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Algérie : le désarroi des élèves de l’ISMAS



A l’image de toutes les perturbations qui minent la société


dimanche 3 mars 2013
par Azouz Benhocine


On ne s’embarrasse d’aucuns grévistes en Algérie. Travailleurs, chômeurs, étudiants et autres citoyens se trouvent isolés dès que leur protestation est jugée subversive. Un ministère de la culture qui ferme une école sous sa responsabilité, les algériens connaissaient de tels geste lors de la dissolution répressive des troupes artistiques. Et c’était généralement celles autonomes...

Voir en ligne : Notre grand dossier : Algérie

Les étudiants de l’ISMAS (Institut supérieur des métiers et des arts du spectacle), en grève de la faim depuis le 24 février, se sont vus infliger la fermeture de leur établissement. Dissoudre une institution est un jeu d’enfants pour les décideurs algériens, ce qui leur permet d’obstruer tout mouvement citoyen particulièrement le plus paisible ou particulièrement crédible.

Ainsi on réduit au silence toute forme d’existence citoyenne, pour alimenter le désarroi à l’origine de toutes les violences devenues assez naturelles chez nombreux algériens. Les gestes démocratique de la concertation sont depuis des années écartés, d’abord par les responsables. Puis les administrés ne trouvent que les armes plus farouches, puisque le désespoir est le choix officiel.

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Communiqué des élèves de l’ISMAS
Algérie : Institut Supérieur des Métiers des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel, les étudiants en grève depuis 24 février

Communiqué : Algérie : Institut Supérieur des Métiers des Arts du Spectacle et de l’Audiovisuel, les étudiants en grève depuis 24 février

Les simples doléances des étudiants, consistant à améliorer le fonctionnement de cette école, sont donc inadmissibles. En Algérie, souvent l’artiste est considéré parasitaire, puisque le domaine de la culture est géré par des militants du régime. Qui eux effectivement vivotent en apportant moult festivals et autres représentations pour légitimer la grande médiocrité.

La protestation de ces étudiants a effet direct sur leur statut actuel de ces disciples. Et a conséquence, plus tard, sur leurs activités de professionnels. Ce qui a autorisé madame la ministre, Khalida Toumi, de prononcer la fin de non-recevoir. Au lieu de prôner le dialogue, voire l’initier, la tutelle, d’un secteur fondamentalement éclairé et sage, au lieu d’être sous des cieux sereins, on lui répond avec la manière lourde et intransigeante des sbires de la bureaucratie.

Aussi bien le management que les pratiques pédagogiques sont devenues depuis ces dernières années désuètes, dans cet établissement. Ces mauvaises gestions ne peuvent être dissociés de la situation générale du pays. Déjà choisir cette chaire des arts, quand on possède la clé du bac, c’est aussi sortir de la réussite assurée dans les autres domaines, où carrière stable et enrichissement sont plus assurés.

Alors que la vision des arts en Algérie souffre de la prépondérance de l’intégrisme religieux. Les rouages se préoccupent dans ce domaine, avec la connivence d’une certaine critique qui fait fréquemment appel à la censure de certains modèles, de limiter les expressions non pas inadéquats avec l’orientation morale, mais celles pouvant dénoncer la grande prédation économique dont souffre l’Algérie.