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Grèce : le journaliste qui a révélé les fraudes fiscales relaxé



La liste Lagarde n’est pas démentie


jeudi 28 novembre 2013
par N.E. Tatem


La crise concourant aux efforts de transparence en Grèce, le journaliste et éditeur de presse Kostas Vaxevanis a été relaxé, jeudi 27 novembre, par le tribunal d’Athènes où il était poursuivi pour atteinte à la vie privée. Il avait publié en 2010, 2059 noms avec leurs comptes bancaires suisses qui figuraient sur le document dit « la liste Lagarde ».

A la tête de la rédaction du magazine d’investigation grec « Hot-Doc », l’un des plus respectés sinon le seul en Grèce, dont il est le propriétaire, Kostas Vaxevanis ne renonce pas à l’exercice de son métier d’informer les citoyens et les autorités. Il avait aussi remis la liste au ministère des finances en couvrant médiatiquement son acte.

Son procès qui a duré 4 jours, deuxième depuis que ce scandale a éclaté, a connu des rebondissements et protestations. Nombreux responsables et journalistes se livrent à des menaces de révélations et de poursuites judiciaires, lors des deux instances.

Des représentants de la justice grecque, en dehors du tribunal traitant cette affaire, que sont les chargés de la communication se sont aussi mis aux aveux, en déclarant avoir obtenu la liste 15 jours avant sa publication par « HotDoc ».

Plusieurs personnalités sont citées dans le document qui a été publiée avec le journal. Lequel a été retiré, le jour-même de sa parution des kiosques, par les autorités qui ont envoyé la police. Les personnes indiquées avaient donc intenté une action en justice, pour atteinte à la loi de protection de la vie privée.

Des éditeurs, des entrepreneurs, un conseiller du gouvernement, un ancien ministre de la culture et un ancien procureur figuraient sur cette liste dénonçant les évasions fiscales. D’autre part, la directrice du FMI, Mme Christine Lagarde, l’avait remise aussi de son côté aux autorités Grecques.

Le journaliste soutient que publier des noms et leurs comptes bancaires à l’étranger, n’est pas une violation de la vie privée. La justice rétorque que les citoyens concernés n’ont pas autorisé d’être cités.

Finalement les 3 juges qui ont statué sur son cas, promulguèrent leur verdict de « non-coupable ». Même blanchi des accusations, Kostas Vaxevanis s’attend à un nouveau procès. Ce dernier a été déjà ordonné, après que le bureau du procureur a trouvé la décision initiale, revenant aux magistrats qui tranchent au niveau de l’instance publique du tribunal, est « juridiquement erronée ».

L’affaire a également alimenté un vaste débat sur la liberté et la vie privée. Et en conséquence des lois nouvelles, concernant les médias du pays, ont été étudiées pour la circonstance. Elle a conduit à de graves accusations intentées contre un fonctionnaire suspecté d’être à l’origine de la fuite de cette liste. Il s’agit de Mr George Papaconstantinou, qui était ministre des Finances.

Quand elle a été rendue publique, « la liste Lagarde » a provoqué un fracas dans l’opinion générale du pays. Elle a attiré l’attention sur l’échec de la Grèce à lutter efficacement contre l’évasion fiscale assez généralisée dans les milieux des affaires et des activités économiques.

La Grèce, subissant un lourd endettement, a signé son premier plan de sauvetage de plusieurs milliards d’euros avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international, que Mme Lagarde dirige.

Cette dénonciation a aussi visé les autorités qui se sont trouvées accusées de n’avoir pas réussi à percevoir les recettes qui font cruellement défaut aux caisses de l’Etat. Alors que la colère populaire contre l’austérité mobilise à ces jours encore les Grecs qui subissent une élévation des impôts et des baisses drastiques des salaires.

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