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Fernand Iveton victime d’une exclusion de la mémoire d’Algérie



L’ignorance des plus valeureux martyrs est-elle administrée ?


dimanche 11 septembre 2016
par Damien Djamel Bouch’Raf


Le grand malheur de l’Algérie est double : l’incompétence et la corruption. En matière de mémoire, c’est une catastrophe inavouée. L’Histoire de l’Emir Abdelkader, de Boumediene et de Bouteflika et des tas d’autres pages sont des inconnues, pour le peuple en entier et non pas uniquement la jeunesse. Le mépris des grands héros a commencé par leur isolement avec les partitions claniques. La plus récente est celle où le Président Bouteflika, faisant hommage à Aït-Ahmed, lors de son décès, cite une évasion, qui n’a jamais existé, des geôles de la soldatesque coloniale.

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Ce n’est pas la première fois que les officiels, et l’administration algérienne, font de s’en prendre à la mémoire de certains martyrs de la guerre de libération. Le 5 juin 2006, le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem, avec l’avis du président Bouteflika, ont lâché des policiers, sur le groupe de citoyens regroupé sur la tombe de Maurice Laban, afin de les disperser. Cette fois, c’est une petite rue d’Oran qui est débaptisée du nom de Fernand Iveton


- L’histoire à sens unique. 25 décembre 2009

Elle prend le nom d’un certain Bachir Bouamer, « chahid » (martyr) lui aussi, mais néanmoins moins symbolique ou renommé que l’illustre syndicaliste. Communiste algérien, Iveton, natif du 12 juin 1926 du quartier populaire du « Clos-Salembier » d’Alger, est aussi parmi les 1ers guillotinés, en 1957, pendant la guerre de libération, sur ordre des gardes des seaux de l’époque, François Mitterrand.

Le dernier Goncourt 2016 du 1er roman, de Joseph Andras, est consacré à son parcours, outre bien des milliers d’articles de presse, dont le plus illustre est signé le philosophe Jean-Paul Sartre. Fernand Iveton, orthographié par erreur Yveton, est le seul algérien d’origine européenne exécuté, parmi de nombreux condamnés à mort, lors de la guerre d’Algérie. L’article publié le 6 septembre dernier par le quotidien El-Watan, Fernand Iveton est désigné membre du PCF (communiste de France), auquel il n’a jamais appartenu, pour préciser une autre crasse.


- UN TEXTE INEDIT DE MOHAMED BOUDIAF : Le commencement. 25 juin 2011

Il s’est proposé, en octobre 1956, de commettre un attentat, en précisant à plusieurs reprises à ses chefs de ne pas faire de victimes. Le fait est resté une simple tentative, l’engin a été désamorcé avant son explosion. Il a été réglé pour exploser après le départ des ouvriers, à 18 h 30, alors qu’Iveton a jugé la marge est insuffisante et il a demandé que la bombe soit réglée pour 19 h 30. Elle a été déposée dans dans un placard d’un local désaffecté et isolé, de l’usine à gaz du Hamma où il travaillait.

La haine algérienne est comme consacrée par l’ignorance envers les lumières du savoir historique. Cette année fut celle du 60ème anniversaire du congrès de la Soumam, dont la documentation essentielle, pourtant en grande rédigée par un certain Amar Ouzguène, ancien secrétaire du PCA (Parti Communiste Algérien). Pour que le sache les Algériens, la plate-forme du 20 août 1956 jette un lourd anathème sur l’organisation marxiste léniniste qui reste la seule véritablement composée de diversité, dans la mémoire algérienne.


- L’oreille de l’algérien et la férocité de la colonisation... 11 avril 2012

La ville d’Oran a déjà couvé une bourde du même genre, attribuée à une méconnaissance avérée des élus locaux dont l’incompétence est à l’image des responsables trop plus corrompus qu’au service de la culture ou des citoyens. La rue Max Marchand dans les parages du quartier de Gambetta, a été nommée après l’indépendance de l’Algérie. Or l’APC (Assemblée Populaire Communale) croyait que cela datait de l’époque coloniale. Elle a été aussi débaptisée. Marchand était un grand ami de la lutte pour l’indépendance, il a été assassiné, peu après le 19 mars 1962, par des militants de l’OAS.

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