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Nairobi - Kenya, Kofi Awoonor, un poète est mort !



A toutes les victimes, une parole a chanté la belle mort !


mercredi 25 septembre 2013
par N.E. Tatem


Les témoignages recueillis de l’attaque, suivie de prise d’otages, au centre commercial de Luxe « Wetsgate » au Kenya ne sont pas tous dits publiquement. Seuls quelques uns sont écoutés par les psychologues dépêchés par le CICR (comité international de la Croix-Rouge), pour parer à l’impact du choc sur des personnes qui ont été dans le drame, et sont uniquement exploités dans le cadre des thérapies.

Selon les dernières indications sur ce fait qui a pris presque 4 jours pour connaître son épilogue, le groupe de terroristes se compose essentiellement d’islamistes étrangers (non-africains) avec nombreux anglophones. Un bilan officiel avance 11 arrestations et 5 à 6 décès parmi les assaillants.

Les informations qui continuent d’alimenter la perception de cet acte, disent aussi que les plans du site attaqué ont été étudiés par les membres du groupe terroriste. Et le coup a été minutieusement préparé comme un acte "kamikaze".

Un ou deux jours avant l’attaque, de puissantes mitrailleuses et des ceintures d’explosifs ont été planquées dans l’un des magasins du centre commercial et avec l’aide d’un employé. De même, au moins un terroriste a réussi à sortir parmi la foule de civils en fuite après l’assaut et les premiers assassinats. Ces révélations sont données par les officiels de la sécurité kényane.

Parmi les nombreux survivants qui ont parlé, il y a un enfant d’une dizaine d’années qui a croisé un élément des Shebabs dans les allées et couloirs du centre commercial, après l’assaut. Le terroriste l’interpella et lui parla, lui demandant qui es-tu ? Spontanément le mioche, qui n’est pas musulman, lui répondit en langue arabe avec les quelques mots du Coran que lui appris un de ses amis à l’école. Le terroriste l’écouta et l’a épargné...

Et il y a le témoin oculaire qui a parlé dans certains médias, de la mort d’une mère et de sa fille dans le parking de l’édifice investi par le groupe terroriste. Les deux victimes étaient en fuite et se sont glissées sous une voiture garée dans le lieu. Puis elles ont décidé de ramper pour s’éloigner des tirs qui venaient d’éclater dans un fracas assourdissant. C’est là qu’un tireur les a abattues, l’une après l’autre.

Poète Ghanéen Kofi Owoono Et parmi toutes les victimes de ses islamo-terroristes, venus de Somalie, selon les revendications de cette frappe, le décès du poète, universitaire diplomate (ambassadeur de son pays auprès des Nations Unies dans les années de 1990 à 94) et homme d’Etat (président du conseil constitutionnel) ghanéen Kofi Awoonor qui était au Kenya pour une conférence. C’était aussi un artiste organique, c’est-à-dire ayant son opinion politique. M. Awoonor a été emprisonné pour son activisme pendant une période de répression dans les années 1970.

Portrait ici de la fondation "POTRY FONDATION"

Ce panafricaniste, admirateur de son aïeul Kwame Nkrumah, le président qui a dirigé son pays à l’indépendance s’est fait renversé par un coup d’Etat. Ces deux monuments continentaux ont peiné avec, le 1er pour l’indépendance, et le second dans les premiers déboires de l’Afrique de postindépendance.

La mort de cette personnalité africaine a semé une grande tristesse dans son pays le Ghana et l’ensemble du continent noir, où sa poésie est apprise et étudiée, depuis les années 60, dans les collèges, notamment au Sénégal.

Extrait de son recueil "Songs of sorrow" traduction de POPULI-SCOOP : Chants de deuil, poèmes pour la mort, ou chansons funèbres.

La pluie m’a battu

Et les souches pointues sont coupantes

Aussi vifs que les couteaux

Je vais aller au-delà pour le repos

Je n’aurai pas de parents, ni de frère là-bas

La mort a fait la guerre à la maison…