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3 plaintes contre le chef du contre-espionnage marocain



De quel colonialisme doit-on s’excuser ?


jeudi 27 février 2014
par Hugo Mastréo


La narco-monarchie du Maghreb, qu’est le Maroc 1er pays fournisseur de l’Afrique et de l’Europe en cannabis, est coincée dans son colonialisme illégal au Sahara occidental. Le makhzen vient de montrer encore une fois la carence de son expansionnisme au banc des accusés de la légalité internationale. L’occupation d’un territoire, dont les citoyens refusent l’annexion, et pour ça ils sont continuellement persécutés. L’ONU reste impuissante et ce n’est pas le seul cas dans le Monde.

Pour bien situer la plage périodique de l’interpellation par la justice française d’un responsable des services secrets marocains pour torture, il y a les faits de l’actualité. Leur chronologie est parlante...

Des policiers, jugés nombreux puisqu’ils étaient 9, se sont présentés à la résidence de l’ambassadeur marocain en France, avec une convocation judiciaire visant Abdelatif el Hammouchi, le chef du contre-espionnage du royaume qui était de passage à Paris. Et à son tour l’ambassadeur de France au Maroc, a été appelé pour explications.

Ce qui a déclenché la procédure des plus légales de la justice française, ce sont deux plaintes déposées par des sahraouis auprès le pôle génocide et crimes contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris. Adil Lamtalsi et Zakaria Moumni détiendraient des preuves pouvant entrainer l’arrestation du patron de la DGSE du Maroc. Auxquelles s’est rajoutée, après remise de la convocation, une 3ème comme cité ci-bas.

La torture et le colonialisme...

Le 1er des plaignants affirme avoir été arrêté en octobre 2008, près de Tanger et torturé pendant trois jours à Temara. Niant devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés, il a été condamné, malgré le manque de preuves, en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis.

Et le second, ancien champion de boxe light-contact, est plus convaincant. Sa plainte vise directement des faits de torture. Il dit, après son arrestation en septembre, avoir aperçu «  Abdellatif Hammouchi lors d’une des séances  » de sévices qu’il avait subis au même centre de détention de Temara, dépendant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST)

A ces deux ouvertures d’actions en justice, s’est rajouté celle d’un Marocain de 44 ans nommé Ennaâma Asfari. Plusieurs ONG avaient qualifié ses procès d’« inéquitables ».

« Action des chrétiens pour l’abolition de la torture » (ACAT) se porte partie civile. Le président d’honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, qui est l’avocat de Moumni Zakaria, le 1er, est aussi acteur dans cette controverse des relations franco-marocaines que le président français a tenté, en vain, d’atténuer !

... Dans le safari diplomatique du roi en Afrique...

En outre, cette convocation d’un tortionnaire survient après l’échec de la tournée du roi en Afrique. Pendant laquelle, Mohamed VI s’en est pris à l’interventionnisme de l’ancienne métropole.

Auprès de nombreux pays du continent noir, où les clivages ethniques locaux et l’islamo- terrorisme sont à l’origine des déstabilisations. Aussi il prônait l’exclusion du Polisario de l’UA (Unité Africaine) et dénonçait la présence française, venue après des conflits locaux.

Christopher Ross Christopher Ross, l’envoyé du secrétaire de l’ONU pour le Sahara occidental, a présenté son rapport au conseil de sécurité le 2 novembre.

Les propos du monarque, tenus lors de sa seconde tournée dans plusieurs africains en moins de 2 ans, qualifiant de « chasse gardée » la présence française au Mali et république Centrafricaine, sont à l’origine de toute la querelle franco marocaine.

Dans les cercles diplomatiques français, le Maroc est innocenté pour le déferlement de sa drogue et aussi pour son colonialisme, l’égal de l’israélien et la dernière occupation coloniale en Afrique.

Ces déplacements en Afrique, du jeune despote du Makhzen, tentent de reprendre la main sur l’UA (Union Africain), où siègent les Sahraouis. L’actuelle organisation continentale, qui a remplacé l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), travaille pour la décolonisation du Sahara Occidental. Et la France fait de l’ombre aux pays de la région, assume comme pour Israël...

... Pour que la France s’excuse de son néocolonialisme !

Les excuses du président Français pour le « ... retour saint et sauf de son ministre Manuel Valls d’Algérie... » et au Maroc pour propos inexistants et attribués par un affabulateur à un ambassadeur français ! La rue du Maroc est manipulée, celle de l’Algérie est restée silencieuse sur le pavé. Les médias traduisent bien la vérité...

La manifestation des marocains devant l’ambassade française, du mardi 24 février dans la capitale Rabat, pour des propos tenues il y a plus de 3 ans et censées revenir à un diplomate français, démontre comment on s’empare d’une vieille histoire et on l’assaisonne au goût du jour.

Les paroles sarcastiques attribuées à Gérard Araud puis à M. François Delattre (deux ambassadeurs français) par un acteur espagnol, Javier Bardem, qui est fervent défenseur des Sahraouis, n’ont jamais été dites, ni par l’un et ni par l’autre. La crise n’est-elle marocaine et le Sahara occidental en est l’enjeu ?

La protestation des Marocains rappelle l’agression, inopinément et malheureusement injustifiée, faite contre une représentation diplomatique algérienne pendant le mois de novembre 2013. Les mêmes « Batalguias », vus pour le cas de l’Algérie et qui activent ces derniers mois, se sont déployés. Il s’agit d’une organisation liée au palais communément appelée « les Jeunesses Royalistes ».

Mais cette fois la mobilisation, lors du regroupement de quelques milliers de marocains devant l’ambassade de France sans toucher au bâtiment, certains partis politiques, et leurs sections de jeunes, sont présents. Pourtant les dires de l’artiste espagnole ne sont que mensonges.

Pour le cas du pays voisin, le consulat algérien de Casablanca a été pris d’assaut et le drapeau algérien a été retiré de son fronton. Ce n’est pas le cas de la France, à qui un traitement moins disproportionné est réservé. Alors que l’Algérie n’a même pas eu de personnalité officielle ayant tenu le langage incriminé...

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