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LE SUICIDE : serait-il un mal irrémédiable ?



Se donner la mort à cause du désespoir ou est-ce une maladie ?


mercredi 19 juin 2013


Se suicider pour rien est un crime. Un crime non pas seulement contre soi, mais contre l’humanité même. On meurt pour un idéal, pour une cause authentique... !

Voir en ligne : Notre dossier : les différents genres de suicides

Est ce la débâcle de notre société ? Serait - ce sa fin imminente ? Serait-elle en état d’agonie ? Oui ! Des routes meurtrières, des routes qui exterminent, se livrant à un sinistre hécatombe quotidien, nous forcent en effet à verser des larmes amères, en nous affligeant désespérément sur les conséquences infiniment désastreuses qui en découlent. Des crimes perpétrés contre la nature humaine, des crimes dont la cruauté dépasse de beaucoup tout ce qu’on peut en concevoir, provoquant des massacres extrêmement horribles. Et enfin ce spectre infâme, sadique et terrible, qui persécute inlassablement les désespérés : le suicide, ou l’action de mettre un terme à sa propre vie, de l’éliminer, de l’effacer à jamais de l’existence acte qui s’accomplit pourtant dans l’inconscient, car la conscience de la raison s’en trouve totalement éteinte et n’imprime aucune réaction au geste machinal par lequel s’accomplit le suicide.

Telles sont d’ailleurs les causes latentes du suicide, il suffit d’un incident, si futile qu’il soit, pour ébranler les ressorts de notre âme, créer en nous une volonté aveugle, inconsciente, agissant en profondeur pour nous pousser en fin de compte à ce geste terrible. Un échec dans la vie active ou sentimentale, une faillite dans une entreprise, une perte matérielle quelconque, tout cela suffit pour accomplir la catastrophe. Ce geste mystérieux est plus puissant, plus tyrannique que toutes les raisons du monde. C’est un phénomène qui apparaît au niveau du subconscient pour se traduire dans la réalité par ce geste inhumain.

Mais le désespoir mène-t-il vraiment au suicide ? Le désespoir est une raison de plus pour justifier l’acte final qui est le suicide ; en d’autres termes, le désespoir qui influe sur tout l’organisme psychique et physique, pour en endormir les facultés agissantes fait mouvoir le mécanisme du suicide. Il est évident que la pensée même du suicide effraie et trouble la conscience de celui qui tente de s’y livrer, l’empêchant grâce à une force mystérieuse de s’y soumettre. Mais le désespoir qui fait pénétrer son poison dans tout l’être s’avère parfois le plus inexorable, dominant la crainte de la mort dans une délivrance finale qui promet en perspective le repos et la paix tant désirés.

D’ailleurs on ne se laisse flatter par l’idée du suicide que lorsque l’on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’autre issue et que c’est le recours in extremis pour une âme que le désespoir mine à fond. Tel le cas de ces deux adolescents de sexes différents qui, s’aimant peut être à la folie, étant en butte à des anicroches qu’ils ne parviennent pas à surmonter, accablés de tant de problèmes et se trouvant ainsi dans une terrible impasse, n’ont pas trouvé d’autre solution que le suicide, en se jetant d’un commun accord sous un train qui roule à une vitesse vertigineuse.

Cependant le suicide est-il un acte de courage ou de lâcheté ? Il est vrai que le suicide présuppose un dilemme cruel, surgi à la suite des circonstances difficiles. Ce n’est donc ni par courage, ni par témérité que l’on s’achemine délibérément vers la suppression de soi, c’est plutôt par apathie, par faiblesse, car l’abattement, le désarroi où l’on se trouve, au moment de l’accomplissement de l’acte suprême, n’offrent en aucun cas un appui immédiat à la résistance : tout est désagrégé, réduit à l’état d’inertie,d’épave pantelante,alors que le courage oppose une résistance,une ferme résistance que rien ne peut compromettre, puisqu’elle se manifeste en puissance au niveau de la conscience, opposant un refus catégorique à cette tentative désespérée. Le courage dompte même l’idée de la mort, en maîtrise fermement tous les aspects morbides, pour dévier la méditation vers la recherche d’une autre issue, plus plausible et moins pénible.

Quoi qu’il en soit, ce n’est à mon avis que le poltron qui se donne la mort. L’esprit de la lâcheté, né de la souffrance psychique oû l’on patauge, s’estompe dans les profondeurs intimes de l’imagination, en faisant apparaître l’image macabre, comme l’issue définitive et naturelle, ce qui permet ainsi de se dérober aux graves responsabilités qui s’imposent.

Le courage et la lâcheté sont deux tendances profondes de notre existence, nous les traînons indéfiniment dans les replis intimes de notre vie. C’est ainsi que, lorsque l’on se trouve dans des circonstances aléatoires, dans une situation atroce, notre courage contribue à y trouver une solution ingénieuse, ou, au contraire, nous nous bornons à la résignation pure et simple, ce qui est en fait du ressort de la lâcheté. Se suicider pour rien est un crime. Un crime non pas seulement contre soi, mais contre l’humanité même.

On meurt pour un idéal, pour une cause authentique !

Mourir inutilement, c’est de la pure folie ! La destruction de soi relève en effet d’une motivation inconsciente et sans fondement. Car quel objectif le suicidé pourrait-il atteindre ? Serait ce par hasard la libération des attaches terrestres ? Serait-ce la reconquête d’une existence métaphysique plus pure, loin de ce matérialisme pourri qui ne fait que rendre ici-bas plus sombre et plus malaisé ? Serait-ce enfin une tentative d’idéalisation de soi dans le souvenir des communs ?

En réalité, je ne trouve pas d’explication rationnelle au suicide. Mettre fin à ses jours, pour des prétextes matériels anodins, ce n’est en fait que de la faiblesse de caractère et de personnalité, car, étant donnée l’importance de l’instinct de conservation qui domine dans l’être avec une force indestructible et un pouvoir réellement puissant, la vie humaine ne se détache de la réalité existentielle qu’à la suite de la perte irréversible de la raison, étincelle mouvante de la vie.

Mais si l’on meurt pour une cause juste, pour une idée sublime que l’on cherche à concrétiser au prix de notre vie, ici la conception du sacrifice s’avère des plus insignes, le suicide a une valeur notable, humaine, voire logique. Périr sur l’autel de la liberté, c’est un acte sublime que l’histoire immortalise à jamais, se sacrifier pour la patrie, pour ses propres concitoyens, pour faire naître plus de justice sociale et instaurer le règne de la tolérance et de l’amour, c’est encore là une action divine, éternelle, auguste et impérissable, alors que, par contre le suicide, en tant que tel, sans un but précis, relève de la vanité d’un certain mépris des valeurs, d’un égoïsme barbare et d’une misanthropie farouche. Tout ce qui est né sur la terre, sa destinée est de subir les lois naturelles de l’extermination. Mais ces lois ne frappent qu’a des moments imprévus et l’attente passive de cette fin s’impose avec rigueur à toutes les créatures. Mais celles qui osent anticiper et prévenir ces lois sont en état de les affronter avec courage.

Ainsi donc le suicide serait-il dû à un état d’âme maladif ? Je le conçoit bien. Car la nature humaine n’aurait jamais consenti à sa propre destruction. Que dis-je ? La nature même de toutes les espèces de l’univers n’aurait pas failli à l’amour de la vie. C’est pourquoi nous affirmons que tout ce qui vit, quelle qu’en soit l’importance, reste profondément sacré dans ce monde. Donc le suicide n’est pas seulement un défi à la raison humaine, mais c’est un acte de rébellion contre sa propre espèce.

La léthargie de la raison, l’apathie de la conscience, la perte irrémédiable de tout espérance, l’appréhension d’une destinée cruelle, tout cela favorise l’éclosion de l’idée du suicide. Car moment peut—on éclaircir le suicide de Hitler, celui qui, par un prestige et un don surnaturel, fut sur le point de mettre l’univers à genoux ? Comment peut-on expliquer encore le suicide de ce célèbre écrivain russe, Tolstoî, qui, vivant dans la plénitude matérielle, menant une vie paisible et douce, sans aucun nuage ,s’engage à l’improviste dans une agitation infinie qui le mène progressivement au suicide ? Comment explique-t-on ces autres suicides des hommes les plus illustres et les plus extraordinaires que la nature ait jamais produits ? Si ce n’est par un désordre mental, un dérangement subi au niveau de la sphère cervicale, provoquant une maladie incurable, et dont le remède est pourtant, selon toute vraisemblance, le suicide,pour s’en délivrer une fois pour toutes. Cette issue extrême s’avère pour nous, hommes perdus dans le tourbillon des hypothèses et des conjectures épuisantes, une fin effroyable, terrifiante, alors qu’elle est en réalité un aboutissement logique d’un combat déchirant entre la vie et la mort pour que, en dernier ressort, cette dernière marque son triomphe final.

C’est ainsi que l’on se rend compte, en toute évidence, qu’à l’origine du suicide apparaissent un désarroi mental et une crise démentielle épouvantables. Il s’avère alors incontestable que la folie, conséquence des troubles chroniques du cerveau, mène inéluctablement au suicide. Il ne s’agit pas là bien entendu de la folie permanente, celle qui ,à la suite d’un événement atroce, s’enracine dans l’être pour ne plus le quitter, le type de folie qui nous préoccupe, ne dure pas, c’est une folie subite, inattendue et qui procède d’une révolution latente, surgie à la suite d’un phénomène extérieur, d’un incident imprévisible. La vie est d’autant plus chère qu’il est tout à fait impossible de se donner la mort de manière gratuite, sans qu’il y ait des motivations, mobiles graves, puisque, se donner la mort, c’est plutôt un acte qui ne s’accomplit qu’à l’issue d’une crise démentielle réelle. Car comment peut-on concevoir un homme, très pieux en apparence, d’une conduite absolument irréprochable, un citoyen intègre, utile à soi et à sa patrie, sérieux, bon travailleur, comment peut-on croire que cet homme se condamnera un jour à la mort par sa propre main ? Ou bien encore cette femme, honnête mère de famille, respectueuse des traditions, menant une vie sans problèmes, élevant ses enfants dans le respect des lois et de la patrie, peut-on imaginer qu’une telle femme, nourrie ainsi de nobles principes soit capable de massacrer horriblement sa progéniture, pour se livrer ensuite à la mort ?

Il est vrai que de tels cas incroyables troublent l’esprit et incitent à la réflexion sur les causes du suicide. C’est, je crois, comme la mort, d’essence métaphysique, ne frappant qu’au moment où l’on s’y attendait le moins.

Alors cher lecteur, que pensez-vous de ce fléau qui sévit dans notre société, cette société que nous voulons pure, laborieuse, saine et authentiquement civilisée ? Ne la comparons pas à la société occidentale où la vie est devenue infernale, où l’honnête homme n’a pas de raison d’être et où enfin l’homme ne vaut absolument plus rien.

Donc sauvons nous avant qu’il ne soit trop tard ! Tâchons de remédier à ce mal endémique et proposons la création d’une association bénévole de but non lucratif, de dimension nationale, pour la sauvegarde des âmes en détresse.

Cette association pourrait rendre de très précieux services à la société entière, car elle aura la principale mission de venir à la rescousse des malheureux, des femmes battues, des filles expulsées du foyer parental, des hommes que la solitude déchire et que l’ennui dévore indéfiniment, enfin de ceux qui n’ont plus d’espoir dans la vie terrestre et qui n’ont plus d’autre issue que de se supprimer si l’on n’en prend pas soin en temps opportun, en les dissuadant, par des moyens psychologiques et moraux, d’exécuter un tel crime contre soi-même. Il est vrai toutefois que la réalisation d’un tel projet nécessite la solidarité nationale sans laquelle rien ne peut se faire, car chaque citoyen où qu’il se trouve, est appelé à contribuer, grâce à son soutien pécuniaire, à sa concrétisation et c’est d’ailleurs l’occasion ou jamais de permettre à nos concitoyens de faire preuve d’altruisme et de patriotisme, seuls garants de notre progrès et de notre attachement réciproque.

msellam83@yahoo.com

Dr Mohamed Sellam

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