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Algérie : fantomatique raïs, mais candidat.



La tentation d’un printemps de démence !


dimanche 23 février 2014
par Damien Djamel Bouch’Raf


Soit c’est un acte de mégalomanie démentielle dont l’auteur ne mesure pas les conséquences. Soit c’est une cabale de son entourage, désigné par « le clan », dont les effets ne sont pas imaginés. Effacé de la scène politique depuis plus d’un an, puisque ménagé pour sa dégradation physique qui ne peut être cachée, Bouteflika réitère le suspens dont il a déjà fait usage en 1999 ! Encore une fois, il rejoue gagnant !

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

Depuis des semaines, une sourde confrontation avec des hauts officiers de l’ANP, opposés à ce que le raïs fantôme succède à lui-même, s’est installée. Bouteflika en sort vainqueur, le général dit l’Hassen est écarté par son ministre. L’ancien chargé de la sécurité intérieure (la lutte anti-terroriste) est aussi privé des prud’hommes comme salarié !

En se portant candidat pour un 4ème mandat à l’élection présidentielle du 17 avril, le président et ministre de la défense dirige véritablement l’armée et non l’inverse, et puisque Saïdani l’a bien dit. Annoncée par, non pas avec une déclaration solennelle du concerné lui-même, mais par son 1èr-ministre, à 10 jours de la clôture des dépôts des dossiers, le règne des tuteurs décadents est ainsi relancé à plein gaz.

Proclamé depuis Oran, et non d’une autre région où il aurait été chahuté, ce faire-part est conforme aux illustres monopoles campés par les parrains qui ont torturé leurs opposants et flingué des idoles. Puisqu’il lui est attribué un fort régionalisme, décrivant Bouteflika celui qui a eu la moitié des membres de l’un de ses gouvernements d’un même village de l’ouest du pays, d’où il est originaire, l’entrave face à l’alternative de rupture avec la corruption et la médiocrité est maintenant reproduite.

Cet affront machiavélique, à l’expérience démocratique algérienne refroidit toutes les oppositions visibles qui proposent banalement le même climat sans justice sociale, ni refonte institutionnelle. Qui de ses opposants se distingue d’un programme plus intelligent et compréhensible ?

Dans le contexte des turbulences régionales, fomentées autour de la légitimité et la durabilité des pouvoirs dans le monde arabe, cette manœuvre morbide, de la 4ème mandature, reproduit et consolide le modèle d’où l’Algérie ne peut désormais plus se dépêtrer. Celui de l’exclusion, de la censure et de la servitude, des défauts incarnés par tous les candidats déclarés être au challenge du 17 avril.

L’improvisation du candidat handicapé : face à la surenchère nationaliste des opposants, l’étroitesse absolue.

Le personnage, dont l’intelligence passée ne peut être niée, adopte ce contradictoire et inexplicable excès. Envers la plus basse éthique, pouvant rendre la démocratie probatoire aux générations aspirant au renouvellement du projet national algérien, le mépris, de faire mieux ou autrement, est suspendu à la santé du président pour une période...

Le rusé diplomate qu’est Boutef, ne tient-il donc pas de son absence qui étale la secrète dégradation de son état de santé. Et encore moins de la conjoncture qui se prête à l’explosion, il persiste dans un autoritaire mutisme qu’une austère démarche. Les forts besoins de changement qui habitent les populations insoupçonnées, ne sont pas sécurisés, tant qu’un pire chef d’Etat pointe.

Après l’annonce de Sellal devant la presse, exprimée lors de l’ouverture d’une Conférence africaine sur l’économie verte, l’APS (Algérie Presse Service) a pris le relai. Elle rapporte que le président de la République sortant, a fait procéder au dépôt de sa lettre d’intention et au retrait, auprès du ministère de l’Intérieur, des formulaires de souscriptions de signatures individuelles nécessaires aux candidats à l’élection présidentielle du 17 Avril.

La dépêche de l’agence algérienne se garde de formuler que des démarcheurs anonymes, pour ne pas citer son frère ou bien un sbire de sa caste, ont entamé la procédure. Nuançant aussi pour qu’on saisisse son message ironique, l’APS suggère que Bouteflika ne s’est pas présenté de lui-même pour cette formalité administrative, cruciale et symbolique…

L’état de santé du candidat-président, dont l’AVC d’avril 2013 le prive d’une présence physique assidue depuis. Cette inconnue aptitude physique reste, à la population et aux partenaires ou même professionnels de médecine, à ce jour un mystère. L’intenable silence qui date de mai 2012, date depuis laquelle Boutef ne s’est pas adressé aux Algériens, n’est pas surmonté.

Au regard même de l’opposition qui se préparait pour la course, Bouteflika relègue tous ses analogues du libéralisme, et de régionalistes impénitents que sont Benflis ou bien Benbitour, les deux outsiders.

Delà, la belle étoile a brillé pour éclairer un fantôme qui n’a de saint que d’avoir hériter un nationalisme, également étroit et paternaliste pour briser un printemps venu sans hirondelles ! Caricature Algérie 2011

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