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Bouteflika : un retour sans voix



Sans lendemain démocratique, l’Algérie n’entend rien de son président !


vendredi 13 septembre 2013
par Damien Djamel Bouch’Raf


Bouteflika est revenu au devant de la vie politique d’une manière qui a surpris plus d’un. Dans le contexte d’une rentrée sociale sans grands débats ni relief, et après un été tendu par l’opacité qui a entouré son absence, le président algérien, sans vigueur apparente, s’est montré actif. A moindre appréciation, la cure lui a été idoine. Mais, à ce jour il n’a pas été écouté parlant d’une manière à mettre en confiance ses réelles capacités...

Voir en ligne : Notre Dossier : BOUTEFLIKA DIRIGE L’ALGERIE

La forme visible n’augure en rien un 4ème mandat

Une sortie imprévisible qui a changé les perceptions préétablies d’une infirmité pouvant aller sur l’empêchement de Bouteflika. Ce qui édulcore son état de santé et même reflète que ses capacités à diriger sont entièrement revigorées. Le président algérien a déjà vécu une telle carence de présence. D’ailleurs sa retenue de se montrer s’était affirmée de sa falsification de la constitution pour le 3ème mandat. Pendant ce dernier il a été plus rare et malade que lors du 1er et du second parcours...

Sans rapport avec ce sujet, mais mérite d’être visionnée :

Quand il a accueilli François Hollande en juin 2012, Abdelaziz Bouteflika a réapparu assez rétabli de ses soins pour une atteinte cancérigène à l’appareil gastrique. Alors qu’il était resté des mois sans s’exposer, à l’époque son retour au pays s’est fait au bout de deux semaines. Et imprévisible, il s’était dévoilé dans la voiture décapotable du cortège réservé à François Hollande.

Entamant ses mouvements de retour, après plus de 4 mois de défection pour une attaque lié à l’anévrisme et au système nerveux, il a reçu successivement Gaïd Salah, le chef d’état-major de l’armée, puis Abdelmalek Sellal, le chef du gouvernement. Il reste depuis et dans toutes les situations qui en suivent, sous pénurie concernant son expression vocale. Elle est totalement inaudible dans toutes les chaînes-TV qui le montrent.

Après les deux responsables de 1er rang de l’exécutif gouvernemental, il s’est illustré avec deux autres rencontres avec des leaders tunisiens. Celle réservée à Rashed Ghannouchi des islamistes d’Ennahdha et ensuite avec Caïd Essebsi du camp des démocrates de Nida Tounes, sont à ce jour les seules entrevues en rapport avec l’étranger. Peu d’exposés ont été faits pour relater pour son encouragement au dialogue et sa médiation dans le pays voisin qui vit une transition trébuchante.

Entre bouger et gouverner, les gestes minimums pour exister.

Et c’est en remaniant le gouvernement que moult lectures sont racontées dans les commentaires, puisque c’est delà que s’est dégagée sa reprise en main de facultés décisionnelles probantes. Mais ce qui ressort des analyses de tous les médias algériens, la perspective d’un quatrième mandat se dessine. Alors qu’en toile de fond, s’étale une exécrable continuité de descente aux enfers de l’ancien parti unique qui lui aurait échappée ou qu’il a arrangé avec à la manœuvre son frangin Saïd Bouteflika.

Tous ce qui se fait par Bouteflika donnent matière à spéculations. Un même et seul sujet revient aux termes de tous les observateurs : « un quatrième mandat ». Dans le tohu-bohu, de ses dernières cogitations, s’évoque la compréhension de la configuration de la gouvernance qui prévaut à Alger. Pour ces agissements présidentiels, le parterre politique notamment de l’opposition ne trouve guère quoi converser de critiques. Les adversaires asservis ne nourrissent aucun correctif redressement, préfèrent ne pas exister.

Cependant un réaménagement des départements des services secrets algériens, le fameux DRS, fait matières à discussions. Que sont les desseins du changement et les différences qui prédominaient il y a quelques temps ? Même si les décrets n’ont été pas promulgués ou même ratifiés, c’est la seule inconnue du moment. Les modifications portent sur l’appareil chargé des enquêtes judiciaires de l’armée, à l’heure des enquêtes liées à la gigantesque Sonatrach.

Ces réaménagements au niveau du DRS entraînent que l’information et la communication ainsi que la sécurité de l’armée, verraient ses officiers et auxiliaires qui y exercent, au titre de police judiciaire, désormais rattachés à la justice militaire. Auparavant, ils relevaient directement du renseignement, sous l’autorité du général Mohamed Médiene dit « Toufik ».

Comme c’est la seule direction « DRS » qui a échappé au contrôle des chefs d’Etat qui ont gouverné l’Algérie, à l’exception de Boumediene, Bouteflika tente avec cette retouche d’asseoir son autorité sur le plus redoutable des départements de l’armée.

Dont on dit qu’il est à l’origine des principales répartitions des pouvoirs en Algérie. Et c’est là que se discute véritablement le 4ème mandat et l’avenir même du pays.