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Algérie : 1er plaidoyer pour l’alambiquée homosexualité



Hourra, la dépénalisation d’un tabou honni !


lundi 9 septembre 2013
par Rebel Kazimir


Ce qui est factuel en Algérie, le projet de société ainsi que le déchirement idéologique, auquel la population est livrée, suite à des décennies d’ostracisme et de naufrages culturels, ne peut davantage délabrer ou assécher les débats faits maison. L’extermination qui a trop sévi et les bannissements encore en place, sont des empêchements à toutes alternatives salutaires... Alors il ne manquerait aucun défi...

Voir en ligne : Notre dossier : Algérie

D’emblée, il est capital de féliciter les rares sites Web, contrairement aux médias traditionnels, pour l’impossible citation du sujet maudit. Et pour leur sensibilité courtoise envers des perclus ayant l’homosexualité à ne pouvoir contrôler, la société algérienne se verrait majoritairement agacée. L’homophobie est anodine en Algérie, puisque la loi institut des sanctions aux homosexuels.

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Plaidoyer pour l’homosexualité Algérie
Proclamation, manifeste et plaidoyer pour la dépénalisation de l’homosexualité en Algérie

- • Le code pénal algérien condamne les homosexuels de 2 ans à 3 ans de prison ferme et 10 000 DA d’amende pour les majeurs.

- • Deux mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 à 2 000 DA en cas d’acte d’homosexualité pour les mineurs. La majorité civile en Algérie est fixée à 18 ans.

GOOGLE SCHOLAR, les pages et documents essentiels pour comprendre l’homosexualité

Avec une clarté à faire vomir les charlatans de la malveillance, la revendication de la dépénalisation de l’homosexualité en Algérie a fait l’objet d’un texte-plaidoyer qui n’a pas de similaire ni de synonyme face la stupidité réactionnaire régnante. Même les doctes opinions préfèrent s’y détourner de soutenir ce qu’on croit malsain.

Le débat sur l’homosexualité vient d’être déclenché, depuis le mois de septembre 2013, grâce à une page Facebook algérienne, comme un fracas dans la torpeur réactionnaire algérienne. Elle trouve écho auprès de certaines militantes maghrébines des droits civiques, alors que roupillent ceux qui n’ont que le mépris à galvauder...

En Algérie l’atmosphère du crime, celui commandité par le minaret d’où l’appel à la révocation de l’intelligence, est tracée comme un quotidien banal. L’Algérie vit encore, sans la maturité des tolérances, sous les craintes de se faire rejeter de la tradition musulmane, en niant son retard. Et dans les contours des recettes qui s’en passent de prendre en charge la difficulté, on suppose l’homosexualité la tare impardonnable.

L’infortune qui ne correspond pas aux normes des politiques incurvées

Le pays est vissé aux tréfonds de la tyrannie qui de tout temps rajoute, aux privations de libertés, une marge pour contenir la moralité ! Sur fond de paranoïa religieuse qui ne peut éradiquer davantage de lumières, dont la candeur les domicilie dans les mouvements de gauche, il fallait substituer naturellement à l’exclusion, de plus épais : la tuerie.

La proscription qui a épaulé, depuis l’orée de l’indépendance, les affres d’une tradition sournoise, concentre encore l’incurvée identité. Faisant proliférer la rhétorique violentant les plus vulnérables, la pyromanie mutilante se dit en conformité aux agencements d’un redressement des mœurs.

Une insolente main de fer scrute alors minutieusement la sexualité des Algériens. Tel le tabou insensé, la libido est une bénédiction pour que le sordide justifie les orientations des censeurs et des sbires. A propos de cette indéfendable « homosexualité », il y a réunion de l’indécence prohibée et de l’abstraction des sous-êtres.

« Chouchou » le personnage interprété par Gad El-Mellah dans le film, du même titre, de Merzak Allouach est l’une des leçons de tolérance, qu’a adressée le géniteur d’Omar Gatlatou, aux mentalités algériennes à propos de ce comportement charnel, n’a en rien modifié les perceptions impitoyables aux souffreteux.

Même si le cinéaste a désarçonné, avec affabilité du fait du genre burlesque de son œuvre, bien des esprits, il n’a en rien modifié l’instance officielle. Le film a égayé, et l’exil qu’il a relaté n’est pas reconnu comme fruit amère de la déportation des exceptions...

Confondant l’ivraie et le pertinent, mélangeant le choix sexuel et l’orientation sentimentale et traduisant la perversion répugnante à un malaise psychologique que la science est sur le point de percer la faille reproduite qu’héritée, les homosexuels algériens sont notoirement inexécutables.

Et dans la même formulation obscurantiste, il y a la confrontation idéologique. Le socialiste algérien est une « tapette » du fait de son audace de trop défendre déjà la femme punaisée à l’arrière du machisme.

Alors s’il citerait la catégorie des homosexuels qui, comme tous les exclus algériens, atterrit sous des cieux plus cléments tel que « Chouchou », l’algérien de gauche est comme interdit. Et réellement il dépasse bien les restes d’une arrière-garde.

Son acte de soutenir l’humilié et le sans-grade, il est alors tellement subversif et délicat face aux murs du silence. La prépondérance de la déficience politique demande alors à lui fermer toutes portes et de n’écouter sa voix que pour le déposséder de son droit de dépasser la pernicieuse identité et les briscards du nationalisme du tutorat historique…