POPULI-SCOOP : Info citoyenne & Actu critique

 


Situation en Libye, focus sur un chaos !



Les milices se déchirent pour contrôler Tripoli


lundi 28 juillet 2014
par Azouz Benhocine


Après une semaine d’affrontements armés, aux alentours de l’aéroport de Tripoli, dans la capitale libyenne et d’autres heurts à Benghazi, à l’est du pays, on déplore plus de 160 décès et plus de 400 blessés. Les milices veulent le pouvoir, quand de nouvelles institutions élues tentent de s’installer. Tel est l’enjeu, du pouvoir, pour saisir les dernières violences d’un pays aux frontières poreuses et plongé dans l’anarchie.

Voir en ligne : Notre Dossier : la Libye

Les pays de l’OTAN qui ont salué la traque de Kadhafi, n’ont pas accompagné la Libye dans sa transition. Ce n’est pas la Tunisie où la société civile est assez politisée que tribale, ou bien le redressement de #Tamarod de l’expérience égyptienne.

En Libye, la pelure qui séparait les djihadistes et milices héritées des actes anti-Kadhafi, s’est déchirée. Il y a collusion d’identité et d’objectifs entre les hordes. Mais aussi des confrontations pour les zones d’influence.

L’isolement, la Libye abandonnée à son sort, au lieu de la solidarité !

La Libye sombre dans le désordre, quand les représentations diplomatiques ferment et évacuent leurs personnels. La toute dernière ambassade à fermer ses portes, c’est celle de l’Algérie. Pays qui compte parmi les voisins à faire confiance aux institutions du pays. La Tunisie a vu des employés diplomatiques kidnappés, il y a quelques jours, puis relâchés.

Les employés de celle du Royaume-Uni ont essuyé des coups de feu lors de l’un de leurs déplacements. L’ambassade italienne reste ouverte et fonctionnelle, quant à elle. Alors que celles des USA, de France, d’Angleterre, de Turquie, des Pays-Bas, des Philippines, d’Autriche et de plusieurs autres pays ont été évacuées avec aussi les ressortissants.

L’armée, composée de quelques contingents hérités de l’ancien règne, est passée sous le commandement du général Haftar. Elle est confrontée aux innombrables milices surarmées. Et de petites compagnies, dans la solitude, sont cloisonnées à Benghazi. Quand Tripoli est livrée aux combats entre milices.

Alors que les tendances extrémistes du paysage politique, les islamistes, ont essuyé une défaite lors des dernières élections législatives. Les milices, déçus que le pays entame une autre étape, rejoignent l’extrémisme religieux et politiquement battu. Elles s’affrontent en plein capitale.

Ce qui reste de l’armée, derrière un général qui s’installe difficilement à Benghazi.

Dans la guerre que se livrent deux brigades rivales, parmi les milices d’anciens rebelles qui se battent pour le contrôle de l’aéroport international de Tripoli, elles se pilonnent les positions des uns et des autres avec des roquettes Grad. Les tirs d’artillerie et des canons ont duré pendant deux semaines, rendant le sud de la capitale un champ de bataille.

Un immense incendie a touché des réservoirs de pétrole au sud de la capitale et l’aéroport n’est plus fonctionnel. Quand la capitale est incontrôlable, à l’est du pays le général Haftar s’avère plus efficace, au moins dans sa région ? Puisque Tripoli sombre dans le chaos des milices, l’armée recherche sa propre légalité institutionnelle.

C’est un décisif bouleversement que vient de vivre la Libye. Avec l’élections l’assemblée nationale, les pouvoirs ont été distribués par la population. Un changement s’opère dans le système institutionnel et les armes veulent imposer autre chose que les choix populaires, d’ailleurs exprimés dans la violence. L’armée libyenne, réduite à une peau de chagrin, est incapable seule de tenir devant les milices.

La nouvelle donne légale, insatisfait les islamistes. Ces derniers activent désormais avec les milices qui ont tardé à se laisser faire désarmer, depuis la chute du despote. Le général, entré en sédition contre la présence les groupuscules qu’il qualifie d’Ansar Echaria, concentre ses forces à Benghazi (est du pays)…

Répondre à cet article