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Syrie : l’émissaire d’al-Qaïda tué par ISIS



Abu Khalid al-Suri voulait arrêter les tueries entre terroristes


lundi 24 février 2014
par Azouz Benhocine


Connu sous le nom d’Abu Khalid al-Suri, ce vétéran du Djihad en Afghanistan, comme son pseudonyme l’indique, est d’origine syrienne. Il a été envoyé au bercail qui l’a vu naître, pour arbitrer les clivages et confrontations mortelles entre Djabaht En-Nusra et ISIS, les deux groupuscules se revendiquant d’Al-Qaïda, qui combattent la dictature en Syrie et se déchirent entre eux.

Voir en ligne : Notre dossier : guerre civile en SYRIE

Comme un éminent chef d’Al-Qaïda, Abu Khalid al-Suri est soupçonné d’avoir été très proche d’Oussama Ben Laden. Comme il est considéré, dans les milieux islamo-terroristes internationaux, d’avoir été un dirigeant de haut rang dans les actions qui ont visé les forces américaines en Afghanistan et en Irak.

Emissaire personnel d’Ayman al-Zawahiri, l’actuel leader d’Al-Qaïda depuis le décès de Ben Laden, il s’est déplacé depuis le début de l’année 2014 en Syrie, pour tenter de mettre fin aux tueries auxquelles s’adonnent Djabat En-Nusra et ISIS (l’Etat islamique en Irak et de la Syrie).

De son côté, le Front Islamique Syrien, composé d’islamistes locaux, refuse de se revendiquer d’Al-Qaïda. Cette faction a rejoint l’ASL (Armée Syrienne de Libération), l’opposition officielle et reconnue par les pays occidentaux. Elle mène des opérations sur le double front, à la fois contre le régime et les islamo-terroristes du Djihad international.

Par contre, Djabat En-Nusra et ISIS (l’Etat islamique en Irak et de la Syrie) qui sont des hordes soutenues chacune soit la Qatar ou bien l’Arabie Saoudite, et se revendiquant toutes les deux d’Al-Qaïda, se battent aussi entre elles.

Sur la base de l’influence à donner à ceux qui les parrainent, les deux monarchies arabes du Moyen-Orient impliquées dans la guerre civile syrienne. Leurs djihadistes qui sont de diverses nationalités s’entretuent entre eux, pour diriger les étrangers présents et abondamment aidés...

Depuis l’année 2014, ISIS a pris ses distances avec les instances d’Al-Qaïda, dans le but de renforcer son propre influence dans la région, notamment en Irak et en Syrie. C’est aussi la force dominante dans les milieux djihadistes qui opèrent le pays. Les rapprochements de dialogues, avec les efforts onusiens, pour les raisons humanitaires entre le pouvoir et son opposition, isolent les islamo-terroristes étrangers surtout.

Mais en gardant ses éventuels contacts pour bénéficier de moyens ou bien de nouveaux recrutements, ISIS revient plus aux manœuvres du Qatar. C’est ainsi que la décision de liquider l’émissaire d’Ayman al-Zawahiri a été prise, afin de gagner plus d’autonomie pour ISIS.

Al-Zawahiri chef d'Al-Qaïda C’est dans un attentat suicide frappant une base d’un groupe rebelle, en l’occurrence Ahrar al-Sham, un groupe rebelle islamiste qui est proche du Front Nusra, la filiale devenue plus officielle avec Al-Qaïda en Syrie, qu’il a été tué.

Abu Khalid al-Suri est arrivé dans son pays, pour aider tous les criminels islamistes. Il tentait de réduire les divisions qui ont alimenté les combats entre djihadistes et autres rebelles dans le nord et l’est de la Syrie au cours des dernières semaines.

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, qui est la principale source d’informations en Syrie, a déclaré que cinq autres combattants ont été tués avec Al-Suri. Un kamikaze s’est fait exploser à l’intérieur de l’une des bases du groupe dans la ville du nord d’Alep.

La mort d’Al-Suri ne diminuera pas le pouvoir et la force de frappe des groupes extrémistes dans certaines régions de la Syrie. Cependant, elle peut même intensifier les conflits entre les différents groupes présents dans la guerre civile syrienne.

Ce meurtre va permettre à d’autres groupes de savoir qu’ils pouvaient être ciblés pour leurs liens avec Al-Qaïda. Avant son arrivée en Syrie, Al-Suri a critiqué le groupe ISIS dans un enregistrement audio publié pendant le mois de janvier 2014. Il disait que le groupe « ISIS » : « ... a cherché à corrompre le jihad en Syrie, comme en Irak et en Afghanistan. » . Il l’avait invité à cesser d’attaquer les autres djihadistes.

«  Dirigez vos voitures piégées contre les infidèles et ne vous occupez pas des autres moudjahidines...  », a-t-il dit.

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