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Libye sous la dictature des milices



La quête de citoyenneté ne compte pas céder


dimanche 17 novembre 2013
par Gros Emile


Exaspérés par la présence des milices, les libyens ont manifesté pacifiquement pour la 1ère fois, après l’éviction de l’ancien régime, vendredi 15 novembre dans les rues de la capitale. Mais ces hordes n’entendent pas lâcher-prise. Elles ont tiré sur la foule causant au moins 40 morts et pas moins de 100 blessés.

Les libyens continuent de manifester et ne comptent céder pour accéder à leur citoyenneté. L’armée est aussi engager à désarmer ces voyous que la révolution ne peut réhabiliter …


Voir en ligne : Notre dossier : Libye.

Notre précédent sujet : LIBYE : LA GUERRE DES MILICES

La voyoucratie d’un islamisme tribal sème le désordre.

Du fait de son importance politique Tripoli est convoitée pour contrôler les décisions qui y sont prises et les revenus que génère la principale richesse du pétrole. Plus que d’autres cités où aussi pèsent lourdement ces clans militaro-islamistes sur la vie des gens qui attendent que la Libye retrouve sa stabilité, la capitale est plus encombrée que protégée par ces factions affranchies de toutes règles étatiques imaginables.

Dans la région de Benghazi, la ville la moins sécurisée de Libye, la production justement de la principale du pétrole est arrêtée depuis Avril 2013. Du fait d’affrontements quotidiens entre des groupes généralement inspirés des altercations d’Al-Qaïda, la plus grande insécurité que connait la Libye est bien instaurée à Benghazi où commencé la contestation de Kadhafi.

De véritables gangs, autoproclamés ayant combattu pour la chute et le lynchage de l’ancien dictateur commandent la population et contrôlent des pans entiers de la sécurité. Certains de ces collectifs armés irréguliers assurent même la garde des sièges de ministères à Tripoli. Sans statuts définissant leurs missions et codes de conduite, il s’agit simplement de colonnes bardées d’armes.

Ayant accaparé les biens, surtout immobiliers, des anciens barons du régime Kadhafi à Tripoli et dans villes, où ils ont installé leur repaire sous forme de QG, ces milices n’entendent pas se désarmer ou s’insérer dans la reconstruction d’un Etat harmonieux. Leur présence massive est devenue depuis 2011 incontournable à travers toute la Libye.

MILICIENS EN LIBYE Leurs membres les plus actifs, constituent de vrais pelotons surarmés. Ils sont journellement en activité telle une administration paramilitaire. Le déguisement usité est le projet d’un Etat islamique à mettre en place. Ces libyens minoritaires croient avoir définitivement accaparé le pouvoir, sans laisser le moindre choix à la population. Ces bandes sévissent depuis la chute de Mouâmar Kadhafi, selon leur bon vouloir totalement incontrôlable, et elles indisposent impunément les libyens qui s’interposeraient à leur volonté.

Ces milices se servent, prioritairement au reste de la population, des ressources du pays pour mobiliser leurs adeptes qui répondent aux appels du fait qu’ils soient les nouveaux privilégiés. Elles se déclarent islamistes et disent qu’elles sont dores-et-déjà chargées d’appliquer l’horrible charia islamique.

Le semblant de gouvernement et d’administration qui tentent de faire remonter la pente au pays, vivent un véritable embarras de décideurs qui leurs sont parallèles, voire opposés. Au point où l’une de ces milices a kidnappé le 1er minsitre Ali Zeiden, pour avoir accordé l’arrestation par les américains d’un leader d’Al-Qaeda en plein rue de Tripoli. Alors on se fait idée de leurs capacités à atteindre même les responsables officiels.

Libye : Hommes de l'armée officielle Dernièrement des rivalités ont éclaté à Tripoli entre ces bandes armées. Nous avons relaté sur Populi-Scoop la cause unique et directe qui a déclenché un affrontement aux armes lourdes dans les artères de non-moindre importance de la capitale. Selon la pratique islamo-terroriste la plus commune, ces milices liquident physiquement les officiers de l’armée et de la police ainsi que des juges qui s’interposent à leur règne.

Bien sûr les intérêts tribaux qui ne sont assez précisés, avec la situation de désordre généralisé, motivent ces personnes alliées. Et c’est avec l’islamisme, évoqué à chaque fois, que la Libye est devenue, en outre un bastion de confrontations pour que des milices domine d’autres, un vaste refuge aux islamo-terroristes chassés dernièrement du Mali.

Inéluctablement ce genre de tribalisme entretient les escadrons qui expriment la force de chaque clan. Le premier se justificatif est la volonté d’appliquer la charia islamique. Mais les Tripolitains sont déjà à bout, non pas seulement de la présence de ces hordes établies dans l’illégalité mais aussi de l’impunité dont jouissent leurs membres pour leurs actes répréhensibles.

Les autorités ont essayé de les intégrer dans l’armée et la police, notamment les éléments intentionnés par des carrières militaires. Mais ce projet semble buter à la perception des hiérarchies institutionnelles imperceptibles par ces anciens rebelles qui participé à la chute de la dictature. Le mécontentement des Libyens, auquel les Tripolitains ont ouvert la voie, les désignent désormais en dictature comme l’a été pour la dynastie Kadhafi.

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