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Il y a 30 ans, une manifestation de plus 40 jours en France

Page-recto d’une France ou Martin Luther King et Gandhi inspiraient...

mardi 19 février 2013, par Gros Emile

Fait majeur dans le mouvement social français, il y a trois décennies la marche des beurs, connue aussi par « Marche pour l’égalité et contre le racisme », a soulevé la situation d’une catégorie distincte de jeunes français. Exclus pour leur double origine territoriale et ethnique, les enfants des émigrés maghrébins prenaient à bras le corps leur destin. Mais que reste-t-il ? Une question récurrente visiblement reprise à ce sujet...

Comme aucune réalité, des conditions qui l’ont régentée, n’a changé depuis, c’est un repère dont la traçabilité est vaine, ou inopérante, dans la conscience collective hexagonale ! Rares sont les points positifs qui défendraient, après 30 ans, un quelconque aplatissement des disparités. Desquelles ne s’apitoient pas ni les victimes et encore moins les incriminés, les ségrégations perdurent.

N’ayant pas enrayé des colères et des violences au retour sporadique, cette protestation mérite pourtant une rétrospective. Comme recette de révolte, après trente ans, inutile donc de tenter d’évaluer ses retombées. Parmi ses effets, la création de SOS-Racisme et le constat de l’échec de ce qui « l’intégration ». La première devint un cadre aux jeunes continuant son héritage, sans pour autant donner perspicacité de l’éclat originel qu’elle a faite.

Manifestation de jeunes français, qui d’ailleurs à ce jour encore, sont toujours exposés à moult discriminations, elle est indéniablement un jalon du clivage, largement reproduit en occident, qui ne se laisse pas défaire, hélas ! Ce qui reste aussi, c’est un sujet de sociologie qui traite de l’absence de mutation des sociétés statiques, et en mal de natalité, qui reproduisent un règne où la domination ne s’épargne pas la séquelle des décolonisations.

Marche des beurs

Des thèses ne soutiennent que l’aliénation, tel un déchirement opposant l’appartenance parentale d’origine, à la culture native pour une génération qui n’a pas connu la terre de ses aïeuls et émigrants peu assimilés. Creusant encore davantage de perditions, l’un des plus dénoncés des blocages étant la discrimination à l’embauche. Cette dernière engendre conséquemment diverses précarités sociales dont l’entrave de l’accès à l’habitat. Et toutes les politiques de la ville initiées à ce jour, aux résultats amères, restent sans perspectives.

Les chaires y voient aussi l’expression peu minorée des minorités visibles, une révolte contre la réalité infranchissable. Ce qui signifiait qu’il faut gérer une situation d’émeutes sans contenter ses meneurs indociles et émeutiers menaçants de désordre. D’autres perçoivent, sans la prétention d’une révolte de classes sociales, malgré l’utilisation du vocable « sous-prolétariat ». Puisqu’incontestablement, c’est un fait qui associe justice sociale et discrimination. La première étant économique et la seconde une terrible ségrégation, combinées pour ne pas se laisser défaire.

Elle est la première expression connue comme antiraciste qui s’est focalisée sur l’immigration plus précisément maghrébine, étant donné que d’autres communautés ne ressentaient pas le racisme. Ce fut une surprise dans le paysage politique français de son époque qui était marqué par la montée du Front National. Ce parti politique de droite assume la xénophobie de son idéologie, mais l’instinct nationaliste se trouve ancré et partagé même quelque peu à gauche, sous la bannière d’un patriotisme qui a des surveillances, préservant l’identité française exposée à l’implantation de mœurs étrangères.

Elle a duré ses quarante jours, et elle a pris le 15 octobre 1983 son départ de Marseille (pour se terminer le 3 décembre), à l’initiative de jeunes issus de l’émigration maghrébine, dans l’indifférence et même l’hostilité. Proposée suite à des nuits d’émeutes dans les banlieues lyonnaises, du quartier des Minguettes et du Vénissieux, par le curé Christian Delorme et le pasteur Jean Costil auxquels, comme idée d’une longue marche, inspirée par Martin Luther King et Gandhi, rien que ça selon la définition proposée par Wikipédia.

A suivre :

De 15 personnes à Marseille à 150 000 à Paris

Le périple des polissons quêtant la citoyenneté.


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