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Algérie : la paranoïa s’en prend aux syndicalistes et chômeurs maghrébins



Le social des Chômeurs et des Travailleurs, danger aux décideurs.


vendredi 22 février 2013
par N.E. Tatem


La descente de la « Bouteflicaille », avant que la rencontre ne s’ouvre, expose sous les regards des jeunes venus des pays du Maghreb, l’image d’un pouvoir emprisonné dans la paranoïa. En asphyxiant de telles débats où syndicalistes et chômeurs voulaient échanger leurs expériences, autant les contextes où ils vivent y sont aussi identiques, les responsables Algériens craignent que leur règne ne soit touché…

Dire éloquemment, les autorités algériennes se croient contestées du « Printemps », à chaque fois que les gens tentent de s’organiser. Devenu syndrome « Qataro-Al-Qaidiste » où le crime politique se lave à la religion… Lire CE SUJET de confrères TUNISIENS, sur les relations Qatar-Algérie ! Edifiant : “votre tour viendra” !... Ils poussent leur peuple à la violence...

Des délégations mauritanienne, marocaine et tunisienne, accueillies pour un Forum maghrébin sur le chômage et le travail précaire, par leurs confrères à Alger pour le 20 et 21 février 2013, ont été arrêtées par les forces de la police algérienne. Il étaient une douzaine de personnes.

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Déclaration pour arrestation de chômeurs
Déclaration d’organisations internationales pour l’arrestation de chômeurs et syndicalistes à Alger, le 20 février 2013.

Document : Déclaration d’organisations internationales pour l’arrestation...

A se demander pourquoi un tel empêchement a été ordonné contre un acte paisible et édificateur de meilleurs destins ? Et la réponse n’est nullement ailleurs, ce sont des réflexes autocratiques du régime écorcheur des volontés. La main forte se redéploie encore une fois : l’injustice et la dictature infligées aux chômeurs et travailleurs

Si les mosquées sont l’espace ouvert où les forces réactionnaires s’organisent et se liguent, la société civile, qui n’a de barricades pour se faire entendre des dieux, reste désarmée. Sans point de chute leurs permettant de s’aider pour faire remonter la pente au pays d’abord, quand les concernés, de simples administrés paisibles sont réprimés.

Confrontés à surmonter les difficultés socio-économiques, à l’instar de tous les terriens, chômeurs et syndicalistes sont contrecarrés, laissant la population encore plus déroutée, à portée de devenir la chaire à canons des violences... Sinon quel autre choix ?

C’est au niveau du local « la petite maison syndicale » et de leur lieu d’hébergement « un hôtel » situés les deux à « Bab Ezzouar », que l’assaut a été donné par les agents des forces de l’ordre. Ce quartier d’Alger, ralliant zones industrielles et le centre urbain de la capitale, est un carrefour traditionnellement ouvert à diverses manifestations. Tant par son campus que par l’aéroport qui reflètent une image d’accueil aux arrivants au pays, Bab-Ezzouar est un carrefour de la jeunesse. Un 5 octobre 1988 se souvient des martyrs à cette porte d’Alger, sur le perron du haute siège de la capitale...

Les prédateurs de l’économie algérienne qui campent en « premiers servis » de la rente du pays et les autorités héritières du système de la dictature « khéchiniste », ne veulent surtout pas entendre parler ou laisser exister des organisations syndicales, ou celles en rapport avec le monde du travail. Effroyable est le chômage, comme première tare d’une Algérie enviée pour ses générations juvéniles, toujours exclues, et ses ressources, impunément détournées.

Les cercles mêlant premiers décideurs et leurs satellites, dont le syndicats à la fois docile et maffieux qu’est l’UGTA, ne s’embarrassent donc pas de déclencher les réprimandes. Ces nouvelles arrestations qui bloquent tous idées d’organisation sociale aspirant à être civilisée en discutant, montrent encore une fois ce que redoutent sérieusement les autorités illégitimes algériennes.

Algérie chômeurs et syndicalistes

En exerçant sciemment ces pressions, lors de la présence de délégations maghrébines, les décideurs algériens savent que les revendications sociales sont celles authentiquement liées aux aspirations de la population.

En effet, de toutes les actions politiques, le régime algérien craint celles qui ont la caractéristique sociale prononcée. Il peut même tolérer une action culturelle contrôlée ou une manifestation sportive du fait de la vocation ludique, pourvu qu’elles ne soient pas instructives de la conscience matérielle ayant trait à la vie quotidienne... Mais des chômeurs ou des travailleurs, c’est perçu c’est une contestation qui menace les détrousseurs des caisses...

Aussi bien la révolte historique d’octobre 1988 qui a brisé le système de la pensée unique, que les émeutes de 2011, qui ont coïncidé avec ce qui le Printemps Arabe, les questions de pauvreté, des salaires et des emplois ont été l’axe éclairant du mouvement social et revendicatif algérien.

Laisser subsister des agissements en lien avec le monde du travail et les conditions de vie, serait un danger pour le régime qui n’autorise pas qu’on conteste ses coteries ayant main-basse sur l’économie du pays... Arrêter des invités étrangers pour un forum social, c’est vraiment la peur que mettent "MAIN-DANS-LA-MAIN" ceux d’en-bas !

A suivre :

La revendication du Printemps Algérien est sociale...

Loin de la fêlure islamiste repoussée au-delà des confins !

Déclaration ODT