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Chine, l’élite et le projet de réformes



Le tablier PC, malgré les labeurs, doit partir au placard.


mardi 5 mars 2013
par Rebel Kazimir


Des réformes en Chine enfermée dans l’idéologie de l’unicité, trouvent leurs empêcheurs de tourner en rond. L’histoire contemporaine de la future première puissance économique mondiale est jalonnée de contestations qui ne lui permettent guère, et sans remords, de demeurer un cloître du parti communiste.

Voir en ligne : Notre DOSSIER : LA CHINE.

A moins que le parti unique, malade de la diversité réelle dans la société, ait une formule magique capable de contenir le développement des nouvelles mentalités. Voici une lettre ouverte des anciens du Parti qui appellent à la liberté d’expression. Quand le PCC "Parti Communiste Chinois" est incapable de faire comme l’ex URSS !

Le mouvement réformiste frappe encore une fois en Chine avec son élite la plus contestataire, mais aussi celle ayant un rang socialement reconnue. L’ouverture de certains organes de presse et de la popularité des réseaux sociaux exercent de leur côté une pression sur le pouvoir politique, parfois au prix d’une brutale réaction du Parti.

La légitimité des actuels rouages du PC, Parti Communiste, n’est plus unique. Les tentatives de changements qui aspirent à la normalité avec le reste du Monde, végètent et se font entendre plus que par le passé. Et le Monde répond et soutient les changements, d’un pays qui aura le destin de l’humanité dans ses programmes...

La question « des droits de l’homme » rétablit le peuple dans ses droits, construit la dignité et renoue avec le cours normal des relations humaines. Le PC : Parti Communiste est assujetti de vivre dans un contexte mondial qui l’accule de tourner sa propre page. La Chine sera la première puissance de la Terre, avant 2020, et ce en éradiquant ce qui reste de la pauvreté qui touche 30% de sa population (elle était à plus de 70 il y a 30 ans), dont environ 15% vit encore avec 1$ par jour.

La pétition des élites :

Bien nombreuses agences de presse et les médias internationaux, où l’occident excelle, ont rapporté qu’une centaine d’intellectuels chinois, font circuler depuis le 26 février 2013 sur les réseaux sociaux une lettre ouverte réclamant la ratification par la Chine du Pacte International relatifs aux droits civils et politiques, le « PIDCP ». Clairement la fin de règne du PC qui lui vit son époque de déclinaison historique. La Chine a signé ce pacte en 1998, mais reste un des derniers pays au monde à n’avoir pas officiellement ratifié ce traité universel, et le monde le désire une charte pour ce pays.

L’autocritique comme vertu première, s’apparente à rejeter une partie de soi. La critique d’autrui étant corrective, aidant son prochain à s’améliorer. Dans cette optique l’effondrement du communisme, est une des vertus qui ouvre aux différences, dans l’ensemble des philosophies de la vie individuelle et collective, le droit d’exister à égalité... Et la place du PC chinois est devenue assez étroite, quand la presse internationale rapporte la corruption de son premier secrétaire, sans que la réplique ne soit ni tranchante et ni audible par l’opinion nationale d’abord.

Depuis l’effondrement de l’URSS, les regards se tournent davantage vers la Chine, et ce n’est que bonne chose. Ce pays largement ouvert sur le monde ne peut être jugé d’être bureaucratisé, les employés de l’Etat, et l’armée en tête, ont versé à aider l’économie.

L’administration a déverrouillé le système de l’économie centralisée, libérant aux entrepreneurs privés le droit à l’initiative. La diaspora chinoise qui est la plus répandue sur la surface de la Terre, a joué un rôle idéal dans l’essor, en s’associant au réveil d’un nouveau pays « postcommuniste », elle draine aussi le vent des changements.

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Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Conclu à New York le 16 décembre 1966 Approuvé par l’Assemblée fédérale le 13 décembre 1911

Pacte international relatif aux droits civils et politiques -Texte original-

PIDCP, document original : Pacte international relatif aux droits civils et politiques

Les réformes sont revendiquées par 10 000 citoyens signataires, depuis 2008 (qui est l’année cruciale du mouvement des réformistes) d’une pétition, appelant à la cette ratification, du Pacte, aujourd’hui à nouveau sur la sellette. Le 10 décembre 2008, jour anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, 350 intellectuels cosignèrent un texte public, baptisé Charte 08.

Une première pétition a circulé pour l’emprisonnement du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, mais elle n’a pas été entendue et l’opposant est actuellement en prison. Cette fois certains des signataires sont liés au pouvoir, ou écrivains indépendants, éditeurs, avocats, chercheurs, poètes, hommes d’affaires, médecins...

La Chine a connu l’occupation de place de Tian’anmen en 1989, comme regroupement de quelques 100 000 chinois, les soldats tirèrent sur la foule. Il y eu plus de 3 000 morts. C’était en plein glacis, mais ce fut bien après le changement de la politique globale qui elle date d’au moins une décennie auparavant.

Le pays est arrivé au but de ne pas subir la déflagration de l’URSS, qui aussi, selon de la vertu de l’autocritique chère au communisme, a généré la « glasnost » et la « perestroïka » à l’intérieur du parti, après "le constat de ne pas être comme le reste du Monde". Il est difficile, dans le nouveau contexte mondial que la Chine guidera, de montrer que le pays est régi par la loi et comme modèle, pour l’humanité, de société harmonieuse.

Des réformes sans douleurs, sont en route...

Parmi les Signataires et figures connues du mouvement réformiste :

He Weifang, Docteur en droit, professeur démissionnaire de l’université de Pékin et fervent avocat d’une justice indépendante,

Mao Yushi, 83 ans, économiste, ancien chercheur associé à Harvard (1986), critique sévère du système politique,

Ran Yunfei, activiste écrivain et blogueur, en résidence surveillée depuis août 2011 après avoir été détenu pour subversion,

l’avocat Pu Zhiqiang, défenseur des dissidents et son collègue Xu Zhiyong, constitutionnaliste, docteur en droit de l’université de Pékin, élu indépendant à l’assemblée populaire de Haidian (au nord de Pékin), tous deux régulièrement harcelés par le pouvoir.

Wang Keqin, journaliste, critique des questions sociales et politiques. Marié à la poétesse sino-tibétaine Tsering Woeser – il est l’auteur de « Mémoire interdite, témoignage de révolution culturelle au Tibet » – Gallimard 2010 -. Il est l’activiste des causes tibétaine et ouïghour, il a été régulièrement emprisonné, dont une fois en 1999.

et Wang Lixiong, journaliste qui travaille énormément sur les réformes de son pays.