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Egypte : la justice et le cas Morsi - 1ère PARTIE -



La désobéissance civile révoque les ingérences étrangères


jeudi 1er août 2013
par Hugo Mastréo


L’ex-président Morsi destitué par un coup d’Etat le 3 juillet 2013, auquel a appelé la pétition citoyenne, massive et populaire #Tamaroud, était déjà poursuivi en justice, depuis le 23 juin par le tribunal d’Ismaïlia. Alors qu’il était à la tête de l’Etat égyptien, les preuves se ramassaient.

Voir en ligne : Notre dossier : L’Egypte dans le Printemps Arabe.

Il s’est même vanté aussi sur la chaîne Al-Jazzeera de son impunité, citant son évasion en plein chaos de l’occupation de place Tahrir en 2011. Uniquement cette séquence de télévision est un élément consistant de son dossier de justiciable.

Bénéficiant de l’immunité, tandis que des rapports d’enquête ont établi qu’il est parmi les instigateurs de délits ayant trait à la sécurité. Morsi est depuis le 26 juillet en détention préventive. Aux yeux de la loi, il est poursuivi pour un crime qui prive celui qui l’a perpétré de ses droits civiques et politiques.

Morsi n’avait même pas le droit de se présenter aux élections présidentielles, puisqu’il n’a pas été gracié de condamnations pleinement confirmées, contrairement à d’autres islamistes impliqués dans des délits semblables ou plus graves.

Dans une transition précipitée, les « Frères Musulmans », aguerris à ce genre de détournement des mouvements populaires, avaient volé la révolution du peuple égyptien. L’enthousiasme de la victoire a aveuglé, quand s’effectuait la ruée opportuniste.

Cet argument, de l’exécution de décision de justice, soulevé par l’opposition qui a initié Tamaroud, a été inaudible quand il était à la tête de l’Etat. Mais les institutions judiciaires, tiennent désormais à la reprise d’une procédure de justice non-frappée de déchéance. Nous expliquerons dans la seconde partie de cet article...

Sa libération après sa chute, à laquelle a appelé impudemment la France, l’un des pays occidentaux qui joue aux ingérences à outrance, est en nette décalage de la démarche européenne initiée par Katherine Hachton. Cette dernière a rendu visite au concerné et a pris acte des idées des nouvelles autorités. Elle a reçu aussi des leçons de souveraineté !

Parmi les nouveaux dirigeants, Al-Barabeï, vice-président de la République arabe d’Égypte, a insisté à la responsable de la diplomatie de l’UE (Union Européenne) que l’Egypte n’admet pas les interventions dans ses affaires internes. Tous les autres pays occidentaux ont appelé à la retenue, et à moindre mesure, de laisser-faire les manifestants pro-Morsi. De quoi entretenir le pourrissement !

L’appel français formulé par M. Laurent Fabius, est un camouflet dans la mesure qu’on ne traite avec le Caire comme pour le Mali ou la Côte-D’ivoire. L’actuel premier dirigeant de l’autorité provisoire est énarque de France et le chef du gouvernement est un francophone reconnu, issu de la prestigieuse université « La Sorbonne ».

Le ministre des affaires étrangères français feigne de mépriser les décideurs locaux et leur souveraineté. Mais la place et les potentiels du plus grand pays du Monde arabe, semble lui être méconnue, puisqu’il ne s’est contenté de demander, avec respect d’une politique intérieure à l’Egypte, d’éviter l’usage de répression excessive contre des fanatiques religieux, plus croyant à la politique qu’à leur spiritualité.

Med MORSI ex-président Egyptien Outre que l’appel émis au nom de la France, constitue un affront aux actions non violentes d’Egyptiens, épris de ne pas subir la version des « Frères Musulmans » du régime de la charia islamique. C’est aussi une trahison flagrante des coptes, les 10 à 15 % d’Egyptiens de confession chrétienne dépourvus de parti religieux et endurant un apartheid rampant

La révolution volée par les « Frères Musulmans » a été restituée, un butin récupéré des mains d’un évadé. A bien lire l’ultimatum de 48 heures émis par l’armée au Raïs : un renoncement à la clause religieuse qui a perverti la constitution !

2ème Partie : déjà en ligne Egypte : Repris de justice en évasion Morsi accède à la présidence. -

La crédibilité de la justice et l’impunité du faux Raïs