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Il revient d’une visite des territoires sous contrôle du DAESH



Cet allemand est le 1er journaliste à accéder au Califa d’ISIS


mardi 23 décembre 2014
par Gros Emile


Devenu journaliste par la force des choses et non sur le tard, Jürgen Todenhöfer n’est plus à présenter, tant pour son expérience que pour ses positions. Mais il est nécessaire de reproduire son parcours, afin d’étayer l’importance de sa dernière prouesse de "reporter du terrain". La matière journalistique qu’il va produire de photos, de séquences vidéos et de rapports écrits, proposant une lecture lucide de l’avenir du Daesh… n’est pas sortie, mais il a déjà parlé dans plusieurs médias de son pays.

Voir en ligne : Notre dossier : Daesh - ISIS - EIIL

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"Juergen todenhoefer" by Original uploader was Hydro at de.wikipedia Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons.

Todenhöfer est d’abord un auteur et un homme politique de haut rang en Allemagne où il est né, à Offenburg. Docteur en droit depuis 1969, après l’avoir étudié aux universités de Munich, Paris, Bonn et Fribourg. Il a travaillé comme juge depuis 1972.

Et parlementaire du 13 décembre 1972 au 20 décembre 1990, effectuant cinq périodes électorales, il a représenté la région Tübingen. Il a été également porte-parole de son parti, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), en matière de politique de développement et de contrôle des armements.

Curieux et méticulleux, il a visité l’union soviétique et l’Afghanistan occupé par les russes. De cette expérience, il s’est consacré à une action humanitaire pour les réfugiés. Todenhöfer est considéré comme le critique allemand le plus éminent, des guerres des Etats-Unis contre l’Afghanistan puis contre l’Irak, respectivement en 2001 et 2003.

Jusqu’à 2008, il a été vice-président du conseil d’administration à la société de médias allemand la « Hubert Burda Media ». Cette boîte est donc à l’origine de sa démarche de journaliste qui reste de celle d’un entrepreneur qui donne des informations depuis des sources résolument authentiques, dont l’impartialité relève d’un regard européen peu commun.

Recrutements à tours de bras, la civilisation ISIS, Daesh et EIIL promet la terreur !

Jürgen Todenhöfer est maintenant le premier journaliste occidental à réussir d’avoir accès aux rangs du Daesh en Irak, après avoir réussi une première visite, au début de la même année de 2014, celle faite en Syrie.

De son retour des territoires contrôlés par l’Etat islamique d’Irak et de la Grande Syrie (ISIS), il lance un avertissement : le groupe terroriste est « beaucoup plus fort et beaucoup plus dangereux » que ses adversaires s’imaginent. Les recrutements qui déferlent du Monde entier sont incessants et de plus en plus prolifiques, dit-il…

Après 10 jours passés dans les méandres du nouveau califat, il rapporte que la réalité sur le terrain est différente de celle décrite en occident. Où on croit, chez les pays qui combattent le Daesh, une simple organisation terroriste. Il faut préciser que ce séjour est récent, il s’était fait alors que les journalistes se faisaient égorger avec des vidéos qui ont eu leur écho !

Questionné sur les plateaux allemands sur ce qu’il constaté de visu, il expose que l’Etat islamique était un objectif, il est maintenant acquis… Le tableau est qu’un pays est déjà délimité, avec un nettoyage religieux des plus sombres que l’humanité a connu dans son histoire.

Todenhöfer a vécu quelques jours à Mossoul, complètement occupée par les islamo-terroristes de l’Etat islamique. Son impression est visuelle, donc aussi vaste qu’authentique.

Il y a une « normalité », après que des milliers Yézidis ont été déplacés ou tués, ainsi que des milliers de chiites et chrétiens. Il n’y a que les sunnites. Lors de l’attaque de Mossoul, les sunnites, y compris les modérés, n’ont pas lutté contre la prise de contrôle par le Daesh. L’organisation tente maintenant de garder un Etat fonctionnel.

Enfin, il ne croit pas que les peshmergas peuvent mener la libération des territoires kurdes d’Irak et de Syrie, puisque ce conflit est entre les mains de guérillas mobiles et qui font bouger les fronts et les frontières.

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