une proposition de paix modifiée, dont une commission se chargera des révisions. Les insurgés sont attachés à la paix. Ils se sont excusés publiquement de leurs crimes et ont promis de déclarer leurs biens et de les verser en réparations aux victimes.

Voir en ligne : Notre dossier : Amérique Latine

Le président colombien, Juan Manuel Santos, est apparu le 26 septembre devant plus d’une dizaine de chefs de gouvernements et d’autres dignitaires sud-américains pour signer, avec un stylo façonné à partir d’une douille de balle, l’accord qui met fin à 52 années de guérilla des FARC. Les désertions des rangs des rebelles sont redoutées, le pays aspire profondément à faire cesser la violence.

Notre dernier article sur l’accord de paix en Colombie.
- Accord historique entre FARC et gouvernement colombien 3 septembre 2016

La convention soumise à référendum aurait facilité la transformation des FARC en un parti politique. Après un passage qui réserve dix sièges au congrès sur 268, puis suivie d’une participation aux élections de 2018. Mais au vote du 2 Octobre, grande déception, le non à la paix l’a emporté sur le oui.

Ce fut une surprise inattendue, personne ne prédisait ce résultat. Ni M. Santos, ni les dirigeants des FARC, qui ont prématurément célébré l’accord, ni M. Uribe, qui a fait campagne sans relâche pour le contre, n’avaient prévu un tel échec. Les sondeurs ont prédit une victoire confortable pour le Oui, cette perception s’était généralisée et a mis en confiance les partisans du oui, alors que ceux du non ont été bien présents lors de la campagne.


- La représentante des FARC arrêtée en Espagne, libérée. 29 juillet 2008 29 juillet 2008

C’est parce que tout le monde était assuré de la victoire du oui que la démobilisation des votants qui l’approuvent a débouché sur sa négation. Mais d’autres raisons du rejet du oui de « la paix des braves » existent. Elles sont multiples et enchevêtrées. Certains ont voté contre l’accord pour marquer leur aversion de M. Santos, considéré un politicien maladroit et impopulaire.

Il semblait trop confiant de gagner un soutien, et croyait redorer ses blasons par ce scrutin. Certains chrétiens se sont opposés à l’accord parce que la reconnaissance les droits des homosexuels, ne devait être oubliée et passée au second plan par rapport au oui. Le président colombien a rencontré les dirigeants de l’église le 4 Octobre, soit deux jours après le vote, alors que ce geste aurait fait plus d’effet avant le vote.


- Nos articles sur Cuba.

Maintenant la victoire pour le Non est, à bien des égards, accidentelle, comme une erreur de politiciens dormant sur leurs lauriers non encore acquis. La marge est minuscule, 50,2% contre 49,8%. Alors que seuls 13 millions, pour une population de 48.5 millions d’habitants dont les électeurs sont 35 millions, ont voté.

Et les gens qui ont vécu le conflit d’une manière rapprochée n’ont pas pardonné. Certains se sont manifestés fortement lors de la campagne. Quelques 220.000 personnes sont mortes et des estimations avancent que 7 millions ont été déplacées. Certaines pratiques néfastes que toutes les guérillas commettent, comme les FARC, ont été aussi médiatisées depuis des décennies.

L’accord de paix, que l’ancien président, plus détesté que l’actuel, n’a pas soutenu, était perçu par certains Colombiens comme une récompense à des criminels. En vertu de ses dispositions de l’accoord dans une "justice transitionnelle" les combattants des FARC qui ont avoué des crimes, auraient été condamnés par un tribunal spécial jusqu’à huit ans de « liberté restreinte », mais ne seraient pas envoyé en prison.

Image illustrative de l'article Forces armées révolutionnaires de Colombie
Par MrPenguin20Travail personnel Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de :  Colombia location map.svg. Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de :  AKM Rifle silhouette.svg., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php ?curid=29460824

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